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	<title>arts plastiques Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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	<description>Incubateur de projets culturels à Bordeaux</description>
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	<title>arts plastiques Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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		<title>Les pompiers, frères de feu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 May 2022 13:41:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Texte de Jade Voilquin / Photos de Lukas Isaac L’exposition « Là où danse le diable » va vous embraser le cœur d’émotions fortes grâce aux photographies résumant la vie, la réalité des interventions et le dévouement des hommes et des femmes qui chaque jour décident de sauver la vie<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/les-pompiers-freres-de-feu/"> Read more</a></p>
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<p>Texte de Jade Voilquin / Photos de Lukas Isaac</p>



<p>L’exposition<a href="https://kaleidoscopelab.fr/projets/la-ou-danse-le-diable/"> « Là où danse le diable »</a> va vous embraser le cœur d’émotions fortes grâce aux photographies résumant la vie, la réalité des interventions et le dévouement des hommes et des femmes qui chaque jour décident de sauver la vie d’inconnus au péril de la leur. Ces hommes et femmes qui par passion décident de faire don de leur propre vie. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" fetchpriority="high" width="800" height="552" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-13.jpg" alt="Incendie à la ville de Lima " class="wp-image-617" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-13.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-13-300x207.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-13-768x530.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-13-500x345.jpg 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p><strong><a href="https://lukasisaac.com/">Lukas Isaac</a> </strong>et<strong> Damien Rembert</strong>, photographes l’un péruvien et l’autre français, ont su tous deux documenter et transmettre un témoignage poignant du métier de pompier. Ce métier, qui peut être source de fantasmes ou bien d’injustices (ex: les violences contre les pompiers lors des dernières manifestations), regroupe pourtant des personnes qui mènent des vies ordinaires faites de joie et de peines, d’amitié et de solidarité mais aussi de fatigue, de larmes, de pertes de proches… Le duel qu’implique d’être « frère de feu ». Ces deux photographes ont mis en image le travail des pompiers qui est avant tout un engagement qui va au-delà du devoir.</p>



<p>Cette exposition, présentée pour la première fois en France, est un projet documentaire sur le métier de pompiers dans la ville de Lima du célèbre photographe de rock latino-américain Lukas Isaac (photographe des <a href="https://rollingstones.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rolling Stones</a> lors de leur dernière tournée en Amérique du Sud). </p>



<p>Il s’est plongé sur le travail engagé des <a href="https://lukasisaac.com/donde-el-diablo-baila/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pompiers péruviens</a> et les a accompagnés dans leur quotidien sur une période de plus quatre ans.  L’objectif de Lukas montre des hommes et femmes qui subissent la précarité quotidiennement et qui avec peu de moyens et de ressources vont réussir à dompter « el diablo », jargon pour désigner le feu émanant d’un incendie. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="700" height="1015" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-16.jpg" alt="Un pompier péruvien face à un incendie" class="wp-image-618" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-16.jpg 700w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-16-207x300.jpg 207w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-16-345x500.jpg 345w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/Foto-16-552x800.jpg 552w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p>Il est important de souligner que les pompiers péruviens sont complètement bénévoles. Au Pérou il n&#8217;y a pas de pompiers professionnels. Ceux-ci risquent leur vie de façon désintéressée dans une ville, Lima, de onze millions d&#8217;habitants et où se déclarent de nombreux incendies tous les ans. </p>



<p>Dans cette exposition, présentée en France par l’association KLAC, en plus des photos prises dans la ville de Lima, on pourra aussi observer quelques clichés d’incendies forestiers pris par Lukas Isaac à plus de 3500m de hauteur dans les montagnes de Cusco dans les Andes, qui fait partie de son nouveau projet entrepris après le confinement. Le combat des incendies forestiers peu documentés dans notre quotidien mais qui chaque année sont un danger pour la population humaine mais davantage encore pour les animaux (rappelons la catastrophe en Australie avec les koalas), fait aussi partie des actions du métier de pompiers.</p>



<p> Le photographe péruvien qui, au début, avait l&#8217;intention de documenter les actions des pompiers en quelques mois seulement, a également souhaité nous partager cette vision très humaine du travail de pompier. Avec ces hommes et femmes qui sourient, qui construisent des amitiés, ces gens qui parfois font face à des tragédies avec les décès de leurs partenaires qui sont aussi leurs amis. Au fil des semaines il s&#8217;est retrouvé au milieu d’une confrérie avec le sentiment de fraternité, la coexistence, le partage de joies et de peines comme une deuxième famille. </p>



