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	<title>Interviews Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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	<description>Incubateur de projets culturels à Bordeaux</description>
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	<title>Interviews Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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		<title>Guillaume Moreau : Comédien tout terrain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2024 09:34:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Interview avec Guillaume Moreau, comédien et metteur en scène qui anime les ateliers de théâtre pour jeunes avec autisme proposés par l&#8217;association La maison de Louis. Propos recueillis par Léa Diaz Bonjour Guillaume, vous êtes comédien, metteur en scène de métier et vous avez aussi beaucoup d’expérience avec plusieurs institutions,<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/comedien-tout-terrain/"> Read more</a></p>
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<p>Interview avec Guillaume Moreau, comédien<strong> </strong>et<strong> </strong>metteur en scène qui anime les ateliers de théâtre pour jeunes avec autisme proposés par l&#8217;association La maison de Louis. </p>



<p><strong>Propos recueillis  par Léa Diaz</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" fetchpriority="high" width="1024" height="473" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-DE-POSTURE-reduite-1024x473.jpg" alt="" class="wp-image-1909" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-DE-POSTURE-reduite-1024x473.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-DE-POSTURE-reduite-300x139.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-DE-POSTURE-reduite-768x355.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-DE-POSTURE-reduite-500x231.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-DE-POSTURE-reduite-800x370.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-DE-POSTURE-reduite.jpg 1181w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Bonjour Guillaume, vous êtes comédien, metteur en scène de métier et vous avez aussi beaucoup d’expérience avec plusieurs institutions, des écoles maternelles et collèges aux Ehpad et associations. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?</strong></p>



<p>Bien sûr. J&#8217;ai commencé par des études en sciences politiques et j’ai obtenu mon diplôme de l’Institut d’études politiques de Toulouse. C’est là-bas que j’ai rencontré Haris Burina, un comédien ex-yougoslave en résidence en France avec le &#8220;Tattoo Théâtre&#8221; au Théâtre Garonne. Il dispensait des ateliers à l’IEP et ce fut ma première rencontre avec le théâtre, une révélation. J’ai alors décidé de réorienter mes études vers cet art.</p>



<p>J’ai débuté au “Théâtre de l’Acte” à Toulouse, dirigé par Michel Mathieu, fondateur du Théâtre Garonne. Ensuite, j’ai effectué un stage au “Théâtre du Soleil”, une expérience très marquante. Puis, je suis parti à Bruxelles à l’Institut national supérieur des arts du spectacle et de la diffusion, mais j’ai quitté cette école rapidement. Elle était trop sclérosée à mon goût. J’ai donc quitté cette école et je me suis retrouvé en Italie, auprès de César Brie, un metteur en scène argentin renommé. Cette expérience m’a permis d’apprendre «&nbsp;l’artisanat du théâtre&nbsp;».</p>



<p>Après quelques années en Italie, je suis rentré à Paris et j’ai commencé à travailler avec des enfants. J’ai découvert une nouvelle dimension de mon métier. Les enfants apportent une pureté et une spontanéité essentielles au jeu théâtral. Mon intuition s’est confirmée : si on peut diriger le jeu des enfants, on peut diriger n’importe quel comédien.</p>



<p>J’ai alors rencontré sur mon parcours l’autisme. Lors d’un festival d’Avignon, j’ai été invité par un ami éclairagiste à participer à des ateliers avec des autistes Asperger. Cela fait maintenant 7-8 ans que je travaille avec ce public et j’apprécie énormément cette expérience. Mon parcours est donc marqué par des détours et des rebondissements, mais chacun de ces chemins m’a enrichi.</p>



<p><strong>Comment avez-vous commencé votre collaboration avec La Maison de Louis ?</strong></p>



<p>En arrivant à Bordeaux, je cherchais à m’installer et à me connecter avec des écoles et des associations travaillant dans le domaine de la neurodiversité. C’est ainsi que j’ai découvert le CRA, le Centre ressource autisme, qui recense les associations de la région. J’ai envoyé des candidatures spontanées et La Maison de Louis a été la première à répondre. Laurence et moi avons discuté, nous nous sommes rencontrés, et tout s’est mis en place naturellement.</p>



<p><strong>Pouvez-vous nous décrire les séances de théâtre d’improvisation avec les jeunes de La Maison de Louis et comment elles ont été mises en place ?</strong></p>



<p>Les ateliers que j’anime à La Maison de Louis sont similaires à ceux que je conduisais à Paris pour l’association Asperger Amitié. Ils ont lieu une fois par mois et visent à pratiquer le théâtre pour ses vertus : l’activation du jeu, l’imaginaire, la rencontre avec l’autre. Chaque séance dure 1h30 et se concentre sur des notions fondamentales du théâtre, telles que les personnages, les situations dramatiques, les conflits et les actions.</p>



<p>Ces séances sont difficiles à décrire précisément, car elles relèvent beaucoup de l’expérience vécue. Mais l’objectif est de donner aux participants des clés de dramaturgie, tout en explorant la vie à travers le prisme théâtral. Le cœur de la démarche est de s’amuser, de faire des choses nouvelles et parfois étranges, ce qui est en soi très ludique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="473" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-1024x473.jpg" alt="Briefing avant les séances de théâtre " class="wp-image-1908" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-1024x473.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-300x139.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-768x355.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-1536x710.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-2048x946.jpg 2048w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-500x231.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-800x370.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-1280x591.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2024/08/BRIEFING-GENERAL-1920x887.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Pourquoi avez-vous choisi l’improvisation pour ces ateliers ?</strong></p>



<p>Pour moi, l’improvisation est indissociable de la pratique théâtrale. Elle est à la fois une discipline à part entière et une méthode de recherche lors de la création d’un spectacle. Quand je crée un spectacle, je pars toujours d’un thème et je fais improviser les participants. Leurs improvisations produisent des textes que je transcris et retravaille.</p>



<p>Avec La Maison de Louis, nous ne créons pas de spectacles, mais la démarche reste la même. L’improvisation consiste à jouer autour d’un thème, avec et pour un partenaire, tout en tenant compte de la présence d’un spectateur. Cet exercice développe l’empathie et la compréhension de l’autre, des compétences essentielles au théâtre.</p>



<p><strong>Quels changements ou progrès avez-vous observés chez les jeunes participants après les ateliers de cette année ?</strong></p>



<p>Je vous avoue ne pas trop m’attarder sur cela car je ne me considère pas comme un thérapeute. Mon objectif premier est que les participants s’amusent et apprennent dans le cadre de l’atelier. Si des progrès se manifestent en dehors de ce cadre, tant mieux, mais ce n’est pas mon but principal. Ce qui m’importe, c’est que les participants prennent plaisir à faire du théâtre et progressent dans cette pratique.</p>



<p><strong>Pouvez-vous partager une expérience ou un moment particulièrement marquant lors d&#8217;un atelier ?</strong></p>



<p>Oui, bien sûr, j’en ai énormément.&nbsp;</p>



<p>Tout d’abord, pour cette édition 2023-2024, l’atelier compte trois participants : Quentin, Louis et William, chacun avec ses particularités. Ainsi, j’ai été particulièrement touché par un exercice de &#8220;statues&#8221;, où les participants devaient manipuler leur partenaire comme s’il était une statue. Ce type d’exercice, impliquant le toucher, est souvent difficile pour les personnes autistes, mais ici, cela a très bien fonctionné.</p>



<p>Un autre moment marquant a été la manière dont les jeunes montraient une solidarité et une patience admirables, dans certaines situations de jeu, ce qui peut se trouver être une qualité assez rare dans les groupes neurotypiques, où l’échec suscite souvent des moqueries plutôt que de l’entraide.</p>



<p>Une autre expérience mémorable fut un exercice sur une planète imaginaire, où le chef de cette planète devait accueillir les terriens avec un discours en &#8220;grommelot&#8221;, une langue inventée. William, qui aime beaucoup chanter, a interprété son discours en chantant à la tribune. Nous l’avons tous rejoint dans cette improvisation musicale, créant un moment de partage et de beauté inattendu.</p>



<p><strong>Quelque chose à rajouter pour clôturer cette interview ?</strong></p>



<p>J’aimerais vraiment que nous soyons plus nombreux. L’année prochaine, il serait formidable d’augmenter le nombre de participants. N’hésitez pas à nous rejoindre : &#8220;Plus on est de fous, plus on rit&#8221;, comme dit le proverbe !</p>
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		<title>Les rêves du futur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2022 13:16:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Interview de Sébastien Laurier par Carlos Olivera Les rêves du futur est une création de la compagnie l&#8217;Espèce Fabulatrice pour le Festival les Ecoutilles produit par KLAC en juillet 2022. Mené par le comédien et écrivain Sébastien Laurier, Les rêves du futur était un projet hybride entre spectacle immersif et<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/les-reves-du-futur/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Interview de Sébastien Laurier par Carlos Olivera </strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100245-1024x768.jpg" alt="Les rêves du futur" class="wp-image-1474" width="750" height="563" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100245-1024x768.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100245-300x225.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100245-768x576.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100245-500x375.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100245-800x600.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100245.jpg 1200w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>



<p><em>Les rêves du futur</em> est une création de la <a href="https://www.sebastienlaurier.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">compagnie l&#8217;Espèce Fabulatrice </a>pour le <a href="https://kaleidoscopelab.fr/les-ecoutilles/"><strong>Festival les Ecoutille</strong>s </a>produit par KLAC en juillet 2022. Mené par le comédien et écrivain Sébastien Laurier, <em>Les rêves du futur</em> était un projet hybride entre spectacle immersif et performance littéraire. Une promenade racontée à travers un “tunnel du temps” était proposé aux participants afin de les projeter dans le futur. Une fois fixés dans le futur, les participants s’installent dans un salon de rêverie monté à l’ombre des arbres du <a href="https://www.bouscat.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Parc de l’Ermitage</a>. Certains ont passé 5 minutes, certains une heure, pour écrire, penser, et réfléchir au futur. Le résultat c’était une lettre destinée à son “soi du passé” pour raconter ce qui c’était le futur. </p>



<p>Un exercice ludique, introspectif en même temps que créateur de communauté, qui a aidé à libérer la parole sur les attentes et les peurs d’un public intergénérationnel. Un exercice qui a plus d’importance encore dans un monde devenu de plus en plus anxiogène.&nbsp;</p>



<p>Sebastien Laurier a répondu quelques questions pour aider le pubic à mieux connaître ce projet artistique. </p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8066-1-983x1024.jpg" alt="Les rêves du futur " class="wp-image-1473" width="713" height="743" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8066-1-983x1024.jpg 983w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8066-1-288x300.jpg 288w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8066-1-768x800.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8066-1-500x521.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8066-1-800x834.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8066-1.jpg 1000w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px" /><figcaption><strong>Le rêve du futur est un projet hybride. Il mélange une mise en scène avec un salon dans l’espace public, une balade, un temps de réflexion et une lecture publique. On pourrait le définir comme un &#8220;spectacle immersif&#8221; ou une performance participative. Est-ce que tu l&#8217;avais pensé comme ça ?  Pourrais-tu nous dire brièvement comment as-tu imaginé ce projet, quel était l’objectif que tu cherchais et si ça s’est passé comme prévu ? </strong><br><strong> </strong><br>Le travail sur les rêves a pour moi commencé depuis 2016, en prenant plusieurs formes (ateliers d’écriture et dessins, expositions, boites aux rêves, nuit des rêves, veillée de rêves, bulle à rêves, lecture musicale dessinée, lecture musicale déambulatoire).<br><br>Aujourd’hui, pour tous les projets autour des rêves, je dirais que je dispose d’une à outils. En fonction des collaborations ou co-créations, on invente le meilleur dispositif possible, correspondant à la chronologie, aux lieux et au désir des organisateurs<br><br>Dans ce projet, suite aux échanges avec Laure (Porta, chargée de production du festival) puis les repérages in situ avec Laure et toi, on a pu affiner ce qui semblait le plus pertinent pour les rêves du futur. Les éléments de base étaient : événement extérieur sur une journée à deux reprises.<br><br>Mon intention première est toujours de proposer aux passants, au public un espace-temps pour leurs rêves et leurs rêveries. La deuxième intention est de proposer un espace social, collectif commun autour des rêves de chacun et de réfléchir en quoi les rêves de chacun parlent au groupe ? Tout s’est passé exactement comme prévu à savoir, que je ne savais pas ce qui allait être  partagé et diffusé, mais à chaque session, se dégageait une forme de cohérence, voire d’homogénéité</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8054.jpg" alt="" class="wp-image-1472" width="691" height="921" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8054.jpg 750w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8054-225x300.jpg 225w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/IMG_8054-500x667.jpg 500w" sizes="(max-width: 691px) 100vw, 691px" /><figcaption><strong>En quoi c&#8217;est important de créer un espace propice pour la détente, pour le confort, comme c&#8217;était le cas de la mise en scène du projet avec un &#8220;salon de rêverie&#8221; monté dans le parc de l’Ermitage ? </strong><br><strong> </strong><br>Pour s’autoriser à s’arrêter, déposer, se déposer. C’est une invitation au voyage immobile.<br><strong> </strong><br><strong>Et la balade pour ce &#8220;tunnel du temps&#8221; que tu as mis en place ? </strong><br><strong> </strong><br>Là, l’idée était de pouvoir voyager réellement, physiquement.<br><br>Lors du repérage, j’ai identifié cette allée d’arbres qui constituaient une sorte de tunnel ombragé : j’y ai vu une sorte de tunnel, qu’on pouvait utiliser pour faire exister « réellement », dans le paysage, un appui pour l’atelier/consigne d’écriture.<br><br>Je ne parlerai pas de balade ; mais de parcours qui partait du salon du présent pour aller vers le salon du futur en passant par ce tunnel du temps. Ce passage me permettait d’accompagner chaque personne au plus près de son propre chemin de rêve du futur.</figcaption></figure>



<p><strong>La restitution du projet, avec la lecture publique des rêves écrits par les participants suite à vos échanges, a été un moment très fort et très émouvant. Nous avons senti que les participants avaient besoin de partager leurs peurs et leurs espoirs sur le futur. Comment as-tu trouvé le déroulement de cette restitution ?&nbsp;</strong></p>



<p>Du fait de tout le dispositif mis en place, qu’il soit visible (la scénographie, avec le bar mobile était également décisif&nbsp;!) ou invisible (l’accueil, l’écoute, la disponibilité nécessaire pour permettre une parole intime), nous avons pu je crois, créer, un vrai espace de confiance qui a fait que les participants ont réellement livré une parole intime.</p>



<p>Dans ce contexte, oui, les textes étaient forts et émouvants.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100250.jpg" alt="Les rêves du futur " class="wp-image-1475" width="709" height="532" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100250.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100250-300x225.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100250-768x576.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100250-500x375.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2022/11/P1100250-800x600.jpg 800w" sizes="(max-width: 709px) 100vw, 709px" /><figcaption><strong>Finalement, le Rêve du futur était une création dans le cadre du festival Les Écoutilles 2022. Comment as-tu perçu ta participation à cet événement ? </strong><br><br>C’était un vrai plaisir. On a travaillé de manière très professionnelle tous ensemble, car évidemment, pour que les rêves deviennent réalité, il faut du travail, de la persévérance et de la rigueur, des missions pas très glamour quand on évoque les rêves, mais qui sont essentielles pour les inscrire dans la réalité.<br><br>J’étais vraiment très heureux du déroulement, de l’équipe et de l’accueil du public, juste un peu fatigué car cela demande beaucoup d’énergie et d’attention !</figcaption></figure>



