L’aventure Macla (Muestra d’art contemporain latino-américain)

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Par Carlos Olivera, Photos : Alain Pelletier

Vernissage MACLA 2018La première fois que j’ai entendu parler de MACLA, c’était à la fin de 2015. Je venais d’arriver en France du Pérou et j’ai trouvé sur Facebook cet événement artistique qui rassemblait des artistes latinos qui habitaient en France. L’idée me séduisait, surtout parce que très rapidement je me suis rendu compte qu’il (le collectif d’artistes) s’éloignait des clichés de l’Amérique Latine et de l’image folklorique et facile de l’art latino-américain, et essayait plutôt d’avoir des propositions contemporaines et innovatrices. Depuis ce moment, j’ai commencé à suivre MACLA et à prêter attention à ses événements et expositions.

Vernissage MACLA 2017, Thème la musique L’année dernière (2017), le thème de son exposition annuelle à l’institut Cervantes était la musique, un thème qui m’intéresse spécialement. Comme la première fois, j’ai eu la sensation d’être face à un groupe d’artistes qui présentait une exposition variée en couleurs et visions du monde mais qui se retrouvait dans une conception contemporaine de l’art, un collectif qui avait ses racines bien ancrées dans une Amérique Latine riche et diverse et qui montrait aussi un art global et qui travaillait différentes techniques sur des matériaux divers (des instruments musicaux intervenus, de la peinture, de la gravure, de la photo, de la vidéo etc.).

A ce moment je me suis demandé, pourquoi on n’entendait pas plus parler de ce collectif sur Bordeaux ? Pourquoi ses travaux n’arrivaient qu’à une partie réduite des Bordelais ? Pourquoi cette population latino, créative et tellement riche culturellement restait presque invisible en France ?

Vernissage MaclaQuand mon amie l’écrivaine Lise Segas m’a appelée pour me dire que le collectif était en train de se réorganiser, qu’ils avaient besoin d’aide dans cette réorganisation et qu’ils souhaitent me rencontrer, j’ai commencé à réfléchir à toutes les possibilités qu’un collectif tel que MACLA peut avoir. Un collectif avec une qualité artistique bien cimentée et un énorme multiculturalisme interne (qui est une source d’idées et de possibilités de projets) a tout le nécessaire pour réussir, il lui manque simplement de se poser les bonnes questions et de trouver les bonnes personnes pour canaliser cette énergie. Dès nos premières rencontres il a été clair que nous avions une idée commune de pourquoi il fallait continuer et élargir les actions de MACLA : rendre évidente l’énorme force créative qui existe en Amérique Latine, et faire face aux clichés qui existent avec l’art. Un art de qualité et pluriel, qui montre les différentes cultures à l’intérieur de ce qu’on appelle Amérique Latine, un art qui sert aussi pour dénoncer les problèmes. La condition de la femme dans une Amérique machiste, le racisme et la violence sont des sujets clés qui ont été traités dans les expositions de MACLA. La proposition du thème de l’année 2018 « Entre Amérique et Europe, les utopies en transit » était une invitation encore plus intéressante au niveau de la réflexion sur la réalité sociale de différents pays d’Amérique Latine (comme Venezuela et Cuba) et la vision de ces utopies depuis l’Europe.

Versnissage MACLA 2018

Je me suis donc engagé avec eux et KLAC est devenu un partenaire pour la structuration du collectif. Nous avons commencé avec une réflexion sur la stratégie à suivre pour développer MACLA. La première étape a été de définir des objectifs pour la période 2018/2019 : donner un cadre légal au collectif, établir les rôles dans le collectif et travailler pour développer son réseau. Durant ses six premiers mois nous avons accompli un labeur dont je suis fier, d’autant plus qu’il s’agit du résultat du travail collectif avec les membres de MACLA. MACLA est maintenant une association de loi 1901, et nous avons commencé à créer des liens avec des institutions importantes de Bordeaux, comme la Mairie de Bordeaux. Cela nous a permis de commencer à mettre en lumière la communauté latino-américaine, comme par exemple avec le montage d’une exposition dans les salons de l’Hôtel de Ville dans le cadre de la Semaine d’Amérique Latine et des Caraïbes (visitable jusqu’au 8 juin). Nous avons aussi répondu aux appels à projets de la Quinzaine de l’égalité pour discuter autour des clichés qui existent autour de la notion de “latino”. De cette façon, MACLA commence, peu à peu, à se positionner comme un acteur culturel de la ville.

Les plans pour le futur sont vastes et excitants. Plusieurs expositions et événements sont prévus pour la deuxième partie de 2018 et nous avons déjà des expositions planifiées pour 2019 à Bordeaux et en dehors de Bordeaux. L’idée d’un catalogue qui retrace la démarche du collectif qui a déjà 5 ans d’existence mûrit peu à peu et vous en entendrez certainement parler dans les prochains mois. Beaucoup d’autres projets commencent à se mettre en place, résultat de six mois de travail intense et productif et qui nous encourage à travailler de plus en plus pour le futur.

 


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