<p>Et, Lukas nous dit « Avec les pompiers j’ai trouvé une sensation de fraternité, et j’ai pu comprendre les forces qui les motivent et aussi celles qui les découragent : le sentiment de donner sans rien espérer en retour, le complet anonymat des héros au moment d’assister et de préserver la vie des autres, l’injustice avec laquelle ils sont souvent traités, du manque d&#8217;empathie de la population à l&#8217;effort nécessaire pour atteindre le lieu du sinistre, les promesses non tenues par les autorités et donc la déception. Et finalement la tristesse de laisser leurs proches pour leur dévouement au service, les pénuries et les carences à faire face tous les jours, même en donnant leur vie si c&#8217;est nécessaire, et toujours travailler en silence pour un pays meilleur&nbsp;».&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="706" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-1024x706.jpg" alt="" class="wp-image-616" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-1024x706.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-300x207.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-768x530.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-500x345.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-800x552.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-1280x883.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-1920x1324.jpg 1920w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-1536x1059.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/03/®Lukas_Isaac-24-2048x1412.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>« Le diable », c’est aussi l’expression employée par les sapeurs-pompiers français pour qualifier le feu. Les sapeurs-pompiers forment une communauté au-delà même des frontières. Ainsi à l’invitation de « KLAC », l&#8217;Union Départementale des Sapeurs-pompiers de la Gironde s&#8217;est associée à cette exposition en promouvant le travail de Damien Rembert, sapeur-pompier professionnel et photographe, qui jette un regard professionnel et artistique sur ce qui fait son quotidien : du grand feu à la détresse sociale, il capte des instants furtifs au cours d&#8217;intervention témoignant du dépassement de soi du sauveteur au soulagement de la victime. </p>



<p>En 2015 il est devenu photographe opérationnel au sein du service communication du Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Gironde. L&#8217;univers complexe des interventions lui rappelle l&#8217;univers de ses débuts avec comme défi d&#8217;immortaliser les « actions » de ses collègues sapeurs-pompiers dans des conditions parfois difficiles telles que les incendies, les intempéries et les interventions dans des milieux périlleux…&nbsp;</p>



<p>Ainsi il saisit par l&#8217;image des instants de vie, de détresse, de soulagement et nous entraîne dans un quotidien fait d&#8217;instants parfois extraordinaires vécus par des gens ordinaires.</p>



<p>Grâce aux différents points de vue des deux photographes, s’ajoute un plus à cette exposition, qui regroupe un même métier, le même dévouement et la même passion de ses «&nbsp;frères de feu&nbsp;» dans deux situations complètement inégales qui ne bénéficient pas des mêmes budgets ni des mêmes équipements.</p>



<p>«&nbsp;Là où danse le diable&nbsp;», est une exposition organisée en partenariat avec l&#8217;Union Départementale de sapeurs-pompiers de Gironde, qui ont tout de suite soutenu et tenu à la réalisation de ce projet.&nbsp; La mairie de Bordeaux et le Crédit Mutuel du Sud-Ouest ont également voulu soutenir cette exposition car ils y ont vu un portrait humain et émouvant d&#8217;un métier souvent très peu valorisé, au Pérou, en France et partout ailleurs.&nbsp;</p>



<p>Finalement, il faut souligner que cette exposition aura un but philanthropique car les photographies présentées seront vendues et l&#8217;argent collecté sera reversé aux pompiers de la ville de Lima. </p>
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		<title>En chair et en art: portrait d&#8217;ORLAN</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 09:15:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&#160;: Studio ORLAN Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/"> Read more</a></p>
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<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&nbsp;: Studio ORLAN</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="642" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png" alt="" class="wp-image-897" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-300x188.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-768x482.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-500x314.png 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-800x502.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1280x803.png 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1536x963.png 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10.png 1566w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus grandes artistes plasticiennes françaises.</p>



<p>Elle <a href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">utilise la sculpture, la photographie</a>, la performance, la vidéo, la réalité augmentée ainsi que la chirurgie et les biotechnologies, déréglant les conventions, les prêt-à-penser.</p>



<p>Cette artiste engagée corps et art a accepté de répondre à mes questions.</p>



<p><strong>Votre nom d’artiste, ORLAN, est tiré de votre nom, est-ce que vous pourriez me parler de l’origine de ce pseudo&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="640" height="800" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg" alt="" class="wp-image-898" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg 640w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-240x300.jpg 240w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-500x625.jpg 500w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption><em>Self-Hybridizations, Portrait d’ORLAN et&nbsp;Agatha Ruiz de la Prada,2007</em></figcaption></figure>



<p>L’origine de ce pseudo est une séance chez le psychanalyste. Lors de notre troisième séance, il m’a demandé de ne plus le payer par chèque, mais en espèces. Alors que je lui signais son dernier chèque, il a brutalement changé d’avis et m’a demandé de lui re-signer un chèque à notre prochaine séance.</p>



<p>Juste avant la séance suivante, j’ai compensé en m’achetant une paire de chaussures, histoire d’être «&nbsp;bien dans mes pompes&nbsp;» ! Lors de mon passage en caisse, alors que je signais un chèque pour régler les chaussures j’ai vu ce que lui-même avait vu, ce que je n’avais jamais vu, ce que mes parents, mes amant.e.s, mes ami.e.s n’avaient jamais relevé. Je m’étais identifiée à une signature qui n’était pas mon nom de famille, car le P était remplacé par un M, initiale du prénom donné par mes parents, elle disait MORTE au lieu de PORTE. Instantanément, la psychanalyse a commencé à me plaire. J’étais scotchée ! J’y suis donc retournée en lui affirmant avec détermination que je ne serais plus jamais morte en minuscules comme en majuscules. Je lui ai dit que je voulais me renommer, que mon statut d’artiste m’offrait la possibilité de changer de patronyme.</p>