<p><strong>Sébastien Laurier</strong></p>



<p>Auteur, comédien et metteur en scène de la compagnie<a href="https://www.sebastienlaurier.com/">&nbsp;L’Espèce Fabulatrice</a>. Il mène des quêtes-enquêtes improbables et décalées mais sérieuses et documentées qui deviennent des objets artistiques, livres, spectacles, marches-lectures, expositions. Il a notamment publié&nbsp;<em>Le rêve d’un Coin-Coin</em>&nbsp;aux éditions Élytis en 2020.</p>



<p>Le site de Sébastien Laurier : https://www.sebastienlaurier.com/</p>



<p>Plus d&#8217;informations sur les Ecoutilles : https://ouvrirlesecoutilles.fr/</p>



<p></p>
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		<title>Immersion haute en couleur avec Organ’Phantom !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jul 2021 08:46:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par Emma Callegarin Envoutants, fascinants et intrigants, les mapping et créations de ce collectif ont pu être admirés aux Bassins de Lumières mais également dans divers autres endroits. Organ’Phantom est une association bordelaise qui fête cette année ses 10 ans, l’occasion d’un retour sur leurs réalisations mais aussi d’un avant-goût<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/organphatom/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="576" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1086" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1024x576.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-300x169.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-768x432.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1536x864.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-500x281.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-800x450.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1280x720.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux.jpg 1921w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Envoutants, fascinants et intrigants, les mapping et créations de ce collectif ont pu être admirés aux Bassins de Lumières mais également dans divers autres endroits. Organ’Phantom est une association bordelaise qui fête cette année ses 10 ans, l’occasion d’un retour sur leurs réalisations mais aussi d’un avant-goût des belles choses à venir. Dans cette interview, nous avons eu la chance de rencontrer la directrice artistique de l’association&nbsp;: Marie Laverda.</p>



<p><strong>Marie Laverda, vous êtes la directrice artistique d’Organ’Phantom, pourriez-vous nous présenter brièvement le collectif ? Son histoire et ses ambitions ?</strong><strong></strong></p>



<p>L’association Organ’Phantom créé et diffuse des projets artistiques évoluant dans les champs des musiques à tendance électronique et des pratiques artistiques numériques, c’est ainsi qu’elle a fondé son festival ECHO A VENIR en 2012. Spécialisée dans le video mapping depuis plus de 10 ans, l’association développe en parallèle son pôle «&nbsp;création d&#8217;œuvres numériques&nbsp;» avec son collectif d&#8217;artistes. Nous sommes donc à la fois diffuseurs d&#8217;œuvres mais aussi créateurs et avons un rôle éducatif via des ateliers, cela demande de l’organisation et des réunions. Nous décidons à plusieurs, c&#8217;est un travail d&#8217;équipe avant tout.</p>



<p><strong>Vous êtes tournés vers l’art numérique, par le mélange des musiques électroniques et des arts visuels, pourtant cela reste encore une forme d’art peu institutionnalisée et peu reconnue, pourquoi ce concept ?</strong><strong></strong></p>



<p>L&#8217;association Organ&#8217;Phantom a été créé avec les anciens membres de la salle de concerts le Son&#8217;Art à la Victoire. La salle avait une programmation musicale très éclectique avec une préférence pour la programmation de musiques hybrides. En poursuivant dans le mélange des genres artistiques, l&#8217;association programme des pièces pluridisciplinaires, dans la continuité de ce qu&#8217;elle faisait déjà, en associant des disciplines différentes (danse, vidéo, field recording, musique électronique, live, orgue, harpe etc.).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="607" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-1024x607.jpeg" alt="" class="wp-image-1087" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-1024x607.jpeg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-300x178.jpeg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-768x455.jpeg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-500x296.jpeg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-800x474.jpeg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4.jpeg 1224w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Anitya aux Bassins de Lumières</figcaption></figure>



<p><strong>Vous avez également travaillé avec les Bassins de Lumière autour du projet Anitya, une expérience immersive aux Bassins des Lumières. Comment s’est passée la collaboration ? Et la réalisation de l&#8217;œuvre, tant pour le mapping que le field-recording ?</strong><strong></strong></p>



<p>Nous avons démarché les Bassins de Lumières avec des propositions et avons été retenu sur le projet. Monsieur De Cointet a suivi notre création, de l&#8217;écriture jusqu&#8217;à la diffusion. Il nous a donné quelques conseils techniques, toujours à l&#8217;écoute et très disponible. Nous avons pu avoir accès à la Base sous-marine pour toutes nos captations mais les dernières étapes de travail se sont faites lors du premier confinement, donc en télétravail. Cela n&#8217;a pas été facile, mais nous y sommes arrivés.</p>



<p><strong>Le collectif fête cette année ses 10 ans, pourriez-vous nous faire une petite rétrospective sur ce que vous jugez comme les plus beaux accomplissements menés ?</strong><strong></strong></p>



<p>Nos actions ont été très diverses, nous avons par exemple commencé à organier les 20 ans de Ninja Tune, Warp rec, mais aussi les 20 ans de carrière de DJ Krush et ce, dès le début de la création de l&#8217;association.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1088" width="296" height="443" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-683x1024.jpg 683w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-200x300.jpg 200w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-768x1152.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-1024x1536.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-500x750.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-800x1200.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux.jpg 1067w" sizes="(max-width: 296px) 100vw, 296px" /><figcaption><em>Mirage Ô Miroir </em>aux Quai des Queyries à Bordeaux</figcaption></figure></div>



<p>Par la suite nous avons fondé notre premier festival ECHO A VENIR dont les créations originales les plus marquantes sont&nbsp;: <em>Artefact</em> (avec Joanie Lemercier), <em>Gatcos</em> (avec M.SAYYID d&#8217;Antipop Consortium), <em>Mirage Ô Miroir</em> (avec Yosi Horikawa).</p>



<p>Dans le cadre de la Semaine Digitale nous avons produit&nbsp;<em>Mécaniques Discursives</em> (ANTI VJ) puis dans le cadre de collaboration à des expositions nous avons reçu le concert des mythiques Underground Resistance. Nous répondons également à des commandes artistiques, ce qui a permis la naissance d’<em>Anitya</em> (aux Bassins de Lumières), de <em>Dès l&#8217;Aube</em> (lors des Journées Européennes du Patrimoine, <em>Chuchotis et Brouhaha</em> (sur la Cathédrale Saint André en décembre 2020).</p>



<p><strong>Vous avez parlé du festival “Echo à venir” que vous avez créé. Il est tourné vers la musique électronique et les arts visuels, les dernières éditions ont dû être annulées à cause du Covid, comment envisagez-vous le futur ?</strong></p>



<p>Pour l&#8217;instant nous travaillons sur des projets «&nbsp;COVID compatibles&nbsp;». Notre action s’organise donc autour de résidences, de répétitions, de créations numériques et nous préparons une reprogrammation de <em>Dès l&#8217;Aube</em> pour les Journées Européennes du Patrimoine 2021. Elle sera visible le 18 septembre au Palais Gallien. Avec du public cette fois&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-1089" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1024x683.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1536x1024.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-2048x1365.jpg 2048w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-800x533.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1280x853.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1920x1280.jpg 1920w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Dès l’Aube au Palais Gallien de Bordeaux</figcaption></figure>



<p><strong>L’année dernière, la mairie de Bordeaux vous a chargé d’organiser le mapping de Noël sur la Cathédrale. Avant cela vous aviez également utilisé la cour Mably, le Palais Gallien et la Bourse du travail comme support, comment le choix des bâtiments se fait ? Comment procédez-vous pour les mettre en valeur grâce au numérique ?</strong><strong></strong></p>



<p>Nous commençons par des recherches, nous nous documentons avec les aides des services de la ville concernés (patrimoine, architectes etc.) sur la partie création de contenu artistique. Ensuite, pour l&#8217;implantation, nous essayons au maximum de nous intégrer dans les espaces de manière harmonieuse pour une mise en valeur des sites tout en respectant l&#8217;existant&nbsp;: un dôme sur la rosace au sol de la fac de Bordeaux II, un mur d&#8217;eau en arc de cercle encadré dans la lignée des arbres le long de la Garonne, une fresque dans la cour Mably en se servant des arches pour un trompe l&#8217;œil «&nbsp;fenêtre sur l&#8217;extérieur&nbsp;», une harpe sous les voûtes du Palais Gallien, etc.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="755" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1024x755.png" alt="" class="wp-image-1090" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1024x755.png 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-300x221.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-768x566.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1536x1133.png 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-500x369.png 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-800x590.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1280x944.png 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1.png 1790w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Chuchotis et Brouhahas </em>sur la Cathédrale Saint-André de Bordeaux</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles sont les émotions et les ressentis que vous visez à provoquer chez vos spectateurs ?</strong><strong></strong></p>



<p>Tous types d&#8217;émotions&nbsp;! Cela peut être de l&#8217;oppression avec <em>Anitya</em> dans les Bassins de Lumières, de la nostalgie avec <em>Chuchotis et Brouhaha</em>, de l&#8217;émerveillement avec <em>Mirage Ô Miroir</em>. Chaque ressenti est unique à chaque personne.</p>



<p><strong>Nous avons évoqué cette année anniversaire, fêtée par une compilation de vos créations originales, à quoi faut-il s’attendre pour 2021-2022 artistiquement ?</strong><strong></strong></p>



<p>Encore des créations dont une diffusée outre-Atlantique, et toujours des projets engagés&nbsp;: créer et diffuser est une chose, véhiculer un discours pour des causes qui nous semblent de nos jours au cœur de toutes les problématiques actuelles (l’écologie, la culture pour tous, la mixité, la parité) est pour nous important.</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="https://organphantom.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site&nbsp;internet</a> d’Organ’Phantom&nbsp;</p>



<p>Réseaux sociaux : <a href="https://www.facebook.com/association.organphantom/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Facebook</a> / <a href="https://www.instagram.com/organ.phantom/?hl=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a></p>



<p>Crédit photo&nbsp;: Organ&#8217;Phantom, Radio France, Jonas Laclasse et Pablo Gracias</p>
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		<title>Biennale Organo : Au cœur du corps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 13:48:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[art numérique]]></category>
		<category><![CDATA[artist]]></category>
		<category><![CDATA[biennale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Emma Callegarin Organo, manifestation artistique autour du corps et des arts visuels présente une 6e édition débordante et saturée sur le thème « Couleur augmentée ». La biennale se tiendra du 29 mai au 6 juin prochain aux Vivres de l’Art. Cet événement, véritable laboratoire de découvertes et d’expérimentations artistiques, présente<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/biennale-organo-au-coeur-du-corps/"> Read more</a></p>
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<p>Par Emma Callegarin</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="434" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1-1024x434.jpg" alt="Art is not dead" class="wp-image-936" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1-1024x434.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1-300x127.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1-768x326.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1-500x212.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1-800x339.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1-1280x543.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/119670858_3101751143267614_8234011320438811158_o-1.jpg 1500w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Organo, manifestation <a href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">artistique</a> autour du corps et des arts visuels présente une 6<sup>e</sup> édition débordante et saturée sur le thème « Couleur augmentée ». La biennale se tiendra du 29 mai au 6 juin prochain aux Vivres de l’Art. Cet événement, véritable laboratoire de découvertes et d’expérimentations artistiques, présente une exposition et des performances où visiteurs, <a href="http://kaleidoscopelab.fr/projets/">plasticiens, performeurs, vidéastes, photographes et universitaires</a> peuvent se rencontrer et échanger dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Rencontre avec Nathalie Canals, sa fondatrice !</p>



<p><em>«&nbsp;Organo, la biennale cyberpunk la plus innovante de notre monde de l’art à l’état gazeux&nbsp;»</em>    Bernard Lafargue, critique d’art</p>



<p><strong>Pour commencer, est-ce que vous pourriez vous présenter, nous parler de votre parcours&nbsp;?</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Nathalie-portrait-725x1024.jpg" alt="Portrait Nathalie Canals" class="wp-image-937" width="221" height="311" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Nathalie-portrait-725x1024.jpg 725w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Nathalie-portrait-768x1084.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Nathalie-portrait-500x706.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Nathalie-portrait-800x1130.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Nathalie-portrait.jpg 1000w" sizes="(max-width: 221px) 100vw, 221px" /><figcaption>Portrait de Nathalie Canals par Adrien Blatzezyk</figcaption></figure></div>



<p>Je suis la fondatrice et la Directrice artistique de la <strong>biennale Organo</strong> et de l’association <strong>Totoche Prod</strong>, structure organisatrice de l’événement. Pour ce qui est de mon parcours d’études, j’ai obtenu une maîtrise d’information et de communication au SICA (Science de l’Information, de la Communication et des Arts) à Bordeaux puis quelques années plus tard, en formation continue, j’ai suivi le DU « Conception de projets et médiation culturelle » ainsi que « Technologies du multimédia ». J’ai également suivi les cours d’art contemporain &amp; de design graphique durant 4 années aux auditeurs libres des Beaux-Arts de Bordeaux. Pendant de nombreuses années, j’ai été chargée de communication dans le milieu socio-culturel et artistique (danse, théâtre, musique) et travaille depuis une dizaine d’année à l’éducation nationale. </p>



<p>En parallèle de mes activités professionnelles et suite à mon engagement militant à l’association Lesbian &amp; gay Pride Bordeaux avec laquelle j’ai organisé 3 expositions autour du corps queer, mon goût pour l’art contemporain m’a amenée à fonder en 2005 l&#8217;association Totoche Prod afin de produire (créer, concevoir) des événements artistiques qui permettent de concrétiser toutes les idées et tous les projets qui bouillonnaient dans ma tête ! Depuis sa création en 2005, une trentaine d’événements (expositions d’art contemporain &amp; performances) ont été organisés et plus d’une centaine d’artistes ont été présentés. Aujourd’hui, l’événement phare de l’association est la biennale ORGANO que j’ai créée en 2011.</p>



<p><strong>Quel est votre rapport à l’art en général et plus précisément aux arts visuels&nbsp;tels que mobilisés pendant Organo ?</strong></p>



<p>Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été très attirée par les images. Pour la petite anecdote, j’ai très tôt réalisé des collages dans lesquels je transformais les corps en êtres hybrides, je leur changeais les yeux, leur échangeais la tête, leur mettais des corps d’animaux… Au fil du temps, mon attirance pour l’esthétique des corps transformés, mutants et des personnages excentriques m’ont amenée à découvrir le travail artistique d’<a href="https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ORLAN</a>, de Matthew Barney et de Leigh Bowery. Cela a fait l’effet d’une révélation, d’une évidence&nbsp;!&nbsp; Le sujet du corps dans l’art contemporain, notamment le corps hybride, augmenté, transformé ou encore numérique, est devenu « mon » sujet. Les thèmes des biennales y sont d’ailleurs directement connectés.&nbsp; Proposer des réflexions plastiques et esthétiques sur les corps contemporains et ses représentations dans les arts visuels actuels constitue la colonne vertébrale de la biennale. L’art est vivant, il doit bousculer notre perception et notre façon d’être au monde&nbsp;!&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="667" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/alexandre-courbin2_1.jpg" alt="Organo #5" class="wp-image-938" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/alexandre-courbin2_1.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/alexandre-courbin2_1-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/alexandre-courbin2_1-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/alexandre-courbin2_1-500x334.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/alexandre-courbin2_1-800x534.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/alexandre-courbin2_1-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption><br>Organo #5 «&nbsp;Carnation Végétale&nbsp;» Copyright&nbsp;: Alexandre Courbin</figcaption></figure>



