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	<title>emma callegarin Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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	<description>Incubateur de projets culturels à Bordeaux</description>
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	<title>emma callegarin Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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		<title>Interview de Lionel Scoccimaro : Les formes du temps</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2020 14:25:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par : Emma Callegarin On peut dire de l’œuvre de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/interview-lionel-scoccimaro/"> Read more</a></p>
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<p>Par : Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" fetchpriority="high" width="750" height="507" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg" alt="Visuel pour l’article : « Motopoétique », musée d’art contemporain de Lyon, 2014" class="wp-image-859" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg 750w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-300x203.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-500x338.jpg 500w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption>&#8220;Motopoétique&#8221;, Musée d&#8217;art contemporain de Lyon, 2014. Visuel du site &#8220;Documents d’artistes&#8221;</figcaption></figure>



<p>On peut dire de l’<a rel="noreferrer noopener" href="http://www.documentsdartistes.org/cgi-bin/site/affiche_art_web.cgi?&amp;ACT=1&amp;ID=37" target="_blank">œuvre</a> de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor  puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts décoratifs et le minimalisme américain que des arts traditionnels et l&#8217;art urbain.  Notre rédactrice Emma Callegarin a rencontré l&#8217;<a rel="noreferrer noopener" href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank">artiste</a> pour une <a href="http://www.kaleidoscopelab.fr/blog">interview</a> où il nous a parlé de son parcours, ses sources d&#8217;inspiration&#8230;. </p>



<p><strong>Pour commencer, est ce que vous pourriez me parler de votre formation&nbsp;et de l’influence des Beaux-Arts sur votre travail&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai fait un bac A3, lettres et arts car je voulais devenir enseignant en arts plastiques. Suite à ça j&#8217;ai suivi un cursus jusqu&#8217;à l&#8217;agrégation à la faculté car c&#8217;était la filière logique pour accéder à l&#8217;enseignement. Ensuite je suis allé aux Beaux-Arts à Aix-en-Provence avant de finir mes études à la <a href="https://www.villa-arson.org/">Villa Arson</a> à Nice qui représentait, à l&#8217;époque, l&#8217;école la plus en pointe niveau enseignement artistique.</p>



<p>Techniquement dans les écoles des Beaux-Arts on apprend énormément de choses avec un accès quasi exhaustif à tous les médias et une fois que j&#8217;ai eu développé une sorte de vocabulaire plastique propre j&#8217;ai cherché à m’approprier des savoir-faire plus précis auprès d&#8217;artistes confirmés en étant leur assistant ou en me rapprochant de certains artisans. C&#8217;est ainsi que j’ai développé les savoir-faire qui sont les miens aujourd’hui.</p>



<p><strong>Vous êtes sculpteur mais avez aussi produit des expositions de photographies, quel est votre rapport à d’autres formes d’expression artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me sens effectivement totalement dans le champ de la sculpture, mais on pourrait élargir ce champ car comme vous le précisez, je ne m&#8217;y conforme pas.</p>



<p>Tous les moyens d&#8217;expressions me semblent intéressants, le seul vers lequel je ne suis jamais allé est celui du film. C’est un des rares médiums que je n’ai pas expérimentés. J’ai bien fait trois vidéos à une époque où j’étais plus proche de l&#8217;image mais cela ne m&#8217;a pas semblé probant.</p>



<p>Je préfère les systèmes visuels qui s’appréhendent spontanément, devant lesquels on ne peut rester qu&#8217;une seconde et qui ne dictent pas de rapport au temps au spectateur.</p>



<p>Ce qui est lié à la vidéo implique souvent un temps minimum pour comprendre l’œuvre. Je n’ai pas envie de ce rapport au temps, j’aime la spontanéité de la sculpture, de la peinture ou du dessin. Je veux rester dans une pratique qui s’appréhende dans une immédiateté.</p>



<p>Il en est de même pour l&#8217;exposition, j’essaye toujours de la concevoir comme une pièce à part entière, qui a son impact visuel dès qu’on y pénètre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="687" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-861" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-300x201.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-768x516.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-500x336.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-800x537.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1280x859.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1536x1031.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Go big or go home », Carpenters workshop gallery, Londres, 2010</figcaption></figure>