<p>J’ai voulu garder ce qui était positif dans le mot, la syllabe «&nbsp;OR&nbsp;», je me suis donc appelée «&nbsp;ORLAN&nbsp;», à l’écoute il peut s’entendre OR LENT. Mon nom ORLAN fait partie de la réinvention de moi, de la re-fabrication de moi et tout ce que j’ai fait est une rupture avec la filiation, avec le nom du père et le corps de la mère. Mon nom s’écrit chaque lettre en majuscules, car je ne veux pas qu’on me fasse rentrer dans les rangs.&nbsp;J’ai souvent dû lutter pour que les gens écrivent mon nom en majuscules. Wikipédia indique par exemple : «&nbsp;Orlan veut que son nom soit écrit en majuscules&nbsp;» tout en l’écrivant en minuscules. Il y a un refus sociétal unanime d’empêcher mon nom de sortir de la ligne, alors que c’est tellement important pour moi et pour mon œuvre.</p>



<p><strong>Dans un monde où l’on voit de plus en plus d’art fleurir, qu’est-ce qu’une œuvre d’art&nbsp;pour vous ?</strong></p>



<p>J’essaie d’être totalement habitée par l’art.</p>



<p>Je suis dans l’art, je ne fais que de l’art, l’art m’imbibe, l’art me nourrit, l’art m’érotise, l’art m’enthousiasme, l’art me construit, l’art me hante, l’art m’enchante, l’art me transforme, l’art me porte, l’art est le fini au-delà de l’infini.</p>



<p>Sans lui, je ne sais pas vivre&nbsp;!</p>



<p>C’est mon pare-chocs, mon paratonnerre, il me montre un chemin possible parmi tous les chemins, un chemin qui pour moi est une exaltation luxuriante, permanente, une corne d’abondance.</p>



<p>Il dessine, il sculpte, il interroge ma vie.</p>



<p>C’est un ciment, il panse les déchirures, les blessures.</p>



<p>C’est un amant&nbsp;! Je l’ai dans la peau, je ne peux me passer de lui, il ne peut se passer de moi.</p>



<p>C’est un soleil.</p>



<p>C’est une passion, c’est un grand AMOUR, et c’est pour la vie !</p>



<p>Je suis artsexuelle. ARTSEXUELLE.</p>



<p><strong>Vous utilisez des médiums très divers allant de la photo, à la sculpture en passant par le collage et la performance, les envisagez-vous de la même façon&nbsp;? Y en a-t-il un qui a votre préférence&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis une artiste qui n’est pas assujettie aux technologies ou aux matériaux, ce qui est essentiel pour moi c’est de dire quelque chose de très important pour mon époque mais avec une distance critique.</p>



<p>Mon œuvre est d’abord un concept, une démarche et ensuite j’essaie de trouver la bonne matérialité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="681" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-899" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-300x199.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-768x511.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-500x332.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-800x532.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1280x851.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-360x240.jpg 360w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1.jpg 1522w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>ORLAN-OÏDE,&nbsp;2018</em></figcaption></figure>



<p>J’ai travaillé en vidéo, beaucoup en photo, en sculpture qu’elle soit en résine, en marbre, en 3D printing mais j’ai travaillé aussi avec les biotechnologies mon microbiotes et mes propres cellules que j’ai cultivé. Je m’intéresse donc à tout ce qui est art et sciences, art et médical. J’ai d’ailleurs également travaillé avec la chirurgie mais aussi avec l’intelligence artificielle et la robotique. </p>



<p><strong>Votre œuvre traite du corps dans toute sa matérialité, quel est votre rapport aux corps d’aujourd’hui&nbsp;? Aux canons de beauté en général&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me suis élaborée une nouvelle image pour remettre en question mon image et bien sûr que ce corps, que je me suis inventée qui est différent des autres et dont je suis fière, me plaît énormément. Je suis pour les identités nomades, mouvantes, mutantes. Pour moi la beauté c’est une « Tentative de sortir du cadre », de toutes les pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne. </p>



<p>J’ai fait placer de chaque côté du front des implants, habituellement mis pour rehausser les pommettes ce qui me sert à remettre en question nos standards de beauté car si l’on me décrit comme une femme qui a deux bosses sur les tempes, on peut me considérer comme un monstre indésirable, si l’on me voit cela peut changer. Mes bosses sont devenues des organes de séduction.</p>



<p><strong>Vous avez choisi de travailler avec votre corps et non celui d’une tierce personne, pourquoi cela&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis tantôt sujet, tantôt objet et je passe de l’un à l’autre.</p>