<p><strong>Organo est-il un évènement engagé&nbsp;? Si oui, pourriez-vous nous parler des valeurs que met en avant la biennale&nbsp;?</strong></p>



<p>La biennale se définit comme un événement engagé. Je suis convaincue que l’art est un média essentiel, privilégié pour témoigner de notre perception au monde, de notre modernité et des interactions du corps à notre environnement. Par la singularité de ses thèmes et sa programmation, exigeante et audacieuse, Organo cherche à questionner notre société contemporaine à travers des propositions novatrices et alternatives.&nbsp;</p>



<p>La biennale est un événement qui se veut inclusif. L’atmosphère conviviale et la politique tarifaire permet un accès à tous&nbsp;! Pour la prochaine édition, un intérêt particulier sera porté aux personnes en situation de handicap.&nbsp; Pour cela, nous travaillons en collaboration avec des associations spécialisées. Des visites et des ateliers d&#8217;arts visuels seront organisés avec des personnes cérébrolésées et un accueil de personnes malvoyantes sera également possible grâce à la réalisation de plaques connectées.</p>



<p>Nous sommes également engagés sur l’égalité homme-femme. Une attention très particulière est d’ailleurs portée sur la sélection des artistes afin que l&#8217;égalité entre les femmes et les hommes artistes soit respectée.</p>



<p><strong>Monter un tel évènement doit demander beaucoup d’organisation, comment faites-vous&nbsp;?</strong></p>



<p>Le travail d’organisation de la biennale s’articule autour de 3 axes principaux&nbsp;:&nbsp;</p>



<p>En 1<sup>er</sup> lieu, la conception, qui est en quelque sorte l’idée et le choix du thème. Cette partie, solitaire, dans l’ombre, me stimule et me plaît beaucoup ; J’aime particulièrement chercher et repérer des artistes ainsi que réfléchir à des thématiques, et à des lignes esthétiques originales. Mon ordinateur est rempli d’artistes, d’idées, de références et d’images !</p>



<p>La 2<sup>e</sup> phase est le choix des œuvres et l’élaboration du projet artistique.  Les œuvres les plus pertinentes ou les plus impertinentes ! en rapport avec le thème sont sélectionnées puis le projet prend forme.</p>



<p>Vient ensuite la 3<sup>e</sup> phase où tout s’accélère : le suivi et la réalisation du projet !  Une bonne coordination de l’ensemble des acteurs est essentielle. Car, pour exister, la biennale a besoin de beaucoup de personnes : l’équipe, les artistes, les performeurs, les techniciens, les partenaires, les bénévoles, etc. Et comme les moyens financiers ne sont pas importants, et qu’il y a beaucoup de choses à faire et à penser, l’énergie et l’engagement de tous <strong>sont primordiaux</strong>!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="714" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Jean-Mary2.jpg" alt="Organo #3 " class="wp-image-939" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Jean-Mary2.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Jean-Mary2-300x214.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Jean-Mary2-768x548.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Jean-Mary2-500x357.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Jean-Mary2-800x571.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Organo #3 «&nbsp;Sexe du futur&nbsp;»- Performance Quimera Rosa- Copyright&nbsp;: Jean-Mary </figcaption></figure>



<p><strong>Vous travaillez avec des partenaires pour monter la Biennale&nbsp;?</strong></p>



<p>Depuis sa première édition, Organo se caractérise par une organisation qui maximise les ressources pour accueillir et soutenir les artistes dans les meilleures conditions. Elle est donc rendue possible grâce à l’engagement de nos partenaires. Ils font partie intégrante du projet et ont un rôle essentiel à notre réussite. Pour l’édition 2021, nous continuons de consolider les liens avec ceux de longue date.&nbsp;</p>



<p>Nous avons des partenaires très fidèles qui nous accompagnent depuis plusieurs années ! Les Vivres de l’Art nous accueillent depuis 2017; la recyclerie D’éco Solidaire nous fournit du mobilier de récupération pour la scénographie, Boesner nous fournit du matériel,  le laboratoire de recherche MICA de l’université Michel de Montaigne à Bordeaux participe activement à nos conférences, le château Marzin organise des dégustations de vin, le salon de thé bio Chat noir Chat vert accueille nos réunions tout au long de l’année et  assure la restauration de la biennale ou encore la librairie Mollat qui met à disposition sa vitrine du rayon Arts avec l’affiche d’Organo et une sélection de livres thématiques.</p>



<p>Nous mettons parfois aussi en place des partenariats ponctuels, comme par exemple, Arts promotion Centre Finlande qui nous permis d’accueillir l’artiste franco-finlandaise Christelle Mas pour Organo #5 ou encore l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris Cergy qui a permis à l’artiste parisien Adrien Blatzezyk de présenter des tirages de grande qualité pour la biennale Organo #4.</p>



<p>Cette année, nous travaillons avec l’association KLAC (Kaléidoscope Laboratoire Culturel) et nous nous associons à de nouveaux partenaires comme TCA association Tout Cérébrolésé Assistance, Kleidi de l&#8217;Université Bordeaux Montaigne qui, par un dispositif de plaques connectées, permet l’accès des œuvres aux personnes malvoyantes ou encore le Saki Noir avec qui nous organisons des workshops et des ateliers numériques « Le son des couleurs&nbsp;». &nbsp;</p>



<p><strong>Est-ce que vous pourriez me parler de l’équipe qui travaille sur le projet&nbsp;?</strong></p>



<p>La biennale Organo est donc organisée par l’association <strong>Totoche Prod</strong>, une petite équipe féminine, bénévole et très investie avec Marie-Elisabeth Siberchicot présidente, Aurélie Martinez, secrétaire, Ophélie Ahmad Adnet, trésorière puis Sophie Sourillan, scénographe et coordinatrice artistique, et moi-même.</p>



<p>La charge et la spécificité du travail devenant de plus en plus exigeantes et pointues au fil des éditions, Organo s&#8217;est dotée d&#8217;un régisseur professionnel, Marc Simon et d&#8217;un chargé de projets Carlos Olivera (Association KLAC).</p>



<p>Organo c’est aussi des bénévoles fidèles et indispensables, Estelle, Marie-Noëlle, Dominique, Inès, Alexandre, Audrey, Mathieu, Alexandre, Anne, Laure &#8230;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="667" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Courbin2.jpg" alt="Organo #4" class="wp-image-940" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Courbin2.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Courbin2-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Courbin2-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Courbin2-500x334.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Courbin2-800x534.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Courbin2-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Organo #4 «&nbsp;Seconde peau » -Performance Cie l’Envers du Décor-Copyright&nbsp;: Alexandre Courbin</figcaption></figure>



<p><strong>Qu’est-ce que vous cherchez à produire comme effet sur les visiteurs de cet évènement&nbsp;? Une émotion&nbsp;? Une réflexion autour du corps&nbsp;?</strong></p>



<p>L’idée d’Organo est vraiment de créer un espace convivial, créatif, dynamique et bourré d’énergie, un lieu de rencontres et d’échanges qui amènent les visiteurs à découvrir des œuvres inattendues, hors normes qui les interrogent sur l’art, le corps contemporain et sur la société d’aujourd’hui dans une ambiance chaleureuse voire festive&nbsp;!</p>



<p>Le corps est un objet artistique et politique, il est un moyen privilégié de véhiculer des messages, de questionner notre environnement ou de montrer qui nous sommes<strong>. </strong>Même si Organo s’oriente plutôt vers les thématiques des corps hybrides, transformés, augmentés et qu’elle relie souvent l’art à la science, il n’en reste pas moins que ces regards restent des sujets politiques, sociaux qui questionnent sans cesse notre rapport au monde et notre devenir.</p>



<p>Aujourd’hui, dans une époque du tout numérique, où les nouvelles technologies sont omniprésentes et où le corps semble mis à mal par la société, notre rapport au corps est vraiment en plein mutation.</p>



<p><strong> «&nbsp;Couleur augmentée&nbsp;», que faut-il entendre par le thème de cette année&nbsp;?</strong></p>



<p>Depuis sa première édition en 2011, la biennale Organo a toujours réussi à créer des univers déjantés, hors normes et inattendus&nbsp;!&nbsp; Chaque édition, pensée comme une création, met en scène une vingtaine d’artistes plasticiens et de performeurs renommés. Cette effervescence artistique autour d’une thématique singulière pour chaque édition, permet des moments et des découvertes artistiques intenses. La richesse des propositions laisse la part belle à la créativité et permet à Organo d’être un espace de réflexions plastiques et esthétiques autour de ces deux notions, corps et explorations artistiques innovantes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="577" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Laurent-crevon-1024x577.jpeg" alt="Laurent Crevon" class="wp-image-941" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Laurent-crevon-1024x577.jpeg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Laurent-crevon-300x169.jpeg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Laurent-crevon-768x433.jpeg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Laurent-crevon-500x282.jpeg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Laurent-crevon-800x451.jpeg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/03/Laurent-crevon.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Laurent Crevon – Glitch pop Lagy Gaga</em></figcaption></figure>



<p>La 6<sup>ème</sup> édition de la biennale Organo se propose de créer un événement ultra-coloré, où les artistes sont invités à s’interroger sur notre perception de la couleur et nos capacités à les transformer, à les amplifier. Nous connaissons l’humain augmenté, résultant de modifications corporelles visant à améliorer ses performances et à augmenter ses capacités. La réalité augmentée désigne une interface virtuelle, en 2D ou en 3D, qui vient enrichir la réalité en y superposant des informations complémentaires. Qu’en est-il de notre perception colorée&nbsp;? Sommes-nous en capacité de l’amplifier&nbsp;?&nbsp; Qu’expriment alors des couleurs augmentées&nbsp;dans les pratiques artistiques actuelles analogiques, numériques et connectées&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>L&#8217;édition s&#8217;annonce très colorée avec 20 artistes aux propositions très diversifiées ! Des œuvres numériques surprenantes comme celles de Laurent Crevon qui traduisent les processus binaires sous-jacents d’images et de films en informations visuelles, les immenses photographies de Laurent Chiffoleau qui nous donnent à voir un intérieur ultra colorisé de nos neurones, il y aura beaucoup de belles découvertes&nbsp;!</p>



<p>Pour le moment, nous avons décidé d&#8217;annuler les performances et de maintenir l’exposition. Mais il est possible que les Vivres de l’Art ne puisse pas ouvrir leurs portes&nbsp;! Si c’est le cas, nous reporterons l’ensemble de l’événement en mai 2022.</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="http://www.totocheprod.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site </a>de la biennale </p>



<p>Page Facebook d’<a href="https://www.facebook.com/OrganoBiennalecorpsEtArtsVisuels" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Organo</a> </p>
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		<title>En chair et en art: portrait d&#8217;ORLAN</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 09:15:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&#160;: Studio ORLAN Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&nbsp;: Studio ORLAN</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="642" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png" alt="" class="wp-image-897" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-300x188.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-768x482.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-500x314.png 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-800x502.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1280x803.png 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1536x963.png 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10.png 1566w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus grandes artistes plasticiennes françaises.</p>



<p>Elle <a href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">utilise la sculpture, la photographie</a>, la performance, la vidéo, la réalité augmentée ainsi que la chirurgie et les biotechnologies, déréglant les conventions, les prêt-à-penser.</p>



<p>Cette artiste engagée corps et art a accepté de répondre à mes questions.</p>



<p><strong>Votre nom d’artiste, ORLAN, est tiré de votre nom, est-ce que vous pourriez me parler de l’origine de ce pseudo&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="640" height="800" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg" alt="" class="wp-image-898" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg 640w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-240x300.jpg 240w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-500x625.jpg 500w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption><em>Self-Hybridizations, Portrait d’ORLAN et&nbsp;Agatha Ruiz de la Prada,2007</em></figcaption></figure>



<p>L’origine de ce pseudo est une séance chez le psychanalyste. Lors de notre troisième séance, il m’a demandé de ne plus le payer par chèque, mais en espèces. Alors que je lui signais son dernier chèque, il a brutalement changé d’avis et m’a demandé de lui re-signer un chèque à notre prochaine séance.</p>



<p>Juste avant la séance suivante, j’ai compensé en m’achetant une paire de chaussures, histoire d’être «&nbsp;bien dans mes pompes&nbsp;» ! Lors de mon passage en caisse, alors que je signais un chèque pour régler les chaussures j’ai vu ce que lui-même avait vu, ce que je n’avais jamais vu, ce que mes parents, mes amant.e.s, mes ami.e.s n’avaient jamais relevé. Je m’étais identifiée à une signature qui n’était pas mon nom de famille, car le P était remplacé par un M, initiale du prénom donné par mes parents, elle disait MORTE au lieu de PORTE. Instantanément, la psychanalyse a commencé à me plaire. J’étais scotchée ! J’y suis donc retournée en lui affirmant avec détermination que je ne serais plus jamais morte en minuscules comme en majuscules. Je lui ai dit que je voulais me renommer, que mon statut d’artiste m’offrait la possibilité de changer de patronyme.</p>



<p>J’ai voulu garder ce qui était positif dans le mot, la syllabe «&nbsp;OR&nbsp;», je me suis donc appelée «&nbsp;ORLAN&nbsp;», à l’écoute il peut s’entendre OR LENT. Mon nom ORLAN fait partie de la réinvention de moi, de la re-fabrication de moi et tout ce que j’ai fait est une rupture avec la filiation, avec le nom du père et le corps de la mère. Mon nom s’écrit chaque lettre en majuscules, car je ne veux pas qu’on me fasse rentrer dans les rangs.&nbsp;J’ai souvent dû lutter pour que les gens écrivent mon nom en majuscules. Wikipédia indique par exemple : «&nbsp;Orlan veut que son nom soit écrit en majuscules&nbsp;» tout en l’écrivant en minuscules. Il y a un refus sociétal unanime d’empêcher mon nom de sortir de la ligne, alors que c’est tellement important pour moi et pour mon œuvre.</p>



<p><strong>Dans un monde où l’on voit de plus en plus d’art fleurir, qu’est-ce qu’une œuvre d’art&nbsp;pour vous ?</strong></p>



<p>J’essaie d’être totalement habitée par l’art.</p>



<p>Je suis dans l’art, je ne fais que de l’art, l’art m’imbibe, l’art me nourrit, l’art m’érotise, l’art m’enthousiasme, l’art me construit, l’art me hante, l’art m’enchante, l’art me transforme, l’art me porte, l’art est le fini au-delà de l’infini.</p>



<p>Sans lui, je ne sais pas vivre&nbsp;!</p>



<p>C’est mon pare-chocs, mon paratonnerre, il me montre un chemin possible parmi tous les chemins, un chemin qui pour moi est une exaltation luxuriante, permanente, une corne d’abondance.</p>