<p><strong>Votre démarche plastique s’inscrit-elle dans une réflexion ou vous improvisez sur le matériau&nbsp;?</strong></p>



<p>En général mes productions sont programmées et réfléchies très en amont de leur réalisation (aussi bien au niveau du sens que de la technique).</p>



<p>Il est rare que j’attaque une pièce sans savoir exactement comment l&#8217;aborder matériologiquement et donc formellement. En revanche c’est la technique qui génèrera la forme finale exacte, tout mon travail étant basé sur la façon dont le matériau va interagir avec la forme.</p>



<p>Quand je décide de travailler la peinture à l’huile par exemple, je réfléchis d&#8217;abord au sujet de cette peinture, puis je peaufine l’image que je veux produire et enfin le matériau dicte ses règles. Il n’y a donc pas vraiment de hasard.</p>



<p>Quand je vais vers un médium je sais ce que je veux en tirer et même s&#8217;il y a des choses qui se modifient dans la réalisation de la pièce cela reste relativement faible au regard de l&#8217;image mentale première de l&#8217;œuvre.</p>



<p>Je ne suis pas un artiste qui va à l’atelier tous les matins, d’ailleurs j’y vais peu en ce moment, et quand je dois faire quelque chose je le fais le plus efficacement possible.</p>



<p>Pareillement quand je travaille avec des artisans c’est le même rapport au temps qui s&#8217;exerce, on travaille sur la pièce et on la modifie en fonction des techniques que ces artisans maitrisent mais aussi qui parfois leur échappent, car souvent mon travail les oblige à sortir de leur savoir-faire précis pour aller vers des techniques plus empiriques.</p>



<p>Enfin, il peut y avoir des contraintes purement techniques ou chimiques qui nous obligent à repenser une durée d&#8217;exécution, une période de travail ou même une échelle&#8230; les œuvres en résine par exemple sont complexes voire impossible à mettre en œuvre s&#8217;il fait trop froid ou si le temps est trop humide &#8230; cela nous obligeant donc à repenser le processus de travail.</p>



<p><strong>Originaire de Marseille, vous m’avez dit faire des aller-retours entre le Pays Basque, Paris et Marseille, vous voyagez donc beaucoup. Est-ce que l’espace, le lieu où vous vous trouvez, influence votre création&nbsp;?</strong></p>



<p>Il y a assez peu d&#8217;influence du lieu dans lequel je travaille sur le type de pièces que je produis. En revanche les artisans avec lesquels je travaille, en fonction du lieu où je suis et de leurs savoir-faire particuliers, eux, varient. Par exemple quand je suis au Pays Basque, je travaille avec des artisans locaux, spécialisés dans la réalisation de planches de surf ou dans la stratification. A Marseille je développe un travail d&#8217;atelier avec d&#8217;autres corps de métiers &#8230;</p>



<p>J’essaye toujours de chercher des artisans qui sont relativement proches de là où je travaille, à la fois pour pouvoir être présent de façon récurrente dans leurs ateliers, mais aussi pour défendre cet artisanat et faire travailler des gens dans un bassin d&#8217;activité dont je maitrise les codes. Je n&#8217;ai aucun désir d&#8217;aller faire produire mes pièces en Chine ou en Indonésie par exemple comme peuvent le faire certains de mes amis artistes.</p>



<p>Je choisis ces artisans en fonction de leurs compétences bien sûr, mais aussi des affinités que je vais avoir avec eux car souvent nous sommes amenés à développer ensemble des savoir-faire particuliers et que cela se fera sur le long terme.</p>



<p>Ils travaillent tous dans des champs très divers et je m&#8217;enrichis de ces va-et-vient entre tous leurs univers … Je travaille par exemple avec plusieurs fondeurs, un tourneur sur bois, un chromeur, un polisseur, un sculpteur sur bois, mais aussi un néoniste ou un menuisier et dans le sud-ouest comme je vous le disais, avec un « shaper » qui me stratifie les tableaux qui étaient présentés à la galerie la Mauvaise Réputation à Bordeaux l’année dernière.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="792" height="512" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png" alt="" class="wp-image-862" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png 792w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-300x194.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-768x496.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-500x323.png 500w" sizes="(max-width: 792px) 100vw, 792px" /><figcaption>&nbsp;«&nbsp;Almost painting&nbsp;»,&nbsp;Galerie La&nbsp;mauvaise réputation,&nbsp;Bordeaux, novembre 2019-janvier 2020</figcaption></figure>



<p><strong>Comment décririez-vous votre rapport au temps dans la création ?</strong></p>



<p>Par le passé, j’avais une pratique d’atelier quotidienne, et j&#8217;avais vraiment besoin d’être chaque jour en train de fabriquer … Aujourd&#8217;hui j’essaye de produire moins, beaucoup moins.</p>



<p>Je trouve qu’il y a de plus en plus d’objets proposés au regard, trop certainement &#8230;</p>



<p>Je veux réfléchir à ce que je propose dans cette nouvelle ère qui s&#8217;est ouverte avec les réseaux sociaux ou nous sommes noyés dans des flux d&#8217;images d&#8217;œuvres…</p>



<p>Me concernant, je veux ressentir aujourd&#8217;hui un désir impérieux de réaliser pour commencer à produire. J’essaye donc d’avoir une production plus rare et de ne produire que ce qui me semble fondamental à faire.</p>



<p>Depuis quelques temps le rapport à la galerie, aux expositions, à la diffusion d’œuvres d’art, a changé me semble-t-il &#8230; Le nombre de centres d’arts, de fondations, de lieux alternatifs qui ont ouvert est vertigineux, le nombre d’artistes aussi et dans cette proposition pléthorique, l’idée de faire un pas de côté, de prendre plus de temps m’intéresse beaucoup.</p>



<p>Quant au temps de création à proprement parler, celui de la réalisation, il peut varier du tout au tout suivant les œuvres.</p>



<p>Je suis quand même sur des temps longs voire très longs, j’ai pu travailler deux ans et demi sur une seule pièce qui est un vase en bronze et les peintures à l’huile qui étaient à la Mauvaise réputation prennent 60 à 80 jours de travail chacune.</p>



<p>Quel que soit le type de pièce que je produis je reste sur des temps assez longs de réalisation, et rien ne sort de mon atelier spontanément quelques jours après avoir décidé de m&#8217;y mettre.</p>



<p><strong>Vous m’avez dit travailler en collaboration avec des artisans, c’est systématique&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, et ce depuis ma sortie de la villa Arson en 1997 … Très rapidement des collaborations se sont mises en place. Aucune pièce n’est produite à 100% par moi, c&#8217;est devenu un principe.</p>



<p>J’aime l’idée de déléguer une partie de la production, parce que c’est nécessaire techniquement et enrichissant intellectuellement.</p>



<p>En pratique, le processus est sans cesse différent, il s&#8217;adapte aux pièces en cours &#8230;Il peut y donc avoir des projets préparatoires ou des notes d’intentions mais beaucoup de choses passent par la parole. Comme je collabore avec des artisans qui sont déjà extrêmement sollicités, et que l’idée n’est pas simplement de leur commander une pièce, c’est souvent un travail qui se construit à quatre mains. Ça passe d&#8217;abord par de longues discussions avec eux pour les amener jusqu’à l&#8217;œuvre.</p>



<p>Le but est d&#8217;aller ensemble dans des endroits de leurs pratiques qu’ils ne maitrisent pas forcément très bien. Je pense par exemple, au fondeur avec lequel je collabore depuis plus de 20 ans à Marseille et qui est spécialiste en mobilier urbain, ce n’est pas un fondeur d’art, et produire certaines de mes œuvres avec lui a une saveur particulière et un rendu spécial. Ces pièces sortent d’un atelier qui fait quotidiennement des contrepoids d’ascenseur, des réverbères ou des bancs publics, elles ont donc une brutalité que je n’obtiendrais pas si je les réalisais chez un fondeur d’art.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="765" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg" alt="« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013 " class="wp-image-863" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-300x224.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-768x574.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-500x374.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-800x598.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1280x956.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1536x1148.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013</figcaption></figure>



<p><strong>Vous utilisez des matériaux très divers allant du bois, au métal, en passant par le sucre, est-ce qu’il y en a un que vous préférez&nbsp;?</strong></p>



<p>Non, je n&#8217;ai pas de matériaux de prédilection &#8230;ce qui m’intéresse c’est qu’aucune exposition ne ressemble à la précédente. Celle de la Mauvaise réputation par exemple présentait des peintures à l’huile stratifiées en résine époxy teintée&#8230;</p>