<p>Toute mon œuvre interroge le statut du corps dans la société via toutes les pressions, qu’elles soient culturelles, traditionnelles, politiques ou religieuses et toutes ces pressions s’inscrivent dans les corps et en particulier dans le corps des femmes.</p>



<p>Plutôt que de vérifier mon image, je la confronte aux pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne.</p>



<p>Je dis &#8220;ceci est mon corps… ceci est mon logiciel” car je veux montrer ce que devient un corps qu’en son autoportrait est réalisé à partir d’une réflexion sur les phénomènes de sociétés qui ont à voir avec le corps.</p>



<p><strong>Dans vos différentes séries « Self-hybridation » vous utilisez votre visage selon les critères de beauté de cultures variées (asiatique, africaine, amérindienne, …), quel était le but de ces photos ?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="753" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg" alt="" class="wp-image-900" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg 753w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-300x239.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-500x398.jpg 500w" sizes="(max-width: 753px) 100vw, 753px" /><figcaption><em>Self-hybridation africaine, Femme Surmas avec Labret et Visage de Femme Euro-Stéphanoise avec bigoudis, 2002</em><br>&nbsp;</figcaption></figure>



<p>« Self-hybridation Africaine » est une série en noir et blanc car je travaille à partir de photos ethnographiques. « Femme Surmas avec labret et visage de femme euro-stéphanoise » est la représentation d’une femme qui a non seulement un très grand labret mais qui parait très sûre et heureuse de sa séduction donc de son effet sur les hommes de sa tribu car c’était les femmes avec les plus grands labrets qui faisaient le plus bander les mecs. Pourtant, si nous nous faisions mettre un très grand labret actuellement, nous serions considérées comme des monstres indésirables. Je voulais dire à travers cette œuvre que la beauté est une question d’idéologie dominante, qui fait qu’en un point géographique et historique on nous désigne ce qui est beau et donc les modèles qu’il nous faut imiter.</p>



<p><strong>Récemment vous avez proposé « Les femmes qui pleurent sont en colère&nbsp;», une série engagée qui met en lumière les modèles, les muses des artistes, en quoi était-il important pour vous de rendre leur place à ces femmes de l’ombre&nbsp;?</strong></p>



<p>Ces œuvres sont des hybridations de mon visage, et de la série de portraits de Dora Maar et un portrait de Jacqueline Roque peints par Picasso. Il était primordial pour moi de mettre en lumière les femmes de l’ombre, les oubliées de l’Histoire de l’Art, qui ont beaucoup donné pour le succès de nos grands maîtres en recevant rarement une quelconque reconnaissance. Cette nouvelle série est une destruction-construction et création de la figure féminine qui kaléidoscopie le monde auquel elle se mêle. Il s’agit de faire passer de femmes objets à femmes sujets des femmes qui à travers leurs larmes se mettent à hurler de colère, à s’émanciper. Mon œuvre, politique et féministe, se fonde sur la recherche visuelle de visages d’horreur, de peur et de grandeur.</p>



<p>Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas eu de grandes femmes artistes ? se demandait ironiquement Linda Nochlin dans son brillant article paru en 1971. C’est pour que la question ne se pose plus que j’ai œuvré toute ma vie à travers mes œuvres et mes actions personnelles pour qu’enfin les femmes artistes existent au-delà de leur genre, au-delà des limitations imposées par la société.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="542" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png" alt="" class="wp-image-901" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-300x203.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-768x520.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-500x339.png 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>Les Femmes qui pleurent sont en colère n°4, 2019</em></figcaption></figure>



<p><strong>Dans votre travail vous repoussez les limites du corps en le déformant, le modelant, que ce soit physiquement ou par des outils plastiques, vous mettez-vous des limites dans votre pratique artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je veux garder ma sérénité, je ne vais pas au-delà mais il me paraît impossible de créer librement à cause de la censure de la nudité&nbsp;: sur <a href="https://www.facebook.com/orlan.aaka.1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Facebook</a> ou sur <a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> quand je publie des œuvres anciennes, comme mes Corps-Sculptures, sur lesquelles on voit un sein ou un sexe, je suis automatiquement censurée et mon contenu, mes œuvres, sont supprimés.&nbsp;</p>



<p>Les temps changent, et ce que l’on a acquis ne l’est jamais définitivement. Il faut toujours se battre pour que les choses les meilleures ne soient pas interdites, censurées, prohibées.</p>



<p><strong>Beaucoup de vos œuvres ont été l’objet de débat, je pense notamment à celle que vous avez présenté à la<a href="https://www.fiac.com/en-gb.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> FIAC</a> de 1977 intitulée «&nbsp;Le baiser de l’artiste&nbsp;» qui montre les deux stéréotypes auquel se confronte une femme dans la société&nbsp;: la sainte, la madone contrastant avec l’embrasseuse, est-ce que vous pensez que ce qu’elle dénonce est encore d’actualité en 2020&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>En 1975, j’ai créé l’œuvre du Baiser de l’artiste, qui illustrait le texte «&nbsp;Face à une société de mères et de marchands&nbsp;», dans lequel je citais Marie et Marie-Madeleine, deux stéréotypes auxquels on peut difficilement échapper quand on est femme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="761" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg" alt="" class="wp-image-902" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg 761w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-300x237.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-500x394.jpg 500w" sizes="(max-width: 761px) 100vw, 761px" /><figcaption><em>Le baiser de l’artiste, 1975</em></figcaption></figure>