<p>Il dessine, il sculpte, il interroge ma vie.</p>



<p>C’est un ciment, il panse les déchirures, les blessures.</p>



<p>C’est un amant&nbsp;! Je l’ai dans la peau, je ne peux me passer de lui, il ne peut se passer de moi.</p>



<p>C’est un soleil.</p>



<p>C’est une passion, c’est un grand AMOUR, et c’est pour la vie !</p>



<p>Je suis artsexuelle. ARTSEXUELLE.</p>



<p><strong>Vous utilisez des médiums très divers allant de la photo, à la sculpture en passant par le collage et la performance, les envisagez-vous de la même façon&nbsp;? Y en a-t-il un qui a votre préférence&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis une artiste qui n’est pas assujettie aux technologies ou aux matériaux, ce qui est essentiel pour moi c’est de dire quelque chose de très important pour mon époque mais avec une distance critique.</p>



<p>Mon œuvre est d’abord un concept, une démarche et ensuite j’essaie de trouver la bonne matérialité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="681" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-899" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-300x199.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-768x511.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-500x332.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-800x532.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1280x851.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-360x240.jpg 360w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1.jpg 1522w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>ORLAN-OÏDE,&nbsp;2018</em></figcaption></figure>



<p>J’ai travaillé en vidéo, beaucoup en photo, en sculpture qu’elle soit en résine, en marbre, en 3D printing mais j’ai travaillé aussi avec les biotechnologies mon microbiotes et mes propres cellules que j’ai cultivé. Je m’intéresse donc à tout ce qui est art et sciences, art et médical. J’ai d’ailleurs également travaillé avec la chirurgie mais aussi avec l’intelligence artificielle et la robotique. </p>



<p><strong>Votre œuvre traite du corps dans toute sa matérialité, quel est votre rapport aux corps d’aujourd’hui&nbsp;? Aux canons de beauté en général&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me suis élaborée une nouvelle image pour remettre en question mon image et bien sûr que ce corps, que je me suis inventée qui est différent des autres et dont je suis fière, me plaît énormément. Je suis pour les identités nomades, mouvantes, mutantes. Pour moi la beauté c’est une « Tentative de sortir du cadre », de toutes les pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne. </p>



<p>J’ai fait placer de chaque côté du front des implants, habituellement mis pour rehausser les pommettes ce qui me sert à remettre en question nos standards de beauté car si l’on me décrit comme une femme qui a deux bosses sur les tempes, on peut me considérer comme un monstre indésirable, si l’on me voit cela peut changer. Mes bosses sont devenues des organes de séduction.</p>



<p><strong>Vous avez choisi de travailler avec votre corps et non celui d’une tierce personne, pourquoi cela&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis tantôt sujet, tantôt objet et je passe de l’un à l’autre.</p>



<p>Toute mon œuvre interroge le statut du corps dans la société via toutes les pressions, qu’elles soient culturelles, traditionnelles, politiques ou religieuses et toutes ces pressions s’inscrivent dans les corps et en particulier dans le corps des femmes.</p>



<p>Plutôt que de vérifier mon image, je la confronte aux pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne.</p>



<p>Je dis &#8220;ceci est mon corps… ceci est mon logiciel” car je veux montrer ce que devient un corps qu’en son autoportrait est réalisé à partir d’une réflexion sur les phénomènes de sociétés qui ont à voir avec le corps.</p>



<p><strong>Dans vos différentes séries « Self-hybridation » vous utilisez votre visage selon les critères de beauté de cultures variées (asiatique, africaine, amérindienne, …), quel était le but de ces photos ?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="753" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg" alt="" class="wp-image-900" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg 753w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-300x239.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-500x398.jpg 500w" sizes="(max-width: 753px) 100vw, 753px" /><figcaption><em>Self-hybridation africaine, Femme Surmas avec Labret et Visage de Femme Euro-Stéphanoise avec bigoudis, 2002</em><br>&nbsp;</figcaption></figure>



<p>« Self-hybridation Africaine » est une série en noir et blanc car je travaille à partir de photos ethnographiques. « Femme Surmas avec labret et visage de femme euro-stéphanoise » est la représentation d’une femme qui a non seulement un très grand labret mais qui parait très sûre et heureuse de sa séduction donc de son effet sur les hommes de sa tribu car c’était les femmes avec les plus grands labrets qui faisaient le plus bander les mecs. Pourtant, si nous nous faisions mettre un très grand labret actuellement, nous serions considérées comme des monstres indésirables. Je voulais dire à travers cette œuvre que la beauté est une question d’idéologie dominante, qui fait qu’en un point géographique et historique on nous désigne ce qui est beau et donc les modèles qu’il nous faut imiter.</p>



<p><strong>Récemment vous avez proposé « Les femmes qui pleurent sont en colère&nbsp;», une série engagée qui met en lumière les modèles, les muses des artistes, en quoi était-il important pour vous de rendre leur place à ces femmes de l’ombre&nbsp;?</strong></p>



<p>Ces œuvres sont des hybridations de mon visage, et de la série de portraits de Dora Maar et un portrait de Jacqueline Roque peints par Picasso. Il était primordial pour moi de mettre en lumière les femmes de l’ombre, les oubliées de l’Histoire de l’Art, qui ont beaucoup donné pour le succès de nos grands maîtres en recevant rarement une quelconque reconnaissance. Cette nouvelle série est une destruction-construction et création de la figure féminine qui kaléidoscopie le monde auquel elle se mêle. Il s’agit de faire passer de femmes objets à femmes sujets des femmes qui à travers leurs larmes se mettent à hurler de colère, à s’émanciper. Mon œuvre, politique et féministe, se fonde sur la recherche visuelle de visages d’horreur, de peur et de grandeur.</p>



<p>Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas eu de grandes femmes artistes ? se demandait ironiquement Linda Nochlin dans son brillant article paru en 1971. C’est pour que la question ne se pose plus que j’ai œuvré toute ma vie à travers mes œuvres et mes actions personnelles pour qu’enfin les femmes artistes existent au-delà de leur genre, au-delà des limitations imposées par la société.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="542" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png" alt="" class="wp-image-901" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-300x203.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-768x520.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-500x339.png 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>Les Femmes qui pleurent sont en colère n°4, 2019</em></figcaption></figure>



<p><strong>Dans votre travail vous repoussez les limites du corps en le déformant, le modelant, que ce soit physiquement ou par des outils plastiques, vous mettez-vous des limites dans votre pratique artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je veux garder ma sérénité, je ne vais pas au-delà mais il me paraît impossible de créer librement à cause de la censure de la nudité&nbsp;: sur <a href="https://www.facebook.com/orlan.aaka.1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Facebook</a> ou sur <a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> quand je publie des œuvres anciennes, comme mes Corps-Sculptures, sur lesquelles on voit un sein ou un sexe, je suis automatiquement censurée et mon contenu, mes œuvres, sont supprimés.&nbsp;</p>



<p>Les temps changent, et ce que l’on a acquis ne l’est jamais définitivement. Il faut toujours se battre pour que les choses les meilleures ne soient pas interdites, censurées, prohibées.</p>



<p><strong>Beaucoup de vos œuvres ont été l’objet de débat, je pense notamment à celle que vous avez présenté à la<a href="https://www.fiac.com/en-gb.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> FIAC</a> de 1977 intitulée «&nbsp;Le baiser de l’artiste&nbsp;» qui montre les deux stéréotypes auquel se confronte une femme dans la société&nbsp;: la sainte, la madone contrastant avec l’embrasseuse, est-ce que vous pensez que ce qu’elle dénonce est encore d’actualité en 2020&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>En 1975, j’ai créé l’œuvre du Baiser de l’artiste, qui illustrait le texte «&nbsp;Face à une société de mères et de marchands&nbsp;», dans lequel je citais Marie et Marie-Madeleine, deux stéréotypes auxquels on peut difficilement échapper quand on est femme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="761" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg" alt="" class="wp-image-902" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg 761w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-300x237.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-500x394.jpg 500w" sizes="(max-width: 761px) 100vw, 761px" /><figcaption><em>Le baiser de l’artiste, 1975</em></figcaption></figure>



<p>L’idée était de présenter sur le même piédestal, d’un côté l’image de Sainte-ORLAN grandeur nature devant laquelle il serait possible d’allumer un cierge pour 5 francs, et de l’autre une sorte de distributeur automatique créé avec une photo de mon torse nu, dont j’avais remplacé l’œsophage par un plastique armé de métal avec lequel j’ai construit aussi un pubis triangulaire. Ce dernier arrivait entre mes jambes et pouvait recevoir les pièces de 5 francs et je devenais une sorte de distributeur automatique de French kiss en activant la sculpture.</p>



<p>Plus que jamais, cette œuvre est d’actualité. Plus que jamais on demande aux femmes de choisir, entre Marie et Marie-Madeleine.</p>



<p><strong>On considère la performance comme quelque chose qui advient dans une temporalité donnée, pourtant lors de «&nbsp;surgery performance&nbsp;» vous avez transformé votre corps de manière permanente grâce à la chirurgie esthétique, comment cela vous est-il venu comme idée&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai voulu reprendre les ingrédients de mon travail pour élaborer une performance sans être parjure à moi-même, une performance en continuité de mes démarches précédentes, une performance tournée vers le futur, utilisant des techniques de pointe&nbsp;; suivant une de mes devises préférées&nbsp;: «&nbsp;Souviens-toi du futur.&nbsp;» Une performance radicale pour moi-même et au-delà de «&nbsp;moi-m’aime » &#8230;&nbsp;</p>



<p>C’est à la lecture d’un texte d’Eugénie Lemoine-Luccioni, psychanalyste lacanienne, que l’idée de ce passage à l’acte m’a traversée.</p>



<p>«&nbsp;La peau est décevante (&#8230;) dans la vie on n’a que sa peau (&#8230;), mais il y a maldonne dans les rapports humains parce que l’on n’est jamais ce que l’on a&nbsp;(&#8230;)&nbsp;; j’ai une peau d’ange, mais je suis chacal, une peau de crocodile, mais je suis toutou, une peau de Noir, mais je suis un Blanc, une peau de femme, mais je suis un homme&nbsp;; je n’ai jamais la peau de ce que je suis. Il n’y a pas d’exception à la règle parce que je ne suis jamais ce que j’ai.&nbsp;» En lisant ce texte, j’ai pensé qu’à notre époque nous commencions à avoir les moyens de réduire cet écart ; en particulier à l’aide de la chirurgie&#8230;&nbsp;Il devenait alors possible de ramener l’image interne à l’image externe ou de s’attaquer au masque de l’inné en se re-sculptant.</p>



<p><strong>Cette utilisation de la chirurgie diffère de ses usages traditionnels, était-ce une façon de se poser en opposition de la société moderne et à sa recherche d’uniformité physique&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="581" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg" alt="" class="wp-image-903" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-300x218.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-768x558.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-500x363.jpg 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>9éme chirurgie performance, New York, 14 décembre, 1993</em></figcaption></figure>



<p>Je suis la première artiste à utiliser la chirurgie comme médium et à détourner la chirurgie esthétique de son objet&nbsp;: l’amélioration, le rajeunissement. Certaines féministes me reprochent de promouvoir la chirurgie esthétique. Bien évidemment elle ne doit pas devenir obligatoire&nbsp;!</p>



<p>Là encore, la pression sociale ne doit pas prévaloir sur le désir individuel et sur l&#8217;autoportrait.</p>



<p>On m’a souvent rétorqué qu’utiliser la chirurgie n’était pas naturel&nbsp;! Ce n’est effectivement pas naturel qu’elle soit esthétique ou pas et prendre des antibiotiques pour ne pas mourir d’une infection ne l’est pas davantage&nbsp;!&nbsp;C’est une expérience de notre siècle, un des possibles&#8230; au choix… Le maquillage, la teinture des cheveux, la peinture sur corps également ne sont pas naturels, pourtant ils posent bien moins de problèmes et existent dans de nombreuses cultures sous forme de peintures corporelles, de scarifications, de modifications…</p>



<p><strong>En 2020 vous avez sorti un «&nbsp;autoportrait en Clown&nbsp;», quels sont vos projets pour l’année à venir&nbsp;?</strong></p>



<p>Dès le premier jour du confinement, je me suis rappelé ce défi lancé par mon remarquable ami Donatien Grau me suggérant publiquement d’écrire mon autobiographie.</p>



<p>Pour moi c’est semblable à créer une œuvre avec ma vie et / ou à l’organisation d’une rétrospective de mes œuvres : ça permet forcément de faire le point avec distance. Ma biographie sera une œuvre parmi mes œuvres. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’elle sera publiée aux Éditions Gallimard pour le 8 Mars, en l’honneur de la journée de la femme. Elle s’intitulera “ORLAN strip-tease : tout sur ma vie, tout sur mon art”.</p>



<p>J’aime considérer la vie comme un phénomène esthétique récupérable, ce confinement m’a servi aussi à créer de nouvelles séries, des dessins, des peauaimes, des photomontages…</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="http://orlan.eu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site </a>d’ORLAN&nbsp; </p>



<p><a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> d’ORLAN&nbsp;</p>



<p>Lire plus d&#8217;interviews sur le blog de <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">KLAC</a></p>
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		<title>Parenthèse onirique : immersion dans le travail du photographe Arnaud Bertrande</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2020 09:12:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photo&#160;: Arnaud Bertrande La pose longue est l’une des clefs du travail envoûtant d&#8217;Arnaud Bertrande qui lui permettent de saisir des villes où tout semble suspendu, des cascades dont l’eau paraît presque cotonneuse, des crêtes montagneuses au noir et blanc intense, … Par ses<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/arnaud-bertrande/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photo&nbsp;: Arnaud Bertrande</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Jokulsarlon.jpg" alt="Jokulsarlon, photo d'Arnaud Bertrande " class="wp-image-886" width="580" height="386" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Jokulsarlon.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Jokulsarlon-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Jokulsarlon-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Jokulsarlon-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Jokulsarlon-800x534.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Jokulsarlon-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 580px) 100vw, 580px" /></figure>



<p>La pose longue est l’une des clefs du travail envoûtant d&#8217;<strong>Arnaud Bertrande</strong> qui lui permettent de saisir des villes où tout semble suspendu, des cascades dont l’eau paraît presque cotonneuse, des crêtes montagneuses au noir et blanc intense, …</p>



<p>Par ses compositions minimalistes et son regard particulier et pertinent sur la nature et les villes qui nous entourent, ses photos arrêtent le temps et invitent à considérer la réalité sous un nouvel angle.</p>



<p><strong>Vous avez commencé la photo il y a longtemps déjà, est-ce que vous pourriez me parler de votre rapport avec ce médium&nbsp;?</strong></p>



<p>La photo est un hasard plus qu’une suite logique. Lorsque j’étais plus jeune, j’utilisais régulièrement un petit appareil photo pendant les vacances&nbsp;? Avec le temps j’ai décidé d’acheter un appareil plus perfectionné et de faire directement de la technique photo, et non pas de la photo classique. Cette volonté de vraiment me concentrer sur la manière de faire de la photo, sur l’aspect technique vient d’une rencontre que j’ai faite en Angleterre. J’y ai croisé quelqu’un qui faisait de la pose longue et ça m’a surpris, j’en ai discuté avec lui et je me suis rendu compte des possibilités que ça offrait.</p>



