Inkarri : Voyage à travers les mythes andins

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Soirée du 26 mai à la Maison de l’Amérique latine (Hôtel Ragueneau 71 rue du loup, Bordeaux) à 18h30

A l’occasion de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes, Klac propose comme chaque année depuis sa création une programmation originale et immersive. Cette année, l’association met à l’honneur le Pérou à travers une soirée placée sous le signe de la découverte et du partage, organisée en partenariat avec l’association MACLA et France Chili Aquitaine. Elle aura lieu le 26 mai à l’hôtel Ragueneau, rebaptisé « Maison de l’Amérique latine et des Caraïbes » le temps des festivités. 

Pensée comme un véritable voyage culturel, cette soirée s’articulera autour d’une conférence consacrée au mythe de l’Inkarrí et animée par Fernando Pomareda, invitant le public à plonger dans l’imaginaire et les traditions andines. Elle se poursuivra par un apéro musical animé par l’artiste Milos Asian, offrant une ambiance conviviale et festive.

Enfin, l’expérience sera également gustative grâce à une sélection de spécialités péruviennes proposées par « Au bon goût latino », pour une immersion complète dans la culture péruvienne.

La conférence

A l’occasion de la SLAC 2026, l’association KLAC invite Fernando Pomareda, écrivain et chercheur de l’Université McGill au Canada, et spécialiste de la mythologie andine et de ses représentations dans l’art du XXe siècle.

Inkarri : mythe et transformation dans les Andes péruviens 

Au Pérou, après la conquête espagnole, les cultures andines ont trouvé dans les mythes un moyen de s’adapter et de résister. Parmi ceux-ci, se distingue notamment Inkarrí, un récit recueilli dans les années 1950 dans les Andes péruviennes. Il raconte que le dernier Inca, démembré par les conquistadors, serait sous terre en train de reconstituer son corps. Lorsqu’il aura fini de se reconstituer, il reviendra pour rétablir l’ordre perdu.

Pourquoi Inkarrí perdure-t-il ?

Ce mythe reflète la nostalgie pour le passé inca et l’espoir d’un meilleur futur. Même si son origine remonte au XVIe siècle, il se renforce au XXe siècle, notamment au sein des communautés rurales et indigènes, mais également dans l’art et la littérature urbaine du Pérou. Il apparaît dans de célèbres romans tels que Todas las sangres du grand écrivain péruvien José María Arguedas, dans les peintures abstraites de Fernando Szyszlo ou dans l’art populaire d’Edilberto Jiménez, toujours comme un symbole de transformation et de résistance.

Aujourd’hui, le mythe de l’Inkarrí continue de vivre : des les rituels andins jusqu’aux bandes dessinées en passant par les productions audiovisuelles. Sa pérennité soulève des questions fondamentales : Comment un mythe de près de 500 ans continue-t-il d’inspirer tant de groupe différents ? Comment peut-il être à la fois un symbole sacré et un héros populaire ?

Inkarrí est un mythe qui s’installe dans le passé et dans le présent. Ce n’est pas seulement une histoire : c’est une pensée, une émotion partagée, un pont entre la mémoire et la lutte pour un futur plus juste.

Fernando Pomareda

Fernando Pomareda est un chercheur en études hispaniques à l’Université McGill. Ses recherches portent sur les représentations mythico-magiques dans la production culturelle contemporaine en Amérique latine, notamment en littérature, comme vecteur de réflexion sur les enjeux sociaux et politiques.

Titulaire d’un master en littérature espagnole et hispano-américaine de l’Université de Barcelone et diplômé en littérature hispanique de la Pontificia Universidad Católica del Perú, il travaille sur le dialogue entre le mythe andin d’Inkarrí et les représentations artistiques du conflit armé interne au Pérou. Sa recherche doctorale explore le rôle du mythe et des figures mortuaires dans les processus symboliques de dépassement du traumatisme.

Il est également éditeur et poète, auteur de Lurigancho (2010) et La machine à tuer les fascistes (2015).

L’apéro concert

WRATH par Milos Asian 

 (Rituel électronique – Fr/Pérou) 

https://thisiswrath.bandcamp.com

Image par l’artiste @wazaaaaabiiiii

WRATH est le projet musical de Milos Asian, artiste indépendant développant une approche immersive mêlant musique électronique, narration et esthétique cinématographique. Le projet se construit comme une multiplicité de figures en constante mutation, évoluant dans un univers sonore à la croisée de la cold wave, du dark emo, de textures expérimentales, électroniques et d’influences sud-américaines.

Lors de ce concert, WRATH propose une performance inspirée du mythe de l’Inkarri, suite à la conférence de Fernando Pomareda. La pièce, entre éléments préparés et expérimentation, s’appuie sur des influences andines (huaynos, quechua, paysages sonores) pour créer une expérience immersive, entre mémoire ancestrale et création contemporaine

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