<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>performance Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
	<atom:link href="https://kaleidoscopelab.fr/tag/performance/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kaleidoscopelab.fr/tag/performance/</link>
	<description>Incubateur de projets culturels à Bordeaux</description>
	<lastBuildDate>Mon, 18 Jan 2021 17:56:11 +0000</lastBuildDate>
	<language>en-US</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.3.8</generator>

<image>
	<url>https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2018/04/cropped-Logo-carré-1-1-32x32.jpg</url>
	<title>performance Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
	<link>https://kaleidoscopelab.fr/tag/performance/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>En chair et en art: portrait d&#8217;ORLAN</title>
		<link>https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/</link>
					<comments>https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 09:15:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[bioart]]></category>
		<category><![CDATA[biotechnologies]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[corp]]></category>
		<category><![CDATA[fiac]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[orlan]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[photo]]></category>
		<category><![CDATA[plasticienne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kaleidoscopelab.fr/?p=896</guid>

					<description><![CDATA[<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&#160;: Studio ORLAN Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/"> Read more</a></p>
<p>The post <a href="https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/">En chair et en art: portrait d&#8217;ORLAN</a> appeared first on <a href="https://kaleidoscopelab.fr">KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&nbsp;: Studio ORLAN</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" fetchpriority="high" width="1024" height="642" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png" alt="" class="wp-image-897" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-300x188.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-768x482.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-500x314.png 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-800x502.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1280x803.png 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1536x963.png 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10.png 1566w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus grandes artistes plasticiennes françaises.</p>



<p>Elle <a href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">utilise la sculpture, la photographie</a>, la performance, la vidéo, la réalité augmentée ainsi que la chirurgie et les biotechnologies, déréglant les conventions, les prêt-à-penser.</p>



<p>Cette artiste engagée corps et art a accepté de répondre à mes questions.</p>



<p><strong>Votre nom d’artiste, ORLAN, est tiré de votre nom, est-ce que vous pourriez me parler de l’origine de ce pseudo&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="640" height="800" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg" alt="" class="wp-image-898" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg 640w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-240x300.jpg 240w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-500x625.jpg 500w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption><em>Self-Hybridizations, Portrait d’ORLAN et&nbsp;Agatha Ruiz de la Prada,2007</em></figcaption></figure>



<p>L’origine de ce pseudo est une séance chez le psychanalyste. Lors de notre troisième séance, il m’a demandé de ne plus le payer par chèque, mais en espèces. Alors que je lui signais son dernier chèque, il a brutalement changé d’avis et m’a demandé de lui re-signer un chèque à notre prochaine séance.</p>



<p>Juste avant la séance suivante, j’ai compensé en m’achetant une paire de chaussures, histoire d’être «&nbsp;bien dans mes pompes&nbsp;» ! Lors de mon passage en caisse, alors que je signais un chèque pour régler les chaussures j’ai vu ce que lui-même avait vu, ce que je n’avais jamais vu, ce que mes parents, mes amant.e.s, mes ami.e.s n’avaient jamais relevé. Je m’étais identifiée à une signature qui n’était pas mon nom de famille, car le P était remplacé par un M, initiale du prénom donné par mes parents, elle disait MORTE au lieu de PORTE. Instantanément, la psychanalyse a commencé à me plaire. J’étais scotchée ! J’y suis donc retournée en lui affirmant avec détermination que je ne serais plus jamais morte en minuscules comme en majuscules. Je lui ai dit que je voulais me renommer, que mon statut d’artiste m’offrait la possibilité de changer de patronyme.</p>



<p>J’ai voulu garder ce qui était positif dans le mot, la syllabe «&nbsp;OR&nbsp;», je me suis donc appelée «&nbsp;ORLAN&nbsp;», à l’écoute il peut s’entendre OR LENT. Mon nom ORLAN fait partie de la réinvention de moi, de la re-fabrication de moi et tout ce que j’ai fait est une rupture avec la filiation, avec le nom du père et le corps de la mère. Mon nom s’écrit chaque lettre en majuscules, car je ne veux pas qu’on me fasse rentrer dans les rangs.&nbsp;J’ai souvent dû lutter pour que les gens écrivent mon nom en majuscules. Wikipédia indique par exemple : «&nbsp;Orlan veut que son nom soit écrit en majuscules&nbsp;» tout en l’écrivant en minuscules. Il y a un refus sociétal unanime d’empêcher mon nom de sortir de la ligne, alors que c’est tellement important pour moi et pour mon œuvre.</p>



<p><strong>Dans un monde où l’on voit de plus en plus d’art fleurir, qu’est-ce qu’une œuvre d’art&nbsp;pour vous ?</strong></p>



<p>J’essaie d’être totalement habitée par l’art.</p>



<p>Je suis dans l’art, je ne fais que de l’art, l’art m’imbibe, l’art me nourrit, l’art m’érotise, l’art m’enthousiasme, l’art me construit, l’art me hante, l’art m’enchante, l’art me transforme, l’art me porte, l’art est le fini au-delà de l’infini.</p>



<p>Sans lui, je ne sais pas vivre&nbsp;!</p>



<p>C’est mon pare-chocs, mon paratonnerre, il me montre un chemin possible parmi tous les chemins, un chemin qui pour moi est une exaltation luxuriante, permanente, une corne d’abondance.</p>



<p>Il dessine, il sculpte, il interroge ma vie.</p>



<p>C’est un ciment, il panse les déchirures, les blessures.</p>



<p>C’est un amant&nbsp;! Je l’ai dans la peau, je ne peux me passer de lui, il ne peut se passer de moi.</p>



<p>C’est un soleil.</p>



<p>C’est une passion, c’est un grand AMOUR, et c’est pour la vie !</p>



<p>Je suis artsexuelle. ARTSEXUELLE.</p>



<p><strong>Vous utilisez des médiums très divers allant de la photo, à la sculpture en passant par le collage et la performance, les envisagez-vous de la même façon&nbsp;? Y en a-t-il un qui a votre préférence&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis une artiste qui n’est pas assujettie aux technologies ou aux matériaux, ce qui est essentiel pour moi c’est de dire quelque chose de très important pour mon époque mais avec une distance critique.</p>



<p>Mon œuvre est d’abord un concept, une démarche et ensuite j’essaie de trouver la bonne matérialité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-899" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-300x199.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-768x511.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-500x332.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-800x532.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1280x851.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-360x240.jpg 360w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1.jpg 1522w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>ORLAN-OÏDE,&nbsp;2018</em></figcaption></figure>



<p>J’ai travaillé en vidéo, beaucoup en photo, en sculpture qu’elle soit en résine, en marbre, en 3D printing mais j’ai travaillé aussi avec les biotechnologies mon microbiotes et mes propres cellules que j’ai cultivé. Je m’intéresse donc à tout ce qui est art et sciences, art et médical. J’ai d’ailleurs également travaillé avec la chirurgie mais aussi avec l’intelligence artificielle et la robotique. </p>



<p><strong>Votre œuvre traite du corps dans toute sa matérialité, quel est votre rapport aux corps d’aujourd’hui&nbsp;? Aux canons de beauté en général&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me suis élaborée une nouvelle image pour remettre en question mon image et bien sûr que ce corps, que je me suis inventée qui est différent des autres et dont je suis fière, me plaît énormément. Je suis pour les identités nomades, mouvantes, mutantes. Pour moi la beauté c’est une « Tentative de sortir du cadre », de toutes les pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne. </p>



<p>J’ai fait placer de chaque côté du front des implants, habituellement mis pour rehausser les pommettes ce qui me sert à remettre en question nos standards de beauté car si l’on me décrit comme une femme qui a deux bosses sur les tempes, on peut me considérer comme un monstre indésirable, si l’on me voit cela peut changer. Mes bosses sont devenues des organes de séduction.</p>



<p><strong>Vous avez choisi de travailler avec votre corps et non celui d’une tierce personne, pourquoi cela&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis tantôt sujet, tantôt objet et je passe de l’un à l’autre.</p>



<p>Toute mon œuvre interroge le statut du corps dans la société via toutes les pressions, qu’elles soient culturelles, traditionnelles, politiques ou religieuses et toutes ces pressions s’inscrivent dans les corps et en particulier dans le corps des femmes.</p>



<p>Plutôt que de vérifier mon image, je la confronte aux pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne.</p>



<p>Je dis &#8220;ceci est mon corps… ceci est mon logiciel” car je veux montrer ce que devient un corps qu’en son autoportrait est réalisé à partir d’une réflexion sur les phénomènes de sociétés qui ont à voir avec le corps.</p>



<p><strong>Dans vos différentes séries « Self-hybridation » vous utilisez votre visage selon les critères de beauté de cultures variées (asiatique, africaine, amérindienne, …), quel était le but de ces photos ?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="753" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg" alt="" class="wp-image-900" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg 753w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-300x239.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-500x398.jpg 500w" sizes="(max-width: 753px) 100vw, 753px" /><figcaption><em>Self-hybridation africaine, Femme Surmas avec Labret et Visage de Femme Euro-Stéphanoise avec bigoudis, 2002</em><br>&nbsp;</figcaption></figure>



<p>« Self-hybridation Africaine » est une série en noir et blanc car je travaille à partir de photos ethnographiques. « Femme Surmas avec labret et visage de femme euro-stéphanoise » est la représentation d’une femme qui a non seulement un très grand labret mais qui parait très sûre et heureuse de sa séduction donc de son effet sur les hommes de sa tribu car c’était les femmes avec les plus grands labrets qui faisaient le plus bander les mecs. Pourtant, si nous nous faisions mettre un très grand labret actuellement, nous serions considérées comme des monstres indésirables. Je voulais dire à travers cette œuvre que la beauté est une question d’idéologie dominante, qui fait qu’en un point géographique et historique on nous désigne ce qui est beau et donc les modèles qu’il nous faut imiter.</p>



<p><strong>Récemment vous avez proposé « Les femmes qui pleurent sont en colère&nbsp;», une série engagée qui met en lumière les modèles, les muses des artistes, en quoi était-il important pour vous de rendre leur place à ces femmes de l’ombre&nbsp;?</strong></p>



<p>Ces œuvres sont des hybridations de mon visage, et de la série de portraits de Dora Maar et un portrait de Jacqueline Roque peints par Picasso. Il était primordial pour moi de mettre en lumière les femmes de l’ombre, les oubliées de l’Histoire de l’Art, qui ont beaucoup donné pour le succès de nos grands maîtres en recevant rarement une quelconque reconnaissance. Cette nouvelle série est une destruction-construction et création de la figure féminine qui kaléidoscopie le monde auquel elle se mêle. Il s’agit de faire passer de femmes objets à femmes sujets des femmes qui à travers leurs larmes se mettent à hurler de colère, à s’émanciper. Mon œuvre, politique et féministe, se fonde sur la recherche visuelle de visages d’horreur, de peur et de grandeur.</p>



<p>Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas eu de grandes femmes artistes ? se demandait ironiquement Linda Nochlin dans son brillant article paru en 1971. C’est pour que la question ne se pose plus que j’ai œuvré toute ma vie à travers mes œuvres et mes actions personnelles pour qu’enfin les femmes artistes existent au-delà de leur genre, au-delà des limitations imposées par la société.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="542" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png" alt="" class="wp-image-901" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-300x203.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-768x520.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-500x339.png 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>Les Femmes qui pleurent sont en colère n°4, 2019</em></figcaption></figure>



<p><strong>Dans votre travail vous repoussez les limites du corps en le déformant, le modelant, que ce soit physiquement ou par des outils plastiques, vous mettez-vous des limites dans votre pratique artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je veux garder ma sérénité, je ne vais pas au-delà mais il me paraît impossible de créer librement à cause de la censure de la nudité&nbsp;: sur <a href="https://www.facebook.com/orlan.aaka.1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Facebook</a> ou sur <a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> quand je publie des œuvres anciennes, comme mes Corps-Sculptures, sur lesquelles on voit un sein ou un sexe, je suis automatiquement censurée et mon contenu, mes œuvres, sont supprimés.&nbsp;</p>



<p>Les temps changent, et ce que l’on a acquis ne l’est jamais définitivement. Il faut toujours se battre pour que les choses les meilleures ne soient pas interdites, censurées, prohibées.</p>



<p><strong>Beaucoup de vos œuvres ont été l’objet de débat, je pense notamment à celle que vous avez présenté à la<a href="https://www.fiac.com/en-gb.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> FIAC</a> de 1977 intitulée «&nbsp;Le baiser de l’artiste&nbsp;» qui montre les deux stéréotypes auquel se confronte une femme dans la société&nbsp;: la sainte, la madone contrastant avec l’embrasseuse, est-ce que vous pensez que ce qu’elle dénonce est encore d’actualité en 2020&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>En 1975, j’ai créé l’œuvre du Baiser de l’artiste, qui illustrait le texte «&nbsp;Face à une société de mères et de marchands&nbsp;», dans lequel je citais Marie et Marie-Madeleine, deux stéréotypes auxquels on peut difficilement échapper quand on est femme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="761" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg" alt="" class="wp-image-902" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg 761w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-300x237.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-500x394.jpg 500w" sizes="(max-width: 761px) 100vw, 761px" /><figcaption><em>Le baiser de l’artiste, 1975</em></figcaption></figure>



<p>L’idée était de présenter sur le même piédestal, d’un côté l’image de Sainte-ORLAN grandeur nature devant laquelle il serait possible d’allumer un cierge pour 5 francs, et de l’autre une sorte de distributeur automatique créé avec une photo de mon torse nu, dont j’avais remplacé l’œsophage par un plastique armé de métal avec lequel j’ai construit aussi un pubis triangulaire. Ce dernier arrivait entre mes jambes et pouvait recevoir les pièces de 5 francs et je devenais une sorte de distributeur automatique de French kiss en activant la sculpture.</p>



<p>Plus que jamais, cette œuvre est d’actualité. Plus que jamais on demande aux femmes de choisir, entre Marie et Marie-Madeleine.</p>



<p><strong>On considère la performance comme quelque chose qui advient dans une temporalité donnée, pourtant lors de «&nbsp;surgery performance&nbsp;» vous avez transformé votre corps de manière permanente grâce à la chirurgie esthétique, comment cela vous est-il venu comme idée&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai voulu reprendre les ingrédients de mon travail pour élaborer une performance sans être parjure à moi-même, une performance en continuité de mes démarches précédentes, une performance tournée vers le futur, utilisant des techniques de pointe&nbsp;; suivant une de mes devises préférées&nbsp;: «&nbsp;Souviens-toi du futur.&nbsp;» Une performance radicale pour moi-même et au-delà de «&nbsp;moi-m’aime » &#8230;&nbsp;</p>



<p>C’est à la lecture d’un texte d’Eugénie Lemoine-Luccioni, psychanalyste lacanienne, que l’idée de ce passage à l’acte m’a traversée.</p>



<p>«&nbsp;La peau est décevante (&#8230;) dans la vie on n’a que sa peau (&#8230;), mais il y a maldonne dans les rapports humains parce que l’on n’est jamais ce que l’on a&nbsp;(&#8230;)&nbsp;; j’ai une peau d’ange, mais je suis chacal, une peau de crocodile, mais je suis toutou, une peau de Noir, mais je suis un Blanc, une peau de femme, mais je suis un homme&nbsp;; je n’ai jamais la peau de ce que je suis. Il n’y a pas d’exception à la règle parce que je ne suis jamais ce que j’ai.&nbsp;» En lisant ce texte, j’ai pensé qu’à notre époque nous commencions à avoir les moyens de réduire cet écart ; en particulier à l’aide de la chirurgie&#8230;&nbsp;Il devenait alors possible de ramener l’image interne à l’image externe ou de s’attaquer au masque de l’inné en se re-sculptant.</p>



<p><strong>Cette utilisation de la chirurgie diffère de ses usages traditionnels, était-ce une façon de se poser en opposition de la société moderne et à sa recherche d’uniformité physique&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="581" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg" alt="" class="wp-image-903" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-300x218.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-768x558.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-500x363.jpg 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>9éme chirurgie performance, New York, 14 décembre, 1993</em></figcaption></figure>



<p>Je suis la première artiste à utiliser la chirurgie comme médium et à détourner la chirurgie esthétique de son objet&nbsp;: l’amélioration, le rajeunissement. Certaines féministes me reprochent de promouvoir la chirurgie esthétique. Bien évidemment elle ne doit pas devenir obligatoire&nbsp;!</p>



<p>Là encore, la pression sociale ne doit pas prévaloir sur le désir individuel et sur l&#8217;autoportrait.</p>



<p>On m’a souvent rétorqué qu’utiliser la chirurgie n’était pas naturel&nbsp;! Ce n’est effectivement pas naturel qu’elle soit esthétique ou pas et prendre des antibiotiques pour ne pas mourir d’une infection ne l’est pas davantage&nbsp;!&nbsp;C’est une expérience de notre siècle, un des possibles&#8230; au choix… Le maquillage, la teinture des cheveux, la peinture sur corps également ne sont pas naturels, pourtant ils posent bien moins de problèmes et existent dans de nombreuses cultures sous forme de peintures corporelles, de scarifications, de modifications…</p>



<p><strong>En 2020 vous avez sorti un «&nbsp;autoportrait en Clown&nbsp;», quels sont vos projets pour l’année à venir&nbsp;?</strong></p>



<p>Dès le premier jour du confinement, je me suis rappelé ce défi lancé par mon remarquable ami Donatien Grau me suggérant publiquement d’écrire mon autobiographie.</p>



<p>Pour moi c’est semblable à créer une œuvre avec ma vie et / ou à l’organisation d’une rétrospective de mes œuvres : ça permet forcément de faire le point avec distance. Ma biographie sera une œuvre parmi mes œuvres. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’elle sera publiée aux Éditions Gallimard pour le 8 Mars, en l’honneur de la journée de la femme. Elle s’intitulera “ORLAN strip-tease : tout sur ma vie, tout sur mon art”.</p>



<p>J’aime considérer la vie comme un phénomène esthétique récupérable, ce confinement m’a servi aussi à créer de nouvelles séries, des dessins, des peauaimes, des photomontages…</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="http://orlan.eu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site </a>d’ORLAN&nbsp; </p>



<p><a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> d’ORLAN&nbsp;</p>



<p>Lire plus d&#8217;interviews sur le blog de <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">KLAC</a></p>
<p>The post <a href="https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/">En chair et en art: portrait d&#8217;ORLAN</a> appeared first on <a href="https://kaleidoscopelab.fr">KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Capillotractée : Interview à Patricia Houéfa Grange</title>
		<link>https://kaleidoscopelab.fr/capillotractee-interview-a-patricia-houefa-grange/</link>
					<comments>https://kaleidoscopelab.fr/capillotractee-interview-a-patricia-houefa-grange/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2020 07:59:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[artist]]></category>
		<category><![CDATA[artistes]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux métropole]]></category>
		<category><![CDATA[capillotractée]]></category>
		<category><![CDATA[confinement]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture à bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[kaléidoscope]]></category>
		<category><![CDATA[klac]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poéte]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kaleidoscopelab.fr/?p=665</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par Carlos Olivera Pour cette deuxième interview confinée nous avons parlé avec la poétesse performer et artiste visuelle Patricia Houéfa Grange sur son projet Capillotractée, un projet hybride avec plusieurs formes artistiques&#160;: performance, poésie, peinture, installations&#8230;. Capillotractée est un projet artistique que nous avons découvert en novembre dernier lors de<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/capillotractee-interview-a-patricia-houefa-grange/"> Read more</a></p>
<p>The post <a href="https://kaleidoscopelab.fr/capillotractee-interview-a-patricia-houefa-grange/">Capillotractée : Interview à Patricia Houéfa Grange</a> appeared first on <a href="https://kaleidoscopelab.fr">KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par Carlos Olivera </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-1024x1024.jpg" alt="Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-666" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-1024x1024.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-768x768.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-500x500.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-800x800.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-1280x1280.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Pour cette deuxième interview confinée nous avons parlé avec la poétesse performer et artiste visuelle Patricia Houéfa Grange sur son projet Capillotractée, un projet hybride avec plusieurs formes artistiques&nbsp;: performance, poésie, peinture, installations&#8230;. </p>



<p>Capillotractée est un projet artistique que nous avons découvert en novembre dernier lors de la Quinzaine de l&#8217;égalité, organisée par la Mairie de Bordeaux. Voici les réponses de Patricia à nos questions : </p>



<p><strong>Pourrais-tu te présenter en quelques mots&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est un exercice auquel j’ai de plus en plus de mal à me prêter, tant se présenter revient à se mettre une étiquette. Je préfère souvent laisser les autres me définir (j’ai parfois des surprises amusantes d’ailleurs&nbsp;!) à travers ce qu’ils perçoivent de moi. Mais pour donner malgré tout une réponse, mon état est, il me semble, celui de poète. Cette poésie s’exprime (habituellement) principalement par les mots, mais emprunte de plus en plus souvent d’autres canaux&nbsp;qui se mêlent ou pas aux mots : dit, traduit, voix, sons, chant, mouvement, céramique, expressions plastiques…</p>



<p><strong>Tu es une poétesse, mais aussi artiste visuelle et performer, comment s’articulent toutes ces voix dans ton art ?</strong></p>



<p>Ce sont des voix qui se répondent les unes aux autres et se complètent les unes les autres. Lorsque le mot ne parvient pas à parler ou à dire exactement ce qui me traverse, c’est parfois la voix qui va prendre le relais en prononçant ce mot, en le déformant, en le triturant, en le chantant dans une forme sonore. Je vais alors accompagner les mots en créant un paysage sonore mêlant voix, sons, chant. Parfois ce sont le dessin, la céramique, les créations en papier (origami), toutes sortes d’assemblages et de formes d’expression plastique, qui vont prendre le relais. D’autres fois encore, ce sera la mise en chair des sensations et ressentis lors de performances. Et de plus en plus souvent, c’est tout cela à la fois, dans des projets multiformes comme <em>réVULVotion</em> et <em>Capillotractée</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="774" height="1024" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-774x1024.jpg" alt="Poupées, de Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-668" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-774x1024.jpg 774w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-227x300.jpg 227w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-768x1016.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-378x500.jpg 378w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-605x800.jpg 605w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-968x1280.jpg 968w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-1452x1920.jpg 1452w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-1161x1536.jpg 1161w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro.jpg 1494w" sizes="(max-width: 774px) 100vw, 774px" /><figcaption>&#8220;Jamais sans mon peigne afro/In afro comb we trust&#8221;, installation pour l&#8217;exposition &#8220;Ni muses ni soumises : artistes&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>L&#8217;écrivain</strong> <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sony_Labou_Tansi" target="_blank">Sony Labou Tansi</a> disait qu’il aimait Césaire car il avait « humanisé » le conflit racial et culturel. Je t’ai écouté parler plusieurs fois sur le métissage comme un élément important pour toi. Ce conflit (s’il y a un conflit) est-il important dans ta conception de l’art ?</strong></p>



<p>Je suis née métisse et depuis ma naissance, je vis et je m’équilibre en permanence entre différentes cultures que l’Histoire a mises en conflit. Je suis à la fois le maître et l’esclave, le colon et le colonisé. Ce qui fut et est toujours violent à l’échelle des nations et du monde, l’est aussi à l’échelle de la construction identitaire, dont le point d’équilibre évolue en permanence.<br>Pour ma part, je ne parlerais donc pas, ou plutôt je ne parlerais donc plus de conflit, mais de tension permanente, une tension au sens mécanique du terme. Le point d’équilibre mouvant de cette tension est le métronome de mon existence à tous les niveaux.<br>En effet, comme tout.e créateur.trice, comme tout.e artiste, les forces qui sont à l’œuvre en moi rejaillissent forcément sur ce que je crée et décide de partager. Ma poésie est une poésie de l’entre-deux et des traits d’union. Entre soi et l’autre, certes, mais aussi entre soi et la nature&nbsp;; entre corps, âme et esprit&nbsp;; entre infiniment grand et infiniment petit&nbsp;; entre visible et invisible&nbsp;; entre rêve et (r)éveil&nbsp;; entre vivants et morts. Et consciemment ou inconsciemment, l’expression même de ma poésie s’est progressivement métissée, en se mêlant aux formes d’expression citées plus haut.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="1021" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-1024x1021.jpg" alt="Capillotractée" class="wp-image-671" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-1024x1021.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-768x766.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-500x500.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-800x798.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-1280x1276.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Performance &#8220;Capillotractée&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>Ton <a href="http://www.papillonsdemots.fr/2019/11/13/capillotractee-ni-muses-ni-soumises/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet</a> « Capillotractée » est un projet hybride avec plusieurs formes artistiques&nbsp;: performance, poésie, peinture, tes poupées&#8230;. Pourrais-tu nous en dire un peu sur ce projet ? Est-ce que cette diversité a une relation directe avec la complexité du sujet&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Tout d’abord, je dois préciser que <em>Capillotractée</em> est un projet qui en est encore à ses prémices, qui s’explore encore. J’en ai présenté les premiers éléments, à l’invitation de la <a href="https://kaleidoscopelab.fr/projets/macla/">Macla</a>, lors de l’exposition «&nbsp;Ni muses ni soumises&nbsp;: artistes&nbsp;», présentée lors de la <a href="http://www.bordeaux.fr/p81908/lutte-contre-les-discriminations" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Quinzaine de l’Égalité à Bordeaux</a>, en novembre dernier. Mais je ne sais pas encore à quoi il ressemblera exactement le jour où je déciderai qu’il est achevé.<br>Ce projet est parti de mon expérience personnelle du retour au cheveu naturel et de la redécouverte de ce dernier, après avoir eu les cheveux défrisés pendant près d’un quart de siècle&nbsp;! Un peu plus de six ans après, je peux dire que ce fut une vraie révélation et une expérience jouissive&nbsp;! J’ai découvert, non seulement à quel point le cheveu afro, dans toutes ses expressions, plus ou moins crépu, plus ou moins bouclé, est beau, mais encore toutes les possibilités esthétiques et d’expression artistique qu’il nous offre.<br>En m’y intéressant un peu plus, je me suis rendu compte de tout le poids que l’Histoire a fait peser sur ces cheveux et à quel point l’utilisation du fer puis de la brûlure des produits chimiques pour les défriser sont à mettre en relation avec les fers de l’esclavage (fers aux pieds, fer du marquage sur la peau). J’ai pris conscience de la force de la symbolique de ces cheveux dans le mouvement afro-américain des droits civiques et celui de l’afro-féminisme.<br>Ce fut une prise de conscience tardive, je m’en rends compte, mais il vaut mieux tard que jamais. Finalement, je suis la même vague que la génération qui redécouvre comme moi et traverse la même prise de conscience que moi actuellement, avec plus ou moins de bonheur. Car cette prise de conscience donne parfois lieu à des débordements extrémistes, en stigmatisant celleux qui continuent à utiliser produits défrisants et/ou tissages/extensions.<br>Le cheveu est tout de même, d’abord et avant tout, une partie de soi, et chacun.e en fait ce qu’iel veut. L’objectif de <em>Capillotractée</em> est en fait de conduire en douceur celleux qui n’ont pas encore fait cette redécouverte à la faire et, à partir de là, à faire en conscience le choix ou pas du retour au cheveu naturel.<br>Quant à la diversité des formes d’expression du projet, elle n’est pas directement liée à la complexité de la question, mais au fait que je m’exprime de plus en plus en mélangeant les différents médias qui m’appellent.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="960" height="502" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas.jpg" alt="Triptyque de Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-669" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas.jpg 960w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-300x157.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-768x402.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-500x261.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-800x418.jpg 800w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>Triptyque &#8220;Afrolatinas&#8221; (recto) Installation pour l&#8217;exposition &#8220;Ni muses ni soumises : artistes&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>Dans ton projet Capillotractée il existe une dualité entre une vision très personnelle et en même temps très universelle, où on mélange des références et hommages à des femmes de nationalités diverses. Est-ce que cette dualité a été voulue ?</strong></p>



<p>Oui. Au Bénin, on dit «&nbsp;C’est au bout de l’ancienne corde qu’il faut tresser la nouvelle&nbsp;». Alors la tresse de mes cheveux nouveaux, je la tisse au bout de la tresse laissée par les anciennes. Toutes ces femmes auxquelles je vais rendre hommage à travers ce projet sont notre matrimoine. Elles nous ont laissé un bout de leur expérience, de leurs connaissances, de leur art pour ce qui est du soin, de la mise en valeur et de l’exploration artistique du cheveu naturel. Ce que disent leurs œuvres et leurs représentations, c’est aussi que ces femmes, qui pour certaines auraient pu être ma mère, ma grand-mère, c’est que tous les clichés et les polémiques autour du cheveu crépu auxquels nous sommes confronté.e.s à l’heure actuelle, dans le monde entier, existaient déjà, sous des formes plus ou moins similaires, à leur époque, dans le monde entier. Il y a donc encore bien du chemin à faire et des tresses à tisser.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="960" height="451" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2.jpg" alt="Triptyque 2 de Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-670" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2.jpg 960w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-300x141.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-768x361.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-500x235.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-800x376.jpg 800w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>Triptyque &#8220;Afrolatinas&#8221; (verso) Installation pour l&#8217;exposition &#8220;Ni muses ni soumises : artistes&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>La situation qu’on vit est totalement inédite de par son caractère mondial. Est-ce que le confinement a changé ta façon d’appréhender ton art ?</strong></p>



<p>Je disais plus haut que ma poésie s’exprime principalement à travers les mots, qui constituent mon tout premier média. Et j’ai mis «&nbsp;habituellement&nbsp;» entre parenthèses. Car en ce temps de confinement qui était, au premier abord, une situation bien familière pour moi (même si je ne mettais pas d’étiquette sur ce comportement, je m’auto-confinais déjà régulièrement pour écrire et créer, comme si j’étais en résidence en quelque sorte. Et je travaille chez moi depuis plusieurs années), dans les premières semaines notamment, je ne suis parvenue ni à lire, ni à écrire. Même si c’est une situation physique que je connais, au niveau psychologique et mental, les circonstances sont bien différentes. J’ai été traversée de toutes les émotions possibles et j’ai connu bien des yo-yo avant de petit à petit apprivoiser ce confinement et retrouver une forme d’équilibre. Et cela s’est fait à travers la création plastique. Quand mes pensées papillotaient trop vite, j’ai d’abord commencé à faire du coloriage, puis à dessiner et enfin à plier des origami. Et au fur et à mesure, mes préoccupations se sont assoupies, j’ai retrouvé la sérénité nécessaire pour de nouveau traduire puis écrire.<br>Avant ce confinement, je pensais être, de façon immuable, profondément enracinée dans l’écrit et qu’ensuite ma poésie s’épanouissait en différentes branches qui sont les différentes voix dont nous avons déjà parlées. Mais j’ai appris qu’en certaines circonstances, quand la sidération fait taire toute forme de voix en moi, ce sont mes mains qui prennent la parole en premier.<br>Et, comme par «&nbsp;hasard&nbsp;», pendant ce confinement, j’ai commencé à mettre en œuvre un projet qui me titillait depuis plusieurs années, et de façon plus insistante depuis plusieurs mois, à savoir les «&nbsp;Rêves confits&nbsp;». C’est un projet qui mêle origami et récupération, en créant des paysages imaginaires tenant dans une petite boîte ou un bocal, de petits paysages à emporter. À la fois nomades et…clos.</p>
<p>The post <a href="https://kaleidoscopelab.fr/capillotractee-interview-a-patricia-houefa-grange/">Capillotractée : Interview à Patricia Houéfa Grange</a> appeared first on <a href="https://kaleidoscopelab.fr">KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kaleidoscopelab.fr/capillotractee-interview-a-patricia-houefa-grange/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