<p> J’ai eu envie de tester et c’est cela qui m’a poussé à acheter un appareil au départ. Finalement j’ai travaillé, j’ai exploré cette technique photo et j’ai commencé à me faire plaisir avec des clichés plus minimalistes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="675" height="450" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Landmannalaugar.jpg" alt="Landman nalaugar, photo d'Arnaud Bertrande " class="wp-image-887" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Landmannalaugar.jpg 675w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Landmannalaugar-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Landmannalaugar-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Landmannalaugar-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 675px) 100vw, 675px" /></figure>



<p><strong>Vous arrivez à vivre de votre art&nbsp;?</strong></p>



<p>Aujourd’hui vivre de la photo peut être compliqué, je gagne ma vie mais je ne peux pas vous dire que c’est grâce uniquement au côté artistique de mon métier. Je vis de ma passion mais pas de mon art.</p>



<p>C’est surtout la prestation qui me fait vivre, ça va être tourné vers l’architecture qui était un sujet qui me plaisait déjà, et je fais aussi des reportages photos.</p>



<p>Je trouve que ce sont deux casquettes qu’il est compliqué de porter en même temps, je n’ai pas le même regard et la même approche pour la photo d’art et les reportages.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Black-guardian.jpg" alt="Black guardian, photo d'Arnaud Bertrand " class="wp-image-888" width="343" height="343" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Black-guardian.jpg 900w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Black-guardian-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Black-guardian-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Black-guardian-768x768.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Black-guardian-500x500.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Black-guardian-800x800.jpg 800w" sizes="(max-width: 343px) 100vw, 343px" /></figure></div>



<p><strong>Lorsque l’on regarde vos photos, elles sont très épurées, minimalistes comme vous le dites. Comment est-ce que vous décririez votre style ?</strong></p>



<p>Je ne pense pas avoir « un style », mon travail est vraiment très diversifié. Je pars dans des directions très différentes, par exemple je peux partir sur de la pose longue avec un travail en noir et blanc plutôt minimaliste, je fais aussi du noir et blanc beaucoup plus intense. Ensuite, j’ai créé des séries sur l’architecture, qui alternent entre couleur et noir et blanc selon mes goûts et les demandes. Mon travail est assez vaste, je me laisse porter par ce que j’ai envie de faire. Il y a toujours cette petite touche de pose longue, ma marque de fabrique, parce que ça amène quelque chose qui me transporte et transporte aussi ceux qui regardent mon travail.</p>



<p><strong>Cette pose longue confère à votre travail une dimension onirique, est-ce que cette technique est un moyen d’appréhender une réalité différente&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, tout à fait. Mais je pense que c’est propre à chaque photographe qui utilise cette technique, c’est artistique.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="300" height="450" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Utakleiv-.jpg" alt=" Utakleiv, photo d'Arnaud Bertrande " class="wp-image-889" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Utakleiv-.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Utakleiv--200x300.jpg 200w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure></div>



<p>Je crois que chaque œil a sa sensibilité, c’est ce qui fait que l’on a envie de relater une histoire où quelque chose à travers un travail minimal, et ce peu importe le médium, que ce soit par une photo, un dessin ou une technique utilisée pour raconter ça. La richesse de l’art, c’est de transmettre notre ressenti par notre travail.</p>



<p>Vous parlez d’onirisme, je pense que ça dépend de l’approche que l’on a avec la pose longue. Le fait de devoir utiliser des filtres pour que la photo ne soit pas trop claire et de régler le temps de pose de façon à ce qu’il soit plus ou moins long permet de vraiment explorer toutes les possibilités de la photo, il y a des variations presque infinies sur lesquelles on joue en tant que photographe.</p>



<p>La pose longue permet un autre regard sur ce qui nous entoure, en effet c’est quelque chose que l’on ne voit pas de suite. Par exemple vous allez à la mer, vous regardez les vagues se briser sur la plage, en faisant une photo avec la pose longue vous allez avoir des teintes, des contrastes, des mouvements que l’on ne voit pas. C’est la technique photo qui va permettre de les révéler. Contrairement à une photo « classique » où l’on sait déjà ce qu’on va avoir, avec la pose longue on ne connaît pas le résultat, il y a un effet de surprise pour chaque photo prise.  </p>



<p><strong>C’est un processus qui demande de la préparation et donc de l’anticipation, comment construisez-<strong>vous</strong> vos moments créatifs ?</strong></p>



<p>Pour mon travail, il y a deux façons de procéder puisqu’il se divise en deux parties : soit je voyage ou me déplace dans le but de faire une photo, soit c’est le hasard qui me porte. Par exemple je peux voir un endroit à la télévision ou en photo et me dire que j’aimerais y aller parce qu’il y a quelque chose à faire qui me semble intéressant. A l’opposé, je peux aussi être en vacances ou dans un endroit que je ne connais pas, découvrir le paysage et m’y adapter. Après, effectivement la pose longue demande du matériel, que ce soit l’appareil, le trépied ou autre il faut une organisation, la photo se réfléchit a priori. Et ce, d’autant plus que j’accorde beaucoup d’intérêt à la composition. Lorsque l’on fait de la photo, c’est l’une des premières choses que l’on vous apprend : il faut tourner autour du sujet. C’est en l’envisageant sous tous ses angles, en essayant d’y venir à des heures différentes pour en voir les lumières qu’on capture l’ambiance qui va nous plaire. La lumière reste quelque chose d’important, de magique dans le rendu d’une photo.  De cette façon on peut voir un bâtiment de manière complètement différente, le même objet change complètement.</p>



<p><strong>Vous arrivez à renouveler votre regard sur ce qui vous entoure&nbsp;?</strong></p>



<p>Mon humeur et mes envies jouent beaucoup sur l’appréciation de mon environnement. Par exemple, en ce moment je suis un peu lassé de chez moi et des pontons, je sens que j’en ai fait le tour.</p>



<p>C’est compliqué quand on est photographe de se renouveler, de voir les choses autrement par rapport à l’endroit où l’on vit. C’est justement pour ça que je bouge. Le voyage permet de se diversifier un petit peu, d’avoir le regard qui change.</p>



<p>Les rencontres avec d’autres personnes, ou photographes peuvent être un déclencheur aussi. Même parfois des partenariats enrichissants.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="675" height="450" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/la-meca-au-coucher-du-soleil-.jpg" alt="Meca, photo d'Arnaud Bertrande " class="wp-image-890" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/la-meca-au-coucher-du-soleil-.jpg 675w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/la-meca-au-coucher-du-soleil--300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/la-meca-au-coucher-du-soleil--500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/la-meca-au-coucher-du-soleil--360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 675px) 100vw, 675px" /></figure></div>



<p><strong>Vos photos se caractérisent par cette pose longue mais également par le format&nbsp;: la plupart sont de format carré. Pourquoi ce jeu de contraintes&nbsp;?</strong></p>



<p>A mes yeux, ce n’est pas vraiment une contrainte, ça dépend vraiment de mes photos.</p>



<p>Quand je suis en couleur, c’est très rare que j’utilise le format carré, ce n’est le cas presque que pour le noir et blanc.</p>



<p>Je pense que c’est plutôt une manière de voir le sujet que l’on veut photographier et qui m’aide à trouver la composition que je souhaite.</p>



<p>Le format carré est une forme de restriction parce que la taille de l’image est restreinte mais cela permet de changer le travail. Avec le temps c’est devenu une forme d’automatisme, le format carré appelle une photo plus artistique.</p>



<p>Pour vous donner un exemple, j’ai photographié la Méca, et j’ai fait à la fois de la photo au format classique en couleur, et ensuite la même photo plus artistique en noir et blanc format carré avec un travail dessus. On peut donner une autre vision à un même élément grâce à une technique photo. C’est cette dualité de vision, une plus réaliste et une autre plus artistique que j’aime dans mon travail.</p>



<p><strong>Certaines de vos photos présentent un noir et blanc particulier, comment arrivez-vous à ce résultat&nbsp;?</strong></p>



<p>Je shoot avec un appareil numérique, et j’utilise un fichier natif qui permet de travailler un maximum dans les gammes de couleurs, les basse-lumières. L’avantage de ce genre de fichier c’est que ce n’est pas destructif, on peut remettre le fichier à 0 et recommencer, ça laisse des possibilités impressionnantes pour le travail en postproduction. &nbsp; Je ne travaille pas directement en noir et blanc, je trouve que ça ne me correspond pas, il n’y a pas le rendu que je souhaite en termes d’intensité.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="900" height="900" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Totem.jpg" alt="Totem, photo d'Arnaud Bertrande " class="wp-image-891" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Totem.jpg 900w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Totem-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Totem-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Totem-768x768.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Totem-500x500.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/12/Totem-800x800.jpg 800w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure></div>



<p><strong>Les technologies bouleversent complètement le monde de la photo, comment est-ce que vous appréhendez ces transformations&nbsp;?</strong></p>



<p>La technologie évolue tellement vite, il y a tellement de flux d’images, ça soulève forcément des interrogations et des remises en question&nbsp;: comment sortir du lot et se dire que l’on va en vivre, que les photos vont plaire et que vous allez en vendre&nbsp;?</p>



<p>On met toujours la différence amateur-professionnel où le professionnel est censé en vivre et donc avoir un très bon niveau mais de nos jours un amateur peut être très bon. Je trouve que c’est quelque chose d’agréable à voir, l’image est démocratisée, accessible. Bien évidemment l’outil aide mais il y a le regard, la perception de l’image et de ce qu’on veut en faire qui est déterminant pour une belle photo.</p>



<p>C’est cette dimension de recherche qui m’intéresse dans la photo&nbsp;: trouver ce qui peut être à raconter, la façon de le faire. C’est pour ça que j’appréhende la vidéo&nbsp;différemment: pour moi elle nous donne tout à voir directement, alors que la photo oblige un regard attentif, c’est une force de l’image que j’aime beaucoup, le spectateur doit être actif.</p>



<p>Je reste ouvert à de nouvelles techniques photographiques mais expérimenter reste aussi un coût parfois, il faut du matériel, un studio, … Mais c’est enrichissant, en tant que photographe je suis tout le temps en train d’apprendre.</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="https://www.abertrande.com/photographies-dart/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site internet&nbsp;</a>d&#8217;Arnaud Bertrande : </p>



<p><a href="https://www.instagram.com/arnaudbertrande/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram </a>d&#8217;Arnaud Bertrande </p>



<p>Lire les autres articles du blog de <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">KLAC</a></p>



<p></p>
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		<title>A-MO : La jungle urbaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov 2020 11:08:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui n’a pas croisé ces grands animaux colorés sur fond noir en déambulant dans Bordeaux&#160;? Des cerfs, un phœnix, un léopard ou un panda, A-MO possède tout un bestiaire dont il se saisit pour orner les murs et les toiles. Il nous présente son univers coloré et instinctif, sa «&#160;jungle<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/a-mo-la-jungle-urbaine/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="668" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/credit-photo-MOJO.jpg" alt="" class="wp-image-872" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/credit-photo-MOJO.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/credit-photo-MOJO-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/credit-photo-MOJO-768x513.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/credit-photo-MOJO-500x334.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/credit-photo-MOJO-800x534.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/credit-photo-MOJO-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Crédit photo : MOJO</figcaption></figure>



<p>Qui n’a pas croisé ces grands animaux colorés sur fond noir en déambulant dans Bordeaux&nbsp;? Des cerfs, un phœnix, un léopard ou un panda, A-MO possède tout un bestiaire dont il se saisit pour orner les murs et les toiles.</p>



<p>Il nous présente son univers coloré et instinctif, sa «&nbsp;jungle urbaine&nbsp;» dans cette <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">interview</a>.</p>



<p><strong>Comment vous êtes-vous mis à peindre&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis autodidacte, j’ai toujours dessiné, vraiment depuis que je suis tout petit. C’est l’une des rares choses qui m’ont suivi toute ma vie. Quand j’étais ado, au milieu des années 90, je me suis passionné pour le rap et le mouvement hip hop dans sa globalité. C’est à cette époque que j’ai découvert le graffiti et me suis mis au lettrage.</p>



<p>Après quelques années et un déménagement, j’ai laissé le graffiti de côté pour travailler des techniques plus classiques telles que l’aquarelle, le pastel ou le fusain et j’adorais le travail d’esquisse.</p>



<p>Au début des années 2010, j’ai cherché à revenir à la bombe de peinture et j&#8217;ai creusé un peu dans tous les sens pour essayer de développer une pratique dans laquelle je m’amuserais vraiment. Petit à petit, au fil des ratés et des essais douteux, ce travail de recherche m’a amené à faire ce que je fais aujourd’hui.</p>



<p>Énormément d’artistes m’inspirent pour tout un tas de raisons, et ça évolue beaucoup ! Le travail d’Herakut, Etam Cru, Anthony Lister ou Inti, m’a toujours beaucoup marqué, ils ont chacun un univers qui leur est propre et dans lequel ils excellent.</p>



<p><strong>A-MO, votre pseudo, a une histoire&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>J’ai eu de nombreux pseudo étant ado, tous plus ridicules les uns que les autres mais je m’en foutais, c’était marrant ! Quand je me suis remis à la peinture murale, j’ai cherché à peindre sous un nom qui avait du sens. Je peins aujourd’hui sous le pseudo d’A-MO. Il s’agit d’un surnom que l’on me donne depuis mon enfance mais uniquement de la part de gens très proches… C’est un pseudo très court, qui se prononce facilement et qui signifie «&nbsp;j’aime&nbsp;» en espagnol et portugais. C’est un choix qui s’est imposé de lui-même pour toutes ces raisons.</p>



<p><strong>Cette pratique dont vous m’avez parlé s’illustre par une technique particulière appelée « paintag ». Est-ce que vous pourriez m’en parler ? </strong></p>



<p>Avec le mot «&nbsp;paintag&nbsp;», j’ai donné un nom à quelque chose qui avait déjà été fait bien avant moi. C’est une technique qui consiste à intégrer des tags dans une peinture, voire ne peindre qu’avec un amoncellement de tags qui se superposent.</p>



<p>Quant à leur choix, il n’y a aucune réflexion, ce sont des mots, des phrases, des lettres qui me viennent en fonction du lieu, de la thématique, du besoin esthétique… C’est quelque chose de très instinctif que je souhaite garder spontané.</p>



<p>L’objectif est pour moi d’avoir une double lecture : de près on ne voit que des tags et de loin les tags s’effacent au profit du sujet qui se dévoile. Cette technique me permet d’avoir une esthétique particulière que je développe depuis quelques années maintenant.</p>



<p>Je dirais que j’ai un style instinctif et dynamique, ce qui est dû à tous ces traits, je n’ai jamais de belles surfaces lisses.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="991" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/oeil-crocodile-tableau-streetart-paintag-art.jpg" alt="" class="wp-image-873" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/oeil-crocodile-tableau-streetart-paintag-art.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/oeil-crocodile-tableau-streetart-paintag-art-300x297.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/oeil-crocodile-tableau-streetart-paintag-art-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/oeil-crocodile-tableau-streetart-paintag-art-768x761.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/oeil-crocodile-tableau-streetart-paintag-art-500x496.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/oeil-crocodile-tableau-streetart-paintag-art-800x793.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Crédit photo : A-MO</figcaption></figure>