<p>L’idée était de présenter sur le même piédestal, d’un côté l’image de Sainte-ORLAN grandeur nature devant laquelle il serait possible d’allumer un cierge pour 5 francs, et de l’autre une sorte de distributeur automatique créé avec une photo de mon torse nu, dont j’avais remplacé l’œsophage par un plastique armé de métal avec lequel j’ai construit aussi un pubis triangulaire. Ce dernier arrivait entre mes jambes et pouvait recevoir les pièces de 5 francs et je devenais une sorte de distributeur automatique de French kiss en activant la sculpture.</p>



<p>Plus que jamais, cette œuvre est d’actualité. Plus que jamais on demande aux femmes de choisir, entre Marie et Marie-Madeleine.</p>



<p><strong>On considère la performance comme quelque chose qui advient dans une temporalité donnée, pourtant lors de «&nbsp;surgery performance&nbsp;» vous avez transformé votre corps de manière permanente grâce à la chirurgie esthétique, comment cela vous est-il venu comme idée&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai voulu reprendre les ingrédients de mon travail pour élaborer une performance sans être parjure à moi-même, une performance en continuité de mes démarches précédentes, une performance tournée vers le futur, utilisant des techniques de pointe&nbsp;; suivant une de mes devises préférées&nbsp;: «&nbsp;Souviens-toi du futur.&nbsp;» Une performance radicale pour moi-même et au-delà de «&nbsp;moi-m’aime » &#8230;&nbsp;</p>



<p>C’est à la lecture d’un texte d’Eugénie Lemoine-Luccioni, psychanalyste lacanienne, que l’idée de ce passage à l’acte m’a traversée.</p>



<p>«&nbsp;La peau est décevante (&#8230;) dans la vie on n’a que sa peau (&#8230;), mais il y a maldonne dans les rapports humains parce que l’on n’est jamais ce que l’on a&nbsp;(&#8230;)&nbsp;; j’ai une peau d’ange, mais je suis chacal, une peau de crocodile, mais je suis toutou, une peau de Noir, mais je suis un Blanc, une peau de femme, mais je suis un homme&nbsp;; je n’ai jamais la peau de ce que je suis. Il n’y a pas d’exception à la règle parce que je ne suis jamais ce que j’ai.&nbsp;» En lisant ce texte, j’ai pensé qu’à notre époque nous commencions à avoir les moyens de réduire cet écart ; en particulier à l’aide de la chirurgie&#8230;&nbsp;Il devenait alors possible de ramener l’image interne à l’image externe ou de s’attaquer au masque de l’inné en se re-sculptant.</p>



<p><strong>Cette utilisation de la chirurgie diffère de ses usages traditionnels, était-ce une façon de se poser en opposition de la société moderne et à sa recherche d’uniformité physique&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="581" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg" alt="" class="wp-image-903" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-300x218.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-768x558.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-500x363.jpg 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>9éme chirurgie performance, New York, 14 décembre, 1993</em></figcaption></figure>



<p>Je suis la première artiste à utiliser la chirurgie comme médium et à détourner la chirurgie esthétique de son objet&nbsp;: l’amélioration, le rajeunissement. Certaines féministes me reprochent de promouvoir la chirurgie esthétique. Bien évidemment elle ne doit pas devenir obligatoire&nbsp;!</p>



<p>Là encore, la pression sociale ne doit pas prévaloir sur le désir individuel et sur l&#8217;autoportrait.</p>



<p>On m’a souvent rétorqué qu’utiliser la chirurgie n’était pas naturel&nbsp;! Ce n’est effectivement pas naturel qu’elle soit esthétique ou pas et prendre des antibiotiques pour ne pas mourir d’une infection ne l’est pas davantage&nbsp;!&nbsp;C’est une expérience de notre siècle, un des possibles&#8230; au choix… Le maquillage, la teinture des cheveux, la peinture sur corps également ne sont pas naturels, pourtant ils posent bien moins de problèmes et existent dans de nombreuses cultures sous forme de peintures corporelles, de scarifications, de modifications…</p>



<p><strong>En 2020 vous avez sorti un «&nbsp;autoportrait en Clown&nbsp;», quels sont vos projets pour l’année à venir&nbsp;?</strong></p>



<p>Dès le premier jour du confinement, je me suis rappelé ce défi lancé par mon remarquable ami Donatien Grau me suggérant publiquement d’écrire mon autobiographie.</p>



<p>Pour moi c’est semblable à créer une œuvre avec ma vie et / ou à l’organisation d’une rétrospective de mes œuvres : ça permet forcément de faire le point avec distance. Ma biographie sera une œuvre parmi mes œuvres. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’elle sera publiée aux Éditions Gallimard pour le 8 Mars, en l’honneur de la journée de la femme. Elle s’intitulera “ORLAN strip-tease : tout sur ma vie, tout sur mon art”.</p>



<p>J’aime considérer la vie comme un phénomène esthétique récupérable, ce confinement m’a servi aussi à créer de nouvelles séries, des dessins, des peauaimes, des photomontages…</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="http://orlan.eu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site </a>d’ORLAN&nbsp; </p>



<p><a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> d’ORLAN&nbsp;</p>



<p>Lire plus d&#8217;interviews sur le blog de <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">KLAC</a></p>
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		<title>Interview de Lionel Scoccimaro : Les formes du temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Nov 2020 14:25:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par : Emma Callegarin On peut dire de l’œuvre de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/interview-lionel-scoccimaro/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par : Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="750" height="507" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg" alt="Visuel pour l’article : « Motopoétique », musée d’art contemporain de Lyon, 2014" class="wp-image-859" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg 750w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-300x203.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-500x338.jpg 500w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption>&#8220;Motopoétique&#8221;, Musée d&#8217;art contemporain de Lyon, 2014. Visuel du site &#8220;Documents d’artistes&#8221;</figcaption></figure>



<p>On peut dire de l’<a rel="noreferrer noopener" href="http://www.documentsdartistes.org/cgi-bin/site/affiche_art_web.cgi?&amp;ACT=1&amp;ID=37" target="_blank">œuvre</a> de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor  puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts décoratifs et le minimalisme américain que des arts traditionnels et l&#8217;art urbain.  Notre rédactrice Emma Callegarin a rencontré l&#8217;<a rel="noreferrer noopener" href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank">artiste</a> pour une <a href="http://www.kaleidoscopelab.fr/blog">interview</a> où il nous a parlé de son parcours, ses sources d&#8217;inspiration&#8230;. </p>



<p><strong>Pour commencer, est ce que vous pourriez me parler de votre formation&nbsp;et de l’influence des Beaux-Arts sur votre travail&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai fait un bac A3, lettres et arts car je voulais devenir enseignant en arts plastiques. Suite à ça j&#8217;ai suivi un cursus jusqu&#8217;à l&#8217;agrégation à la faculté car c&#8217;était la filière logique pour accéder à l&#8217;enseignement. Ensuite je suis allé aux Beaux-Arts à Aix-en-Provence avant de finir mes études à la <a href="https://www.villa-arson.org/">Villa Arson</a> à Nice qui représentait, à l&#8217;époque, l&#8217;école la plus en pointe niveau enseignement artistique.</p>



<p>Techniquement dans les écoles des Beaux-Arts on apprend énormément de choses avec un accès quasi exhaustif à tous les médias et une fois que j&#8217;ai eu développé une sorte de vocabulaire plastique propre j&#8217;ai cherché à m’approprier des savoir-faire plus précis auprès d&#8217;artistes confirmés en étant leur assistant ou en me rapprochant de certains artisans. C&#8217;est ainsi que j’ai développé les savoir-faire qui sont les miens aujourd’hui.</p>



<p><strong>Vous êtes sculpteur mais avez aussi produit des expositions de photographies, quel est votre rapport à d’autres formes d’expression artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me sens effectivement totalement dans le champ de la sculpture, mais on pourrait élargir ce champ car comme vous le précisez, je ne m&#8217;y conforme pas.</p>



<p>Tous les moyens d&#8217;expressions me semblent intéressants, le seul vers lequel je ne suis jamais allé est celui du film. C’est un des rares médiums que je n’ai pas expérimentés. J’ai bien fait trois vidéos à une époque où j’étais plus proche de l&#8217;image mais cela ne m&#8217;a pas semblé probant.</p>



<p>Je préfère les systèmes visuels qui s’appréhendent spontanément, devant lesquels on ne peut rester qu&#8217;une seconde et qui ne dictent pas de rapport au temps au spectateur.</p>



<p>Ce qui est lié à la vidéo implique souvent un temps minimum pour comprendre l’œuvre. Je n’ai pas envie de ce rapport au temps, j’aime la spontanéité de la sculpture, de la peinture ou du dessin. Je veux rester dans une pratique qui s’appréhende dans une immédiateté.</p>



<p>Il en est de même pour l&#8217;exposition, j’essaye toujours de la concevoir comme une pièce à part entière, qui a son impact visuel dès qu’on y pénètre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="687" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-861" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-300x201.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-768x516.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-500x336.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-800x537.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1280x859.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1536x1031.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Go big or go home », Carpenters workshop gallery, Londres, 2010</figcaption></figure>



<p><strong>Votre démarche plastique s’inscrit-elle dans une réflexion ou vous improvisez sur le matériau&nbsp;?</strong></p>



<p>En général mes productions sont programmées et réfléchies très en amont de leur réalisation (aussi bien au niveau du sens que de la technique).</p>



<p>Il est rare que j’attaque une pièce sans savoir exactement comment l&#8217;aborder matériologiquement et donc formellement. En revanche c’est la technique qui génèrera la forme finale exacte, tout mon travail étant basé sur la façon dont le matériau va interagir avec la forme.</p>



<p>Quand je décide de travailler la peinture à l’huile par exemple, je réfléchis d&#8217;abord au sujet de cette peinture, puis je peaufine l’image que je veux produire et enfin le matériau dicte ses règles. Il n’y a donc pas vraiment de hasard.</p>



<p>Quand je vais vers un médium je sais ce que je veux en tirer et même s&#8217;il y a des choses qui se modifient dans la réalisation de la pièce cela reste relativement faible au regard de l&#8217;image mentale première de l&#8217;œuvre.</p>



<p>Je ne suis pas un artiste qui va à l’atelier tous les matins, d’ailleurs j’y vais peu en ce moment, et quand je dois faire quelque chose je le fais le plus efficacement possible.</p>



<p>Pareillement quand je travaille avec des artisans c’est le même rapport au temps qui s&#8217;exerce, on travaille sur la pièce et on la modifie en fonction des techniques que ces artisans maitrisent mais aussi qui parfois leur échappent, car souvent mon travail les oblige à sortir de leur savoir-faire précis pour aller vers des techniques plus empiriques.</p>



<p>Enfin, il peut y avoir des contraintes purement techniques ou chimiques qui nous obligent à repenser une durée d&#8217;exécution, une période de travail ou même une échelle&#8230; les œuvres en résine par exemple sont complexes voire impossible à mettre en œuvre s&#8217;il fait trop froid ou si le temps est trop humide &#8230; cela nous obligeant donc à repenser le processus de travail.</p>



<p><strong>Originaire de Marseille, vous m’avez dit faire des aller-retours entre le Pays Basque, Paris et Marseille, vous voyagez donc beaucoup. Est-ce que l’espace, le lieu où vous vous trouvez, influence votre création&nbsp;?</strong></p>



<p>Il y a assez peu d&#8217;influence du lieu dans lequel je travaille sur le type de pièces que je produis. En revanche les artisans avec lesquels je travaille, en fonction du lieu où je suis et de leurs savoir-faire particuliers, eux, varient. Par exemple quand je suis au Pays Basque, je travaille avec des artisans locaux, spécialisés dans la réalisation de planches de surf ou dans la stratification. A Marseille je développe un travail d&#8217;atelier avec d&#8217;autres corps de métiers &#8230;</p>



<p>J’essaye toujours de chercher des artisans qui sont relativement proches de là où je travaille, à la fois pour pouvoir être présent de façon récurrente dans leurs ateliers, mais aussi pour défendre cet artisanat et faire travailler des gens dans un bassin d&#8217;activité dont je maitrise les codes. Je n&#8217;ai aucun désir d&#8217;aller faire produire mes pièces en Chine ou en Indonésie par exemple comme peuvent le faire certains de mes amis artistes.</p>



<p>Je choisis ces artisans en fonction de leurs compétences bien sûr, mais aussi des affinités que je vais avoir avec eux car souvent nous sommes amenés à développer ensemble des savoir-faire particuliers et que cela se fera sur le long terme.</p>



<p>Ils travaillent tous dans des champs très divers et je m&#8217;enrichis de ces va-et-vient entre tous leurs univers … Je travaille par exemple avec plusieurs fondeurs, un tourneur sur bois, un chromeur, un polisseur, un sculpteur sur bois, mais aussi un néoniste ou un menuisier et dans le sud-ouest comme je vous le disais, avec un « shaper » qui me stratifie les tableaux qui étaient présentés à la galerie la Mauvaise Réputation à Bordeaux l’année dernière.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="792" height="512" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png" alt="" class="wp-image-862" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png 792w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-300x194.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-768x496.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-500x323.png 500w" sizes="(max-width: 792px) 100vw, 792px" /><figcaption>&nbsp;«&nbsp;Almost painting&nbsp;»,&nbsp;Galerie La&nbsp;mauvaise réputation,&nbsp;Bordeaux, novembre 2019-janvier 2020</figcaption></figure>



<p><strong>Comment décririez-vous votre rapport au temps dans la création ?</strong></p>



<p>Par le passé, j’avais une pratique d’atelier quotidienne, et j&#8217;avais vraiment besoin d’être chaque jour en train de fabriquer … Aujourd&#8217;hui j’essaye de produire moins, beaucoup moins.</p>



<p>Je trouve qu’il y a de plus en plus d’objets proposés au regard, trop certainement &#8230;</p>



<p>Je veux réfléchir à ce que je propose dans cette nouvelle ère qui s&#8217;est ouverte avec les réseaux sociaux ou nous sommes noyés dans des flux d&#8217;images d&#8217;œuvres…</p>



<p>Me concernant, je veux ressentir aujourd&#8217;hui un désir impérieux de réaliser pour commencer à produire. J’essaye donc d’avoir une production plus rare et de ne produire que ce qui me semble fondamental à faire.</p>



<p>Depuis quelques temps le rapport à la galerie, aux expositions, à la diffusion d’œuvres d’art, a changé me semble-t-il &#8230; Le nombre de centres d’arts, de fondations, de lieux alternatifs qui ont ouvert est vertigineux, le nombre d’artistes aussi et dans cette proposition pléthorique, l’idée de faire un pas de côté, de prendre plus de temps m’intéresse beaucoup.</p>



<p>Quant au temps de création à proprement parler, celui de la réalisation, il peut varier du tout au tout suivant les œuvres.</p>



<p>Je suis quand même sur des temps longs voire très longs, j’ai pu travailler deux ans et demi sur une seule pièce qui est un vase en bronze et les peintures à l’huile qui étaient à la Mauvaise réputation prennent 60 à 80 jours de travail chacune.</p>



<p>Quel que soit le type de pièce que je produis je reste sur des temps assez longs de réalisation, et rien ne sort de mon atelier spontanément quelques jours après avoir décidé de m&#8217;y mettre.</p>



<p><strong>Vous m’avez dit travailler en collaboration avec des artisans, c’est systématique&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, et ce depuis ma sortie de la villa Arson en 1997 … Très rapidement des collaborations se sont mises en place. Aucune pièce n’est produite à 100% par moi, c&#8217;est devenu un principe.</p>



<p>J’aime l’idée de déléguer une partie de la production, parce que c’est nécessaire techniquement et enrichissant intellectuellement.</p>



<p>En pratique, le processus est sans cesse différent, il s&#8217;adapte aux pièces en cours &#8230;Il peut y donc avoir des projets préparatoires ou des notes d’intentions mais beaucoup de choses passent par la parole. Comme je collabore avec des artisans qui sont déjà extrêmement sollicités, et que l’idée n’est pas simplement de leur commander une pièce, c’est souvent un travail qui se construit à quatre mains. Ça passe d&#8217;abord par de longues discussions avec eux pour les amener jusqu’à l&#8217;œuvre.</p>



<p>Le but est d&#8217;aller ensemble dans des endroits de leurs pratiques qu’ils ne maitrisent pas forcément très bien. Je pense par exemple, au fondeur avec lequel je collabore depuis plus de 20 ans à Marseille et qui est spécialiste en mobilier urbain, ce n’est pas un fondeur d’art, et produire certaines de mes œuvres avec lui a une saveur particulière et un rendu spécial. Ces pièces sortent d’un atelier qui fait quotidiennement des contrepoids d’ascenseur, des réverbères ou des bancs publics, elles ont donc une brutalité que je n’obtiendrais pas si je les réalisais chez un fondeur d’art.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="765" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg" alt="« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013 " class="wp-image-863" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-300x224.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-768x574.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-500x374.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-800x598.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1280x956.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1536x1148.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013</figcaption></figure>



<p><strong>Vous utilisez des matériaux très divers allant du bois, au métal, en passant par le sucre, est-ce qu’il y en a un que vous préférez&nbsp;?</strong></p>



<p>Non, je n&#8217;ai pas de matériaux de prédilection &#8230;ce qui m’intéresse c’est qu’aucune exposition ne ressemble à la précédente. Celle de la Mauvaise réputation par exemple présentait des peintures à l’huile stratifiées en résine époxy teintée&#8230;</p>



<p>Il y a des périodes où je vais travailler plutôt le bois, la résine ou le bronze mais ce sont toutes des techniques qui reviennent régulièrement, qui seront laissées de côté pendant un certain temps pour refaire leur apparition ultérieurement.</p>



<p>Je n&#8217;ai jamais travaillé qu’un seul type de matériau pendant un long lapse de temps.</p>



<p>Comme vous le précisiez dans votre question, j’ai longtemps travaillé avec le sucre (pendant 10 ans exactement) mais cela n&#8217;était pas une pratique exclusive pendant cette période, d&#8217;autres projets se développaient en parallèle avec d’autres matériaux.</p>



<p>En ce moment je fais des dessins au pastel sur du papier, c’est la première fois&#8230; et sans avoir de favori je ne m’interdis aucun matériau, aucune technique.</p>



<p>Crédits photos&nbsp;: Lionel Scoccimaro  et «&nbsp;Documents d’artistes&nbsp;» (photo du visuel)</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p>Galerie la Mauvaise réputation&nbsp;: <a href="http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil">http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil</a></p>



<p>Instagram de Lionel Scoccimaro &nbsp;: <a href="https://www.instagram.com/lionel_scoccimaro/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cliquez ici</a></p>



<p>Plus d&#8217;info sur l&#8217;artiste  sur <a href="http://www.documentsdartistes.org/artistes/scoccimaro/repro.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">documents d&#8217;artistes</a></p>



<p></p>
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