<p>Il y a des périodes où je vais travailler plutôt le bois, la résine ou le bronze mais ce sont toutes des techniques qui reviennent régulièrement, qui seront laissées de côté pendant un certain temps pour refaire leur apparition ultérieurement.</p>



<p>Je n&#8217;ai jamais travaillé qu’un seul type de matériau pendant un long lapse de temps.</p>



<p>Comme vous le précisiez dans votre question, j’ai longtemps travaillé avec le sucre (pendant 10 ans exactement) mais cela n&#8217;était pas une pratique exclusive pendant cette période, d&#8217;autres projets se développaient en parallèle avec d’autres matériaux.</p>



<p>En ce moment je fais des dessins au pastel sur du papier, c’est la première fois&#8230; et sans avoir de favori je ne m’interdis aucun matériau, aucune technique.</p>



<p>Crédits photos&nbsp;: Lionel Scoccimaro  et «&nbsp;Documents d’artistes&nbsp;» (photo du visuel)</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p>Galerie la Mauvaise réputation&nbsp;: <a href="http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil">http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil</a></p>



<p>Instagram de Lionel Scoccimaro &nbsp;: <a href="https://www.instagram.com/lionel_scoccimaro/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cliquez ici</a></p>



<p>Plus d&#8217;info sur l&#8217;artiste  sur <a href="http://www.documentsdartistes.org/artistes/scoccimaro/repro.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">documents d&#8217;artistes</a></p>



<p></p>
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		<title>Bestiaire onirique : Interview avec Victoria Stagni</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2020 13:07:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Interview par Emma Callegarin / Photos site web de l&#8217;artiste Des couleurs vives, des autoportraits oniriques, des femmes au milieu d’une nature luxuriante et sauvage, on sent dans les toiles de Victoria Stagni l&#8217;inspiration de monuments latino-américains: Frida Khalo, Gabriel Garcia Marquez,&#8230; Cette artiste, née à Buenos Aires d’une mère<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/bestiaire-onirique-interview-avec-victoria-stagni/"> Read more</a></p>
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<p>Interview par Emma Callegarin / Photos site web de l&#8217;artiste</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="766" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant.jpg" alt="Le vieil éléphant" class="wp-image-797" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-300x230.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-768x588.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-500x383.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-800x613.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Le vieil éléphant</figcaption></figure>



<p>Des couleurs vives, des autoportraits oniriques, des femmes au milieu d’une nature luxuriante et sauvage, on sent dans les toiles de Victoria Stagni l&#8217;inspiration de monuments latino-américains: Frida Khalo, Gabriel Garcia Marquez,&#8230;</p>



<p>Cette artiste, née à Buenos Aires d’une mère argentine et d’un père paraguayen, nous fait plonger dans son univers coloré au cours de cette interview.</p>



<p><strong>Emma Callegarin : Comment et pourquoi vous êtes-vous dirigée vers la peinture?</strong></p>



<p>Fille d’architectes, j’ai vu mes parents dessiner toute mon enfance. Comme eux, je voulais devenir architecte à mon tour et je dessinais beaucoup à l’adolescence avec déjà le goût du portrait. Pourtant, je n’ai pas pris cette voie et il m’a fallu du temps avant de m’autoriser à devenir une artiste…</p>



<p>Ma première expérience artistique, je l’ai vécu devant la caméra: j’ai été comédienne pendant plusieurs années. Mais c’est en quittant Paris pour venir m’installer à Bordeaux, il y a bientôt huit ans, que j’ai eu une révélation: je suis tombée sur un vieux chevalet abandonné et me suis dit qu’il n’était pas trop tard pour m’essayer à la peinture. J’ai stoppé net ma carrière de comédienne et, après quelques mois de formation à l’Atelier des Beaux-arts de Bordeaux, me suis lancée pour devenir professionnelle en 2015.</p>



<p>Dans la peinture, j’ai trouvé le mode d’expression artistique qui me convient le mieux: je suis totalement libre et peux créer sans entrave tout ce qui me traverse l’esprit et que j’espère digne d’être représenté. Peindre me permet d’entretenir un flux créatif continu, d’être en prise directe avec mon imaginaire.</p>



<p> <strong>Vous avez une approche instinctive ou réfléchie lors de votre processus de création? Quelles sont vos sources d’inspirations? </strong></p>



<p><strong>Victoria Stagni :</strong> La composition de mes tableaux est très précise, très nette dans mon esprit avant même de prendre mon crayon pour tout dessiner. J’aime être en contrôle de l’élaboration de mes travaux, même dans les détails. Le point de départ d’une oeuvre germe en général assez spontanément dans mon esprit, puis j’articule l’ensemble autour de cette idée fondatrice. Je fais essentiellement des portraits &#8211; beaucoup d’autoportraits &#8211; tout en convoquant un bestiaire qui partage la toile avec le sujet humain. Parfois, un écrin de nature enveloppe l’ensemble mais il survient souvent secondairement dans mes pensées.</p>



<p>En matière d’inspiration, les animaux constituent une source inépuisable. Ils sont une invitation au rêve qui habite mes toiles. L’actualité est à l’origine de certaines de mes toiles, en particulier lorsqu’elle me révolte, souvent lorsqu’il s’agit de la nature, du vivant martyrisé. Inconsciemment, je dois être profondément féministe car je ne peins presque que des femmes. Et bien sûr, je me sers beaucoup de moi comme matériau de base, inépuisable et toujours accessible. Grâce à la peinture, je peux mettre en couleur mes pensées et sentiments de toutes sortes.</p>



<p><strong>Vous êtes connue pour vos toiles, avez vous déjà eu envie de jouer avec d’autres supports?</strong></p>



<p>Je peins exclusivement à l’huile. J’ai besoin de ce toucher, de cette texture sous mon pinceau pour m’exprimer au mieux sur la toile. Et comme je fais grandement passer mes émotions par la couleur, l’huile me semble mieux correspondre à mes attentes. Par exemple, l’acrylique est moins malléable du fait du séchage rapide et les couleurs plus criardes me plaisent moins. Pour le moment, je n’envisage pas l’emploi d’autres techniques, ni d’autres supports, pour mes réalisations artistiques.</p>



<p><strong>On décrit votre trait comme naïf, on y retrouve des airs du Douanier Rousseau, pourriez-vous nous parler de votre style?</strong></p>



<p>Je ne peux pas nier l’influence du Douanier Rousseau sur mon travail. Je lui voue une grande admiration, en particulier pour son travail sur les couleurs. Si, comme lui, je traite la végétation et l’environnement de manière très stylisée, en revanche mes animaux et personnages sont beaucoup plus réalistes que les siens. Et puis, les peintures emblématiques du Douanier sont des paysages irréels, fantasmagoriques, peuplés d’animaux non moins extraordinaires et où les personnages sont le plus souvent assez anecdotiques: toutes ces représentations se situent sur un même plan stylistique. A contrario, je fais essentiellement des portraits où mes personnages sont immergés dans un univers onirique en quelque sorte attesté par la naïveté du décor.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh4.googleusercontent.com/wvwvN8T83E62ZQyfqgfMnNIPqIAz9AhqeA5AqghToY4hJlz0Y5CD3Usp3UFY_51buKufiFMCy6VidATE3we-8XDMrGbJGLqzu69uWZkHbWoi_ro184opA3GSN9ZX3xba1FJFwx6a" alt="Victoria Stagni art"/></figure>



<p><strong>J’ai personnellement beaucoup aimé votre série “Visages”, on y retrouve la centralité de</strong> <strong>l’Homme mais aussi l’importance des animaux et de la nature. Idem dans la série “Nature et</strong> <strong>poésie” où les Hommes occupent autant d’espace que les animaux. Vous&nbsp;vous interrogez sur la place de l’Homme au sein du monde?</strong></p>



<p>Effectivement, les toiles auxquelles vous faites allusion invitent à la réflexion sur la place de l’Homme au sein de la nature et, en premier lieu, celle qu’il occupe vis-a-vis de ses frères animaux.</p>



<p>Que serait notre monde sans animaux? Sans cette magnifique biodiversité qui met&nbsp; toute cette poésie dans nos existences? Je ne peux pas l’envisager&#8230; Peindre tous ces animaux, en particulier à mes côtés, c’est célébrer leur beauté mais c’est aussi me cacher, m’évader avec eux loin des autres hommes et de l’absurdité de notre besoin de prédation et de destruction massive! Peindre les animaux est une source d’inspiration sans fin. Même s’ils sont souvent mes alliés sur la toile, je n’oublie pas leur dangerosité latente lorsqu’il s’agit d’autres prédateurs. Alliés et rivaux pour la survie dans ce monde magnifique peut-être bientôt anéanti, voilà ce que nous sommes.</p>



<p><strong>La nature est une des sources d’inspirations de, est-ce qu’elle joue un autre rôle?</strong></p>



<p>J’ai une certaine fascination pour la mer que, paradoxalement, je ne peins presque pas. Peut-être ai-je peur des clichés habituels lorsque l’on peint un rivage avec des bateaux, des rochers, etc. Je préfère l’observer, sentir sa présence apaisante, sa puissance près de moi, que de chercher à la représenter. Je ne suis pas vraiment folle de la campagne et, comme le Douanier Rousseau, la végétation exotique qui sert d’écrin à certaines de mes toiles est purement fantasmagorique.</p>



<p>Au delà de ces considérations sensorielles, je suis très inquiète de voir mes enfants être les témoins de la disparition de cette nature qui colorie le monde si magnifiquement. Je pense souvent à la chanson « Respire » de Mickey 3D.</p>



<p><strong>Née en Argentine, de parents paraguayen et argentin, quel rôle ont joués vos racines dans</strong> <strong>votre oeuvre? Rajoutant à cela votre vie en France, comment conciliez vous cette double culture</strong> <strong>franco-argentine?</strong></p>



<p>Mes souvenirs d’un voyage au Paraguay pour rendre visite à ma famille l’année de mes 13 ans ont très certainement nourri mon imaginaire et initié mon goût pour peindre la jungle. Mes origines guaranies du côté de mon père ont une influence sur mon travail: je me sens proche des peuples premiers, j’admire leur pureté et leur sagesse, bien sûr en premier lieu dans leur mode de vie en symbiose avec leur milieu naturel. De l’Argentine, je garde ce sentiment douloureux d’un arrachement brutal à mon terreau originel. Je ne me souviens de rien mais mon corps se souvient&#8230; La peur, la tension qui règnent dans certaines de mes toiles restituent sans doute cette idée que le mal n’est jamais loin, même si on ne l’identifie pas clairement au premier abord.</p>



<p>Bien que je me sente profondément française (je suis arrivée en France à l’âge de 4 ans.), j’ai reçu cet héritage culturel d’Amérique latine avec les romans de Garcia-Marquez, Alejo Carpentier, Luis Sepulveda, la musique de Mercedes Sosa ou encore les œuvres de Frida Kahlo. Je suis une héritière de ce réalisme magique.</p>



<p><strong>Vous avez collaboré avec Oboem, projet dans lequel vous remplacez des publicités par de l’art dans</strong> <strong>l’espace public. Qu’est ce qui vous a donné envie d’y participer?</strong></p>



<p>Oboem était un projet initié par deux jeunes Bordelais, Oliver Moss et Marie Toni, de retour d’un voyage au Chili. A Valparaiso, ils avaient été frappés par la beauté de nombreuses façades de maisons offertes au Street art et cela leur avait donné cette idée de vouloir transformer les villes en musées à ciel ouvert. Pour cela, ils voulaient détourner l’utilisation des panneaux publicitaires au profit de l’exposition d’œuvres d’art. J’ai eu la chance d’être contactée par Oliver et Marie pour faire partie de l’aventure et ai tout de suite trouvé ce projet fantastique! Quelle émotion que de voir un de mes tableaux exposé aux yeux de tous sur des abris-bus au centre de Bordeaux! Après cette réussite grâce au déploiement d’une belle énergie, hélas les deux fondateurs d’Oboem n’ont pas pu poursuivre les choses ailleurs…</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/b-98rBEMMy3HmdJ-DskGgqvhBOhdFAOr4An3S-g8ro6Oq7asZa6sNDozWRanRzD7ttdFBXvHfq015SGFMr_X6T8TG2SDJhe1xz-jHpJ8ppu1EtKpmv9HhnqS_dy1KZgbn42PfLAc" alt="Victoria Stagni Oboem "/></figure>



<p><strong>Vous faites aussi partie d’un collectif &#8220;Human Beings, What Unifies Us?&#8221;. Est ce que vous</strong> <strong>pourriez nous en parler? Comment avez vous eu envie de l’intégrer?</strong></p>



<p>En 2016, une femme franco-américaine&nbsp; passionnée par Cuba et qui aimait beaucoup mon travail m’a contacté pour ce projet « Human beings&#8230; ». Elle a rassemblé une douzaine d’artistes, essentiellement des peintres, afin d’organiser une exposition collective à la Galerie d’art universel Benito Ortiz à Trinidad, Cuba. Nous avons pu exposer nos oeuvres pendant un mois dans le magnifique palais Ortiz de style colonial typiquement cubain: c’était grandiose! La rencontre du public cubain a été également une expérience extraordinaire. J’ai eu la chance de rencontrer et d’exposer aux côtés de grands artistes tels que Jorge Cesar Saenz Gomez, Rosemary Feit Covey, Yudit Vidal Feife, Carlos Bustillos, Carlos manuel Castillo ou encore Lazaro luis Garcia Del campo. Ce collectif franco-américain devait se produire ensuite aux Etats-Unis puis en France mais, faute de moyens, cela a tourné court, pour l’instant&#8230; Je suis restée en contact avec plusieurs de ces artistes que j’admire beaucoup.</p>



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<iframe loading="lazy" title="&amp;quot;Devenir-Animal #1&amp;quot;, Victoria Stagni , Monkey Mood Galerie" src="https://player.vimeo.com/video/333369579?dnt=1&amp;app_id=122963" width="750" height="422" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen></iframe>
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<p><strong>Vos toiles sont engagées pour diverses causes notamment l’écologie et la préservation de</strong> <strong>l’environnement, on peut aussi voir représenté le président américain Donald Trump, est-ce que vous considérez que l&#8217;art a une vocation critique sur la société?</strong></p>



<p>Je ne crois que l’art ait une finalité spécifique. En tout cas, pas chez moi. Pour moi, il y a d’abord l’émergence d’une idée puis d’un besoin de donner une représentation, une forme à cette idée sur la toile. Si une de mes toiles est politique &#8211; ou critique vis-à-vis de la société comme vous dites -, c’est que je me trouve dans un état où je dois exprimer mon indignation, ma colère, ou peut-être plutôt ma tristesse, mon désespoir&#8230; Mais, il n’y a rien de militant. Je suis simplement traversée par mon époque et mes créations s’emparent de cela. Tenez, par exemple, je viens de peindre deux tableaux inspirés de la situation dans laquelle la COVID-19 plonge le monde. Il est probable que, comme moi, la plupart des artistes se soient exprimés sur le sujet d’une manière ou d’une autre.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/ZBZmwmdCrMxzJ_PYFMxpXwZavQHny53G-PzHEN_WkJwpIA2tL-bHs4fpfhstyELixveyafJFz9JO_M1We8WMPrz8KVBtTDfGCq3gjNNh_sMnBQDP5U5mNCU0wsI5H-PKo5F4_C_F" alt="VIctoria Stagni Nature "/></figure>



<p></p>



<p><strong>&nbsp;Enfin, quels sont vos projets en cours ou à venir?</strong></p>



<p>A la rentrée, du 15 septembre au 10 novembre, je vais exposer mon travail dans la prestigieuse agence Christie’s Maxwell Baynes à quelques mètres de l&#8217;Opéra de Bordeaux, au 28 cours du chapeau Rouge. Ensuite l’automne, je vais également participer à deux expositions collectives à Bordeaux. La première aura lieu à l’espace culturel du Marché de Lerme du 5 au 18 octobre avec l’association PUCEART sur le thème de l’eau. La seconde se déroulera lors des journées de l’Amérique latine et des Caraïbes avec le collectif MACLA, du 20 au 26 octobre à l’espace culturel de la Halle des Chartrons. Il est également question d’exposer plusieurs de mes toiles à Paris en novembre. Et j’ai déjà trois autres expositions programmées dans des châteaux bordelais et à Merignac en 2021.</p>



<p>Plus d&#8217;info sur Victoria Stagni sur son site web : <a href="https://www.victoria-stagni.com/fr/">https://www.victoria-stagni.com/fr/</a></p>



<p>Plus d&#8217;interviews d&#8217;artistes en cliquant <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">ici </a> </p>
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