<p><strong>Les sujets de vos fresques sont exclusivement des animaux. Pourquoi ce choix&nbsp;? Comment décririez-vous votre rapport à la nature&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>Je cherche dans ma pratique à être le plus en phase avec moi-même et ce qui me plait, je recherche une certaine cohérence. J’ai un attachement et un intérêt particulier pour la nature dans ce que ça englobe de plus général. Je me suis donc tout naturellement mis à peindre des animaux car j’y trouve un réel intérêt et un vrai plaisir. J’ajouterai à ça que le fait de peindre des animaux en ville m’intéressait beaucoup.</p>



<p>Après, je ne suis absolument pas bloqué dans cette thématique, je ne connais pas l’évolution que va prendre mon travail. Je me laisse la liberté de prendre des chemins de traverse au fil de ma carrière et c’est ce qui rend le voyage si intéressant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="491" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/61176653_2377495179164390_5556508562177392640_o.jpg" alt="" class="wp-image-874" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/61176653_2377495179164390_5556508562177392640_o.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/61176653_2377495179164390_5556508562177392640_o-300x147.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/61176653_2377495179164390_5556508562177392640_o-768x377.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/61176653_2377495179164390_5556508562177392640_o-500x246.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/61176653_2377495179164390_5556508562177392640_o-800x393.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Crédit photo : A-MO</figcaption></figure>



<p><strong>Lors d’une performance au M.U.R, vous avez repris des animaux en voie de disparition avec écrit «&nbsp;regardez les disparaitre&nbsp;», vous avez envie que vos œuvres interpellent les gens&nbsp;? Les fassent réfléchir sur les thématiques environnementales ou sur d’autres sujets&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>L’idée de ce mur était de peindre trois oiseaux disparus ou en voie de l’être. Le texte inscrit était à lire dans les deux sens : c’est à la fois ce que nous nous disons en observant les chiffres de leur disparition mais c’est également ce que la nature pourrait se dire en nous observant… Ainsi ces trois oiseaux deviennent également spectateurs de notre propre déclin.</p>



<p>Globalement, je ne prétends pas inciter les gens à réfléchir ou à changer. Je souhaite juste leur montrer des animaux là où ils n’y pensent plus, dans un cadre qui en est dénué. Le fait de voir ces animaux les amènera peut-être à les considérer, à considérer la nature… Ou pas…</p>



<p><strong>Comment est-ce que vous travaillez, vous avez un processus créatif défini ? </strong><strong></strong></p>



<p>C’est en général le contexte qui dicte l’image, donc le mur.</p>



<p>En termes de temps, comparativement à beaucoup de muralistes, je suis assez lent : ça va évidemment dépendre de la taille du mur mais disons entre 4h et 2 jours pour un mur «&nbsp;classique&nbsp;».</p>



<p>J’aime bien garder des traces de toutes les œuvres, murales ou non, que je produis mais je n’ai aucune idée du nombre de murs que j’ai peint, il faudrait que je compte un jour…</p>



<p>Pour ce qui est des toiles, je crois que j’étais à 120 toiles environ en début d’année.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="750" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/4.jpg" alt="" class="wp-image-875" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/4.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/4-300x225.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/4-768x576.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/4-500x375.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/4-800x600.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Crédit photo : A-MO</figcaption></figure>



<p><strong>Est-ce que vous pourriez me parler de votre rapport au mur en tant que médium&nbsp;? </strong><strong></strong></p>



<p>Le mur a de nombreux avantages : il permet de travailler à l’échelle humaine, c’est-à-dire que le public l’appréhende comparativement à sa propre taille, ce qui lui confère un côté plus impressionnant, plus marquant, plus palpable. Et justement, un mur, on peut le toucher, ce n’est pas une toile que l’on nous a toujours interdit de frôler ! Le mur est souvent visible, ouvert sur le monde et devient de ce fait le support le moins élitiste qui soit pour peu qu’il soit visible du grand public. Le mur est pour moi le support ultime, le plus tourné vers les autres, il confère un contexte à l’œuvre et lui offre un public varié.</p>



<p>Je peins également sur toile, j’ai donc différentes approches selon mon support. Elle est par essence plus élitiste, c’est un objet que l’on conserve, dont on choisira le contexte, le cadre et le public. Comme je le disais, le mur est souvent tout l’inverse.</p>



<p>Ce grand écart permet de toucher un public extrêmement large et c’est la raison pour laquelle je ne les oppose pas mais les vois comme complémentaires. Le mur aurait tendance à être mon premier choix mais le travail de l’objet qu’est la toile est quelque chose de très stimulant également, porté plus sur le détail.</p>



<p><strong>On a pu voir votre travail passer de la rue à des expositions plus institutionnalisées comme chez Bernard Magrez, avez-vous une volonté de pérenniser votre travail en le faisant entrer au musée&nbsp;? </strong><strong></strong></p>



<p>Mon objectif est de toucher le plus grand nombre de gens possible. Cela signifie pour moi être visible dans la rue comme chez les gens, les galeries et pourquoi pas les musées si un jour ça devait m’arriver. Je ne suis pas un puriste et ne pense pas que tels types d’art devraient se cantonner à tels lieux.</p>



<p>Je ne suis ni un graffeur, ni un tagueur, ni même un peintre animalier ou un street artiste et je considère que ma place n’est nulle part et donc partout. Je choisis d’ouvrir le champ des possibles sans me soucier de ce qui se fait ou non chez tels ou tels «&nbsp;puristes&nbsp;», du moment que je suis à l’aise et me retrouve dans mes choix, c’est tout ce qui compte.</p>



<p><strong>Quelle est votre actualité en ce moment&nbsp;? Quels sont vos projets à venir&nbsp;?</strong></p>



<p>Je viens de finir une peinture dans un hôpital psychiatrique, je dois ensuite peindre dans un restaurant puis le mur d’un particulier et finir des toiles en commande.</p>



<p>J’ai pour projet de profiter chaque jour de la chance que m’offre ce mode de vie : une alternance incroyable de cadres de travail, de milieux sociaux et de rencontres formidables.</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p>Site :&nbsp;<a href="http://www.a-mo-art.com">www.a-mo-art.com</a></p>



<p>Facebook :&nbsp;<a href="https://m.facebook.com/AMOstreetart/">https://m.facebook.com/AMOstreetart/</a></p>



<p>Instagram:&nbsp;<a href="https://www.instagram.com/amoarts/?hl=fr">https://www.instagram.com/amoarts</a></p>



<p>Crédits photos&nbsp;:</p>



<p>Photo du visuel&nbsp;: MOJO</p>



<p>Autres photos&nbsp;: l’artiste</p>
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		<title>Interview de Lionel Scoccimaro : Les formes du temps</title>
		<link>https://kaleidoscopelab.fr/interview-lionel-scoccimaro/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Nov 2020 14:25:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[artiste]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[emma callegarin]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[lionel scoccimaro]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[scoccimaro]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par : Emma Callegarin On peut dire de l’œuvre de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/interview-lionel-scoccimaro/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par : Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="750" height="507" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg" alt="Visuel pour l’article : « Motopoétique », musée d’art contemporain de Lyon, 2014" class="wp-image-859" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg 750w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-300x203.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-500x338.jpg 500w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption>&#8220;Motopoétique&#8221;, Musée d&#8217;art contemporain de Lyon, 2014. Visuel du site &#8220;Documents d’artistes&#8221;</figcaption></figure>



<p>On peut dire de l’<a rel="noreferrer noopener" href="http://www.documentsdartistes.org/cgi-bin/site/affiche_art_web.cgi?&amp;ACT=1&amp;ID=37" target="_blank">œuvre</a> de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor  puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts décoratifs et le minimalisme américain que des arts traditionnels et l&#8217;art urbain.  Notre rédactrice Emma Callegarin a rencontré l&#8217;<a rel="noreferrer noopener" href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank">artiste</a> pour une <a href="http://www.kaleidoscopelab.fr/blog">interview</a> où il nous a parlé de son parcours, ses sources d&#8217;inspiration&#8230;. </p>



<p><strong>Pour commencer, est ce que vous pourriez me parler de votre formation&nbsp;et de l’influence des Beaux-Arts sur votre travail&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai fait un bac A3, lettres et arts car je voulais devenir enseignant en arts plastiques. Suite à ça j&#8217;ai suivi un cursus jusqu&#8217;à l&#8217;agrégation à la faculté car c&#8217;était la filière logique pour accéder à l&#8217;enseignement. Ensuite je suis allé aux Beaux-Arts à Aix-en-Provence avant de finir mes études à la <a href="https://www.villa-arson.org/">Villa Arson</a> à Nice qui représentait, à l&#8217;époque, l&#8217;école la plus en pointe niveau enseignement artistique.</p>



<p>Techniquement dans les écoles des Beaux-Arts on apprend énormément de choses avec un accès quasi exhaustif à tous les médias et une fois que j&#8217;ai eu développé une sorte de vocabulaire plastique propre j&#8217;ai cherché à m’approprier des savoir-faire plus précis auprès d&#8217;artistes confirmés en étant leur assistant ou en me rapprochant de certains artisans. C&#8217;est ainsi que j’ai développé les savoir-faire qui sont les miens aujourd’hui.</p>



<p><strong>Vous êtes sculpteur mais avez aussi produit des expositions de photographies, quel est votre rapport à d’autres formes d’expression artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me sens effectivement totalement dans le champ de la sculpture, mais on pourrait élargir ce champ car comme vous le précisez, je ne m&#8217;y conforme pas.</p>



<p>Tous les moyens d&#8217;expressions me semblent intéressants, le seul vers lequel je ne suis jamais allé est celui du film. C’est un des rares médiums que je n’ai pas expérimentés. J’ai bien fait trois vidéos à une époque où j’étais plus proche de l&#8217;image mais cela ne m&#8217;a pas semblé probant.</p>



<p>Je préfère les systèmes visuels qui s’appréhendent spontanément, devant lesquels on ne peut rester qu&#8217;une seconde et qui ne dictent pas de rapport au temps au spectateur.</p>



<p>Ce qui est lié à la vidéo implique souvent un temps minimum pour comprendre l’œuvre. Je n’ai pas envie de ce rapport au temps, j’aime la spontanéité de la sculpture, de la peinture ou du dessin. Je veux rester dans une pratique qui s’appréhende dans une immédiateté.</p>



<p>Il en est de même pour l&#8217;exposition, j’essaye toujours de la concevoir comme une pièce à part entière, qui a son impact visuel dès qu’on y pénètre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="687" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-861" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-300x201.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-768x516.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-500x336.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-800x537.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1280x859.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1536x1031.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Go big or go home », Carpenters workshop gallery, Londres, 2010</figcaption></figure>



<p><strong>Votre démarche plastique s’inscrit-elle dans une réflexion ou vous improvisez sur le matériau&nbsp;?</strong></p>



<p>En général mes productions sont programmées et réfléchies très en amont de leur réalisation (aussi bien au niveau du sens que de la technique).</p>



<p>Il est rare que j’attaque une pièce sans savoir exactement comment l&#8217;aborder matériologiquement et donc formellement. En revanche c’est la technique qui génèrera la forme finale exacte, tout mon travail étant basé sur la façon dont le matériau va interagir avec la forme.</p>



<p>Quand je décide de travailler la peinture à l’huile par exemple, je réfléchis d&#8217;abord au sujet de cette peinture, puis je peaufine l’image que je veux produire et enfin le matériau dicte ses règles. Il n’y a donc pas vraiment de hasard.</p>



<p>Quand je vais vers un médium je sais ce que je veux en tirer et même s&#8217;il y a des choses qui se modifient dans la réalisation de la pièce cela reste relativement faible au regard de l&#8217;image mentale première de l&#8217;œuvre.</p>



<p>Je ne suis pas un artiste qui va à l’atelier tous les matins, d’ailleurs j’y vais peu en ce moment, et quand je dois faire quelque chose je le fais le plus efficacement possible.</p>



<p>Pareillement quand je travaille avec des artisans c’est le même rapport au temps qui s&#8217;exerce, on travaille sur la pièce et on la modifie en fonction des techniques que ces artisans maitrisent mais aussi qui parfois leur échappent, car souvent mon travail les oblige à sortir de leur savoir-faire précis pour aller vers des techniques plus empiriques.</p>



<p>Enfin, il peut y avoir des contraintes purement techniques ou chimiques qui nous obligent à repenser une durée d&#8217;exécution, une période de travail ou même une échelle&#8230; les œuvres en résine par exemple sont complexes voire impossible à mettre en œuvre s&#8217;il fait trop froid ou si le temps est trop humide &#8230; cela nous obligeant donc à repenser le processus de travail.</p>



<p><strong>Originaire de Marseille, vous m’avez dit faire des aller-retours entre le Pays Basque, Paris et Marseille, vous voyagez donc beaucoup. Est-ce que l’espace, le lieu où vous vous trouvez, influence votre création&nbsp;?</strong></p>



<p>Il y a assez peu d&#8217;influence du lieu dans lequel je travaille sur le type de pièces que je produis. En revanche les artisans avec lesquels je travaille, en fonction du lieu où je suis et de leurs savoir-faire particuliers, eux, varient. Par exemple quand je suis au Pays Basque, je travaille avec des artisans locaux, spécialisés dans la réalisation de planches de surf ou dans la stratification. A Marseille je développe un travail d&#8217;atelier avec d&#8217;autres corps de métiers &#8230;</p>



<p>J’essaye toujours de chercher des artisans qui sont relativement proches de là où je travaille, à la fois pour pouvoir être présent de façon récurrente dans leurs ateliers, mais aussi pour défendre cet artisanat et faire travailler des gens dans un bassin d&#8217;activité dont je maitrise les codes. Je n&#8217;ai aucun désir d&#8217;aller faire produire mes pièces en Chine ou en Indonésie par exemple comme peuvent le faire certains de mes amis artistes.</p>



<p>Je choisis ces artisans en fonction de leurs compétences bien sûr, mais aussi des affinités que je vais avoir avec eux car souvent nous sommes amenés à développer ensemble des savoir-faire particuliers et que cela se fera sur le long terme.</p>



<p>Ils travaillent tous dans des champs très divers et je m&#8217;enrichis de ces va-et-vient entre tous leurs univers … Je travaille par exemple avec plusieurs fondeurs, un tourneur sur bois, un chromeur, un polisseur, un sculpteur sur bois, mais aussi un néoniste ou un menuisier et dans le sud-ouest comme je vous le disais, avec un « shaper » qui me stratifie les tableaux qui étaient présentés à la galerie la Mauvaise Réputation à Bordeaux l’année dernière.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="792" height="512" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png" alt="" class="wp-image-862" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png 792w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-300x194.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-768x496.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-500x323.png 500w" sizes="(max-width: 792px) 100vw, 792px" /><figcaption>&nbsp;«&nbsp;Almost painting&nbsp;»,&nbsp;Galerie La&nbsp;mauvaise réputation,&nbsp;Bordeaux, novembre 2019-janvier 2020</figcaption></figure>



<p><strong>Comment décririez-vous votre rapport au temps dans la création ?</strong></p>



<p>Par le passé, j’avais une pratique d’atelier quotidienne, et j&#8217;avais vraiment besoin d’être chaque jour en train de fabriquer … Aujourd&#8217;hui j’essaye de produire moins, beaucoup moins.</p>



<p>Je trouve qu’il y a de plus en plus d’objets proposés au regard, trop certainement &#8230;</p>



<p>Je veux réfléchir à ce que je propose dans cette nouvelle ère qui s&#8217;est ouverte avec les réseaux sociaux ou nous sommes noyés dans des flux d&#8217;images d&#8217;œuvres…</p>



<p>Me concernant, je veux ressentir aujourd&#8217;hui un désir impérieux de réaliser pour commencer à produire. J’essaye donc d’avoir une production plus rare et de ne produire que ce qui me semble fondamental à faire.</p>



<p>Depuis quelques temps le rapport à la galerie, aux expositions, à la diffusion d’œuvres d’art, a changé me semble-t-il &#8230; Le nombre de centres d’arts, de fondations, de lieux alternatifs qui ont ouvert est vertigineux, le nombre d’artistes aussi et dans cette proposition pléthorique, l’idée de faire un pas de côté, de prendre plus de temps m’intéresse beaucoup.</p>



<p>Quant au temps de création à proprement parler, celui de la réalisation, il peut varier du tout au tout suivant les œuvres.</p>



<p>Je suis quand même sur des temps longs voire très longs, j’ai pu travailler deux ans et demi sur une seule pièce qui est un vase en bronze et les peintures à l’huile qui étaient à la Mauvaise réputation prennent 60 à 80 jours de travail chacune.</p>



<p>Quel que soit le type de pièce que je produis je reste sur des temps assez longs de réalisation, et rien ne sort de mon atelier spontanément quelques jours après avoir décidé de m&#8217;y mettre.</p>



<p><strong>Vous m’avez dit travailler en collaboration avec des artisans, c’est systématique&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, et ce depuis ma sortie de la villa Arson en 1997 … Très rapidement des collaborations se sont mises en place. Aucune pièce n’est produite à 100% par moi, c&#8217;est devenu un principe.</p>



<p>J’aime l’idée de déléguer une partie de la production, parce que c’est nécessaire techniquement et enrichissant intellectuellement.</p>



<p>En pratique, le processus est sans cesse différent, il s&#8217;adapte aux pièces en cours &#8230;Il peut y donc avoir des projets préparatoires ou des notes d’intentions mais beaucoup de choses passent par la parole. Comme je collabore avec des artisans qui sont déjà extrêmement sollicités, et que l’idée n’est pas simplement de leur commander une pièce, c’est souvent un travail qui se construit à quatre mains. Ça passe d&#8217;abord par de longues discussions avec eux pour les amener jusqu’à l&#8217;œuvre.</p>



<p>Le but est d&#8217;aller ensemble dans des endroits de leurs pratiques qu’ils ne maitrisent pas forcément très bien. Je pense par exemple, au fondeur avec lequel je collabore depuis plus de 20 ans à Marseille et qui est spécialiste en mobilier urbain, ce n’est pas un fondeur d’art, et produire certaines de mes œuvres avec lui a une saveur particulière et un rendu spécial. Ces pièces sortent d’un atelier qui fait quotidiennement des contrepoids d’ascenseur, des réverbères ou des bancs publics, elles ont donc une brutalité que je n’obtiendrais pas si je les réalisais chez un fondeur d’art.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="765" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg" alt="« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013 " class="wp-image-863" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-300x224.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-768x574.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-500x374.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-800x598.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1280x956.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1536x1148.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013</figcaption></figure>



<p><strong>Vous utilisez des matériaux très divers allant du bois, au métal, en passant par le sucre, est-ce qu’il y en a un que vous préférez&nbsp;?</strong></p>



<p>Non, je n&#8217;ai pas de matériaux de prédilection &#8230;ce qui m’intéresse c’est qu’aucune exposition ne ressemble à la précédente. Celle de la Mauvaise réputation par exemple présentait des peintures à l’huile stratifiées en résine époxy teintée&#8230;</p>



<p>Il y a des périodes où je vais travailler plutôt le bois, la résine ou le bronze mais ce sont toutes des techniques qui reviennent régulièrement, qui seront laissées de côté pendant un certain temps pour refaire leur apparition ultérieurement.</p>



<p>Je n&#8217;ai jamais travaillé qu’un seul type de matériau pendant un long lapse de temps.</p>



<p>Comme vous le précisiez dans votre question, j’ai longtemps travaillé avec le sucre (pendant 10 ans exactement) mais cela n&#8217;était pas une pratique exclusive pendant cette période, d&#8217;autres projets se développaient en parallèle avec d’autres matériaux.</p>



<p>En ce moment je fais des dessins au pastel sur du papier, c’est la première fois&#8230; et sans avoir de favori je ne m’interdis aucun matériau, aucune technique.</p>



<p>Crédits photos&nbsp;: Lionel Scoccimaro  et «&nbsp;Documents d’artistes&nbsp;» (photo du visuel)</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p>Galerie la Mauvaise réputation&nbsp;: <a href="http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil">http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil</a></p>



<p>Instagram de Lionel Scoccimaro &nbsp;: <a href="https://www.instagram.com/lionel_scoccimaro/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cliquez ici</a></p>



<p>Plus d&#8217;info sur l&#8217;artiste  sur <a href="http://www.documentsdartistes.org/artistes/scoccimaro/repro.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">documents d&#8217;artistes</a></p>



<p></p>
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		<title>Pérégrinations dans Bordeaux confinée : La belle endormie sous l’objectif d’Arnaud Brukhnoff</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2020 12:34:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par : Emma Callegarin / Photos : Arnaud Brukhnoff De photographe amateur à professionnel, Arnaud Brukhnoff réussi à nous surprendre par le regard sans cesse nouveau qu’il pose sur le monde et la vie. Nous nous sommes rencontrés pour parler de son dernier livre «&#160;Bordeaux Confiné 2020 1.0&#160;», dont les<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/arnaud-brukhnoff/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par : Emma Callegarin / Photos : Arnaud Brukhnoff</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-1024x683.jpg" alt="Hotel de Ville pendant le confinement" class="wp-image-838" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-1024x683.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-800x533.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-1280x853.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-1920x1280.jpg 1920w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-1536x1024.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625-360x240.jpg 360w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_3625.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>De photographe amateur à professionnel, Arnaud Brukhnoff réussi à nous surprendre par le regard sans cesse nouveau qu’il pose sur le monde et la vie.</p>



<p>Nous nous sommes<a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/"> rencontrés</a> pour parler de son dernier livre «&nbsp;Bordeaux Confiné 2020 1.0&nbsp;», dont les 170 photos nous replongent entre angoisse et sérénité dans les mois d’avril et mai dernier.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_7631-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-840" width="250" height="375" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_7631-683x1024.jpg 683w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_7631-200x300.jpg 200w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_7631-768x1152.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_7631-500x750.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_7631-800x1200.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_7631.jpg 1000w" sizes="(max-width: 250px) 100vw, 250px" /></figure></div>



<p><strong>Emma Callegarin : Cela fait une vingtaine d’années que vous capturez tout ce qui vous entoure, comment en êtes-vous arrivé à avoir ce goût pour la photographie ?</strong></p>



<p><strong>A. Brukhnoff </strong>: J&#8217;ai acheté mon premier appareil numérique en 1998, c’était un des premiers compacts Leica et j’ai très vite compris l&#8217;avantage du numérique qui permet de faire un nombre de photos illimité en toute discrétion. En 2002, j&#8217;ai acquis un reflex professionnel, et depuis je n’ai jamais arrêté de faire des photos. Dès 2007, travaillant en plein coeur de Bordeaux, j&#8217;ai commencé à immortaliser la ville pendant mes heures de pause et lors de mes allées et venues pour rejoindre mon domicile.</p>



<p>Vers 2010, la photographie a évolué : On pouvait désormais faire de beaux<br>clichés avec un smartphone. Ça a élargi mon champ d’action, la photo sur le vif sans contrainte est alors devenue quotidienne. Je peux estimer à ce jour une base de plus de 100 000 photos de Bordeaux !</p>



<p>Grâce aux réseaux sociaux, j&#8217;ai vite été repéré par la mairie de Bordeaux et Sud-Ouest qui ont partagé mes photos ce qui m&#8217;a donné une certaine notoriété. Ensuite, j&#8217;ai rapidement commencé à exposer dès 2016. En 2018, une première grosse commande m&#8217;a poussé à créer un statut d&#8217;artisan autoentrepreneur en parallèle de mon travail, pour finalement me consacrer uniquement à la photo et vivre de ma passion. Actuellement, j’ai la chance d’avoir un beau et fidèle réseau qui me suit, et m&#8217;apporte de beaux projets photographiques. Je réponds à tout type de prestation sans restriction: par exemple, je suis la biodiversité de l’appellation <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.hachette-vins.com/tout-sur-le-vin/appellations-vins/55/margaux" target="_blank">Margaux</a> pendant un an. Cette mission passionnante tant au niveau technique qu&#8217;artistique, me permet de mieux comprendre la nature au fil des saisons et d&#8217;exercer ma profession dans des conditions uniques.</p>



<p>La photographie est passionnante car il est impossible quoiqu&#8217;on en dise de faire deux fois la même photo. Je ne me considère pas comme un artiste mais comme le gardien du temps qui passe par le biais de mes yeux et de mes cartes mémoire. La photographie est aussi synonyme de liberté et permet de révéler au monde les splendeurs simples qui nous entourent.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="725" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_20170911_083253.jpg" alt="" class="wp-image-841" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_20170911_083253.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_20170911_083253-300x218.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_20170911_083253-768x557.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_20170911_083253-500x363.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/IMG_20170911_083253-800x580.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p><strong>Emma Callegarin : Vous avez donc deux facettes dans votre activité de photographe&nbsp;: les commandes et les clichés que vous prenez pour vous. Est-ce que vous avez le même processus créatif pour les deux&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>A. Brukhnoff</strong>: Il y a deux choses, soit c’est une mission précise, répondre à un projet comme aller shooter une équipe sur la dune du Pilat avec des paramètres bien définis, ou bien me laisser faire sur un thème comme par exemple des vendanges. Cependant, j’ai du mal à ce qu’on m’impose des choses, il est toujours plus passionnant de réaliser des prises de vue de son plein gré et de les partager avec ses clients. Ainsi, ils connaissent mon travail : le temps de préparation et les échanges vont être les fondements de mes shootings.</p>



<p>Pour ce qui est des photos personnelles, je ne me refuse rien et je suis toujours à la recherche de nouvelles opportunités. Par exemple hier à 18 heures, le temps exécrable m&#8217;a motivé immédiatement pour sortir pendant une heure, sous la pluie à vélo, sur les quais pour prendre des photos. Je suis toujours à la recherche de scènes un peu uniques, un éclairage particulier, ou des lieux où je suis le seul à aller.</p>



<p><strong>Emma Callegarin :</strong> <strong>Vous vous inspirez du travail d’autres photographes&nbsp;? Vous en avez un dont vous admirez particulièrement l’œuvre ?</strong></p>



<p><strong>A. Brukhnoff</strong> :  Ma référence reste Jacques-Henri Lartigue. C’est un photographe du siècle dernier qui a photographié la vie, et des choses extraordinaires de son époque. Il était issu d’une famille aisée et voyageait beaucoup entre Paris, la côte d’Azur, et la côte Atlantique. Il arrivait à sublimer des scènes simples avec une sensibilité unique. Son œuvre aussi regorge de tests techniques qui apportent une certaine vivacité dans ses clichés. Je reste très admiratif de son travail et de son œuvre. Beaucoup de ses photos des années 20 sont avant-gardistes et auraient pu être prises actuellement. En fait, j&#8217;aime bien cette vision des choses et de la photographie, la simplicité sublimée et un certain devoir de mémoire.</p>



<p><strong>Emma Callegarin :</strong> <strong>La plupart de vos clichés saisissent des moments de vie à Bordeaux, depuis vingt ans, la ville ne vous a pas lassé&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>A. Brukhnoff</strong> : Ah non ! Jamais ! Dans la mesure où c’est une ville en constante mutation. En ce moment, on voit vraiment une urbanisation très forte de la ville, que ce soit aux Bassins à flots ou à Belcier. Cette situation n&#8217;est sans doute pas visible dans le centre historique de Bordeaux, mais à partir du moment où on bouge un peu, on voit qu’une nouvelle ville est en train de naître. C&#8217;est très intéressant d&#8217;être spectateur de ces transformations et de se dire qu&#8217;un bâtiment présent le lundi peut ne plus exister le vendredi et qu&#8217;un autre viendra le remplacer aussitôt. Bordeaux me fascine chaque jour et je ne m&#8217;en lasserai jamais !</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="400" height="288" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/9782957297405.jpg" alt="" class="wp-image-842" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/9782957297405.jpg 400w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/9782957297405-300x216.jpg 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure></div>



<p><strong>Emma Callegarin :</strong> <strong>Votre dernier livre traite de Bordeaux pendant le confinement, est ce que vous pourriez nous parler de la façon dont vous avez vécu cette période en tant qu’artiste&nbsp;?</strong></p>



<p>Ça a été un déclic immédiat, il répond à mon idée de faire une sauvegarde d&#8217;instants que l’on ne reverra plus. Une sorte de devoir de mémoire. C’est de pouvoir montrer à nos enfants ce qu&#8217;a été le confinement, le retour de la Belle Endormie.</p>



<p>Bordeaux était nue, livrée à elle-même, belle et silencieuse. Ce livre a le pouvoir de vous faire (re)découvrir notre ville sans parasites.</p>



<p><strong>Emma Callegarin :</strong> <strong>Vous avez été privilégié de pouvoir déambuler dans la ville, qu’avez-vous ressenti face à la belle-endormie désertée ?</strong> </p>



<p><strong>A. Brukhnoff</strong> : J’étais heureux, dans le sens où le confinement a remis tous nos sens en éveil. Nous nous sommes rendus compte que nous vivions dans le bruit et que du jour au lendemain nous redécouvrions le silence. La pollution n&#8217;est pas seulement celle que nous croyons. Je pense que confinement aura des répercussions qui vont aller au delà de ce que l&#8217;on peut imaginer .</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-843" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-1024x683.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-800x533.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-1280x853.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-1920x1280.jpg 1920w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-1536x1024.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252-360x240.jpg 360w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/DSC_9252.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Emma Callegarin :</strong> <strong>Un des clichés qui est à mes yeux le plus révélateur de cette absence de vie, c’est celui pris dans le hall de la gare Saint-Jean, comment est-ce que ça s’est fait&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>A. Brukhnoff</strong> : Ça a été une histoire assez amusante, je suis allé un matin à la Gare Saint Jean et les forces de l’ordre sur place m’ont dit « non, vous ne pouvez pas entrer, il va falloir une autorisation officielle». Motivé pour y rentrer coûte que coûte, de retour à la maison, j&#8217;ai fait un post Facebook, et grâce à mon réseau j&#8217;ai pu entrer en contact dans l&#8217;heure avec la bonne<br>personne et le rendez-vous dans la gare était fixé pour le lendemain.</p>



<p>Ils m’ont ouvert littéralement la gare, j’étais enfermé dans le Hall principal de ce lieu si vivant, totalement désert. C&#8217;était une sensation unique, une expérience violente quand on sait qu&#8217;une gare est sans doute le monument le plus vivant d&#8217;une ville à n&#8217;importe quelle heure du jour et de la nuit.</p>



<p>Mes photos révèlent un lieu somptueux souvent passé inaperçu aux yeux des voyageurs plus focalisés sur les tableaux électroniques que sur son architecture. Ce livre offre un nouveau regard sur la ville, on redécouvre Bordeaux sous un nouvel angle, dont la complexité architecturale est magnifique.</p>



<p><strong><strong>Emma Callegarin :</strong> Toutes les photos sont en noir et blanc, pourquoi ce choix et comment les avez-vous retravaillées&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>A. Brukhnoff</strong> : La couleur amène la vie, et le bruit. C’est sans doute une vision un peu simple, mais la couleur est toujours moderne, parfois agressive. Le noir et blanc offre un côté intemporel, reposant et calme qui correspond finalement à cette période. Chaque cliché est plus pesant, plus intense, il met le temps sur pause, offre une parenthèse dans le temps.<br>Pour information, les photos ont été toutes prises en couleur, soit au boitier pro soit au téléphone pour celles avec des reflets dans des flaques. Ces photos ont été passées en noir et blanc, avec le problème de la perte de tout relief et de la profondeur de champs.</p>



<p>Il a fallu alors que j’apprenne à traiter chaque photo comme un tirage argentique, avec plusieurs logiciels. En plus d’avoir une correction globale de la photo, j&#8217;ai dû faire un long travail chirurgical pour rendre à chaque photo le relief et la profondeur de champs en m&#8217;inspirant des photos des grandes métropoles américaines au début du siècle dernier.</p>



<p><strong>Emma Callegarin :</strong> <strong>Votre livre s’intitule «&nbsp;Bordeaux Confiné 2020 1.0&nbsp;», vous envisagez un 2.0&nbsp;? Vous avez des projets&nbsp;?</strong></p>



<p>Pleins ! (Rires) J’ai beaucoup de projets, toujours des livres parce que c’est l’aboutissement de la logique de mon travail. Le livre est la retranscription de mes sauvegardes du temps qui passe, et si je garde ça pour moi, ça ne sert à rien. Le livre matérialise mon travail et le rend accessible à tous dans sa forme la plus noble.</p>



<p>C’est encore en réflexion, mais j’aimerais faire un &#8220;Bordeaux déconfiné 2021 1.0&#8221;, prendre les mêmes photos aux mêmes endroits au même moment un an plus tard et de les laisser en couleur. si ce projet aboutit j&#8217;ai hâte de revenir un an après à la gare de tram aux Quinconces qui était vide à 13h45 en semaine !</p>



<p>Il faut cependant que je réfléchisse encore sur la manière de rendre le futur livre pertinent par rapport à celui-ci.</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p>Site web d&#8217;Arnaud Brukhnoff  : <a href="https://www.arnaudbrukhnoff.com">https://www.arnaudbrukhnoff.com</a></p>



<p><em>Bordeaux Confiné 2020 1.0</em> d&#8217;Arnaud Brukhnoff, est disponible chez Mollat, Cultura, La Machine à Lire et d’autres librairies bordelaises. </p>



<p>Son premier livre de photos va être réédité.</p>



<p>Lire d&#8217;autres interviews de<a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/"> KLAC </a></p>
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		<title>Interview avec Jofo : un artiste haut en couleurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2020 17:27:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Emma Callegarin Rencontre avec Jofo, de son nom Jean-François Duplantier, l’artiste bordelais nous ouvre les portes de son atelier. Dans cet univers coloré aux odeurs d’acrylique, empli de toiles, de reproductions, de bustes de mannequins recouverts de Toto, son personnage signature, il nous parle de son parcours, de ses<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/interview-jofo/"> Read more</a></p>
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<p>Par Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1024x683.jpg" alt="Jofo dans son atelier" class="wp-image-823" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1024x683.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-800x533.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1280x853.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1920x1280.jpg 1920w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1536x1024.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-2048x1365.jpg 2048w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>L&#8217;artista dans son atelier. Photo : Emma Callegarin </figcaption></figure>



<p><a aria-label="undefined (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/" target="_blank">Rencontre </a>avec <strong>Jofo</strong>, de son nom <a aria-label="undefined (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" href="https://www.facebook.com/jofoartiste/" target="_blank">Jean-François Duplantier</a>, l’artiste bordelais nous ouvre les portes de son atelier. Dans cet univers coloré aux odeurs d’acrylique, empli de toiles, de reproductions, de bustes de mannequins recouverts de Toto, son personnage signature, il nous parle de son parcours, de ses œuvres et de ses projets.</p>



<p><br><strong>Pour commencer, j’aimerais savoir ce qui t&#8217;a amené vers la peinture, puisque tu as suivi une formation d’architecte, avant de te consacrer entièrement&nbsp;à tes toiles.</strong></p>



<p><br>Quand je suis arrivé à Bordeaux, il y avait une espèce de richesse en art<br>contemporain avec le CAPC qui était une grosse machine de guerre. Je me<br>souviens d’expositions marquantes, qui m’ont ouvert les yeux. Je venais de Dax, je n’avais pas une grande culture de l’art en général, alors voir des expos de Keith Haring, sur la figuration libre, un courant important des années 80 avec Robert Combas, de Daniel Buren qui a fait une installation hallucinante dans la nef, c’était incroyable. Je commençais à peindre et ces artistes-là m’ont orienté vers quelque chose de plus graphique, de plus spontané, de plus jeté et au fil des années j’ai trouvé mon style. Less is more, j’aime bien le très épuré. Après je peux le contrer par le fond que je traite de manière variée, c’est ça qui fait la variante de mon travail<br>depuis trente ans. Je vais dans des territoires inconnus dans le traitement des fonds. Ça peut être des aplats, des rayures, des coulures, des projections, des tons unis, … J’aime bien aussi me réapproprier des supports existants, des papiers imprimés, des panneaux de chantiers, des affiches, des tapisseries. Je préfère ça à la page blanche. </p>



<p><br><strong>Chacune de tes œuvres s’orne d’un petit personnage, Toto. Reconnaissable à sa tête ronde et à son trait minimaliste, il est ta signature. Est-ce que tu pourrais m’en parler ?</strong></p>



<p><br>Cette année, ça fait 30 ans qu’il existe, que je le dessine sur toutes mes ouvres. Il est né de la découverte d’un dessin d’enfant que j’ai fait à l’âge de 5 ans, dans le grenier de mes parents à Dax. Ce dessin je m’en suis servi pour le reproduire au propre. Ce personnage est très fidèle, je me suis rendu compte que ça m’amenait une grosse identité et qu’avec ce personnage là je pouvais raconter plein d’histoire.<br>Il est universel dans le sens où il peut toucher beaucoup de monde, quelques soient les âges, on a tous une part d’enfance en nous. Grâce à lui je peux véhiculer des messages, les coller à des faits d’actualité. Je peux aussi raconter des choses très légères, l’amour, la guerre, la religion, le sport, …Vivre avec lui depuis 30 ans, c’est vrai défi. C’est pour ça que j’ai des temps de pauses, et j’ai un plaisir fou de le remettre en scène pour lui faire vivre d’autres aventures. Tant que je n’ennuie pas les gens et que je ne m’ennuie pas moi-même, j’y vais. J’admire les gens qui se surprennent tous les jours, c’est d’une force extraordinaire. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="768" height="768" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25.jpg" alt="Les visages de Toto " class="wp-image-821" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-500x500.jpg 500w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Les visages de Toto. Photo : Jofo</figcaption></figure>



<p><strong>Tu abordes des thèmes extrêmement divers, allant de la politique aux surfeurs, est-ce que tu en as des plus chers que d’autres&nbsp;?</strong></p>



<p>J’aime bien peindre les choses de l’amour. A une époque je peignais plus des faits de guerre mais c’était lié aux enfants, aux jeux de guerre et puis il y a forcément un parallèle avec l’actualité et les conflits à travers le monde. Après il y a des évènements marquants comme le 11 septembre, ou la révolution roumaine, tout ça je l’ai traité en peinture. Récemment je me suis attaqué aux gilets jaunes parce que je trouvais que c’était un sujet sociétal d’une telle importance que j’avais envie de m’exprimer dessus. L’art doit délivrer une émotion en passant par quelque chose qui parle aux gens. C’est une nécessité pour moi de mettre des choses sur la toile, après je ne suis pas dessinateur de presse ou chroniqueur. Mais quand je me lance dans quelque chose, j’ai du mal à m’en sortir. Les gilets jaunes j’ai fait beaucoup de toiles parce que le mouvement a duré longtemps et a évolué. Notre Dame brûle, aussitôt je fais une toile parce que ça me touche beaucoup. La Covid, forcément je l’ai traité, ça bouscule le monde, c’est difficile de passer à côté.</p>



<p><strong>En parlant de la Covid, tu as fait une installation assez incroyable sur la Place de la Bourse en mai dernier…</strong></p>



<p>Elle est arrivée comme un don de Dieu. On était tous confinés à Bordeaux, moi j’ai la chance d’avoir un chien, et avec mon atelier de l’autre côté de la ville, je la traversais tous les jours. J’ai été fasciné, attiré par la ville déserte, j’y ai passé des moments très riches. Un jour en venant à l’atelier je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de pub sur la façade de la <a href="https://www.sudouest.fr/2020/08/01/bordeaux-l-oeuvre-monumentale-de-jofo-de-retour-sur-les-murs-place-de-la-bourse-l-artiste-ironise-7711385-2780.php">Place de la Bourse</a>. Pendant le confinement, il n’y avait pas plus insupportable que de se sentir inutile, je faisais des dessins sur les réseaux sociaux et je me suis mis à rêver de voir une de mes œuvres sur cette bâche. En quatre coups de fils ça s’est débloqué, en dix jours c’était fait ! C’était cocasse parce que quand il est apparu la place était déserte, personne ne pouvait le voir. Après il y a eu beaucoup de presse, de télé qui sont venus et qui ont fait que ce merci a pu sortir du cadre de la place. Il est resté un mois et demi, puis en juin une pub est revenue, en juillet aussi, et grâce à l’absence de pub en août ils ont remis mon Toto-soignant. Il a été enlevé il y a quinze jours, la bâche est repartie à Lyon et va être découpée en morceaux pour faire des sacs qui vont être vendus au profit du CHU.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="500" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1.jpg" alt="Murale de Toto pendant le confinement " class="wp-image-822" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-300x150.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-768x384.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-500x250.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-800x400.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Toto, place de la Bourse pendant le confinement. Photo : Damien Renoulet</figcaption></figure>



<p><strong>Bordeaux a une place importante dans ton œuvre, tout comme la région aquitaine. D’origine dacquoise c’est pourtant la capitale Girondine qui t’a inspiré des séries, pourquoi ?</strong></p>



<p>Parce que Bordeaux c’est ma ville, ça fait depuis 1981 que j’y vis. Bordeaux c’est mon terrain de jeu, c’est une ville qui m’inspire, que j’éprouve, et son évolution m’intéresse aussi. Le traitement de l’architecture est une passion pour moi. Au tout début de mon parcours, j’ai beaucoup dessiné la ville et vingt-cinq ans après je m’y suis remis parce qu’elle ne cesse de changer. D’où l’idée de faire Chapo Bordo(1) puis Chapi Chato(2), puisque l’architecture viticole évolue aussi rapidement. C’est un peu la concurrence des grandes signatures d’architectes. Je pourrais dessiner vingt autres châteaux facilement, il y en a tellement dans la région, idem pour Chapo Bordo, un deuxième serait envisageable, il y a plein de bâtiments marquants, qu’ils soient classiques, modernes, art déco, art contemporain, il y a de quoi faire. </p>



<p><strong>Est-ce que tu peux nous parler de ton processus créatif&nbsp;? De tes inspirations lorsque tu travailles&nbsp;?</strong></p>



<p>Pour mes toiles, je me lance sans croquis, sans trait d’étude. Avant même de faire le fond, je tends la toile, j’enduis, ça me permet de réfléchir. Une fois que le fond est terminé, je m’attaque à une scène. Je démarre toujours par l’œil, le premier rond et près j’y vais. C’est comme une BD, une histoire courte, sur une seule case. En un seul dessin il doit inspirer quelque chose au niveau de l’émotion. J’aime bien travailler avec de la musique, il y a pas mal de groupes que je suis depuis des années, les Who par exemple, et j’aime bien utiliser des titres ou des paroles pour les rabattre sur ma toile. C’est pour ça qu’il y a assez souvent des petites phrases en anglais dans mes peintures. J’aime bien faire des ponts entre mes passions. Ma peinture est comme la musique que j’écoute, rock’n’roll et urbaine.</p>



<p><strong>Tu es donc peintre, architecte mais aussi vidéaste et musicien, comment est-ce que tu lies toutes ces différentes formes d’expression&nbsp;?</strong></p>



<p>Je le vois comme un complément d’activité qui m’amène ailleurs et me fait du bien. La musique par exemple, c’est un travail collectif avec des copains depuis des années, c’est précieux, c’est une passion. Il y a un pont dans la création, entre les paroles des chansons que j’écris et les thématiques des peintures que je produis, dans le prochain album il y a une chanson sur les slogans des gilets jaunes, chose que j’ai traité en peinture, il y en a une sur le départ d’Alain Juppé de la mairie de Bordeaux, chose que j’ai faite en peinture aussi, il y en a une sur des surfeurs et je l’aborde aussi,…Il y a un pont entre la création picturale et les autres.</p>



<p></p>


<p><iframe loading="lazy" width="560" height="315" style="border: none; overflow: hidden;" src="https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fthesnoc%2Fvideos%2F259848475037266%2F&amp;show_text=0&amp;width=560" scrolling="no" frameborder="0" allowtransparency="true" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>


<p><strong>Dans ce monde un peu incertain, tu as des projets pour l’année à venir&nbsp;?</strong></p>



<p>Il se trouve que l’été dernier, il y a 13 mois donc, on a enregistré notre 3<sup>e</sup> album avec les Snoc et on devait le sortir en mai, ça a été repoussé. On a sorti pendant le confinement un clip, qu’on a tourné comme ça, chez soi, une chanson appropriée puisqu’elle s’appelle « dans ma maison ». Pour la peinture, si la Covid le veut bien, j’exposerai à Paris cette année. Après j’aimerais bien faire une sorte de rétrospective, j’en avait fait une de 96 à 2006, 10 ans de création. Faire un gros bouquin qui retracerait un peu ce que j’ai fait, pas d’exhaustif, l’exhaustif ça sent le sapin (rires). L’idéal serait de l’accompagner d’une expo rétroviseur, à Bordeaux ce serait top !</p>



<p>Site web de l’artiste&nbsp;: <a href="http://www.jofoland.fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://www.jofoland.fr</a></p>



<p>(1) Série de toiles faites par Jofo où Toto porte un chapeau représentant des bâtiments bordelais : Place de la Bourse, Grand Théâtre, stade, etc. (Note de la rédactrice)</p>



<p>(2) &nbsp;Série de toiles faites par Jofo où Toto porte un chapeau représentant des châteaux viticoles bordelais (Cheval Blanc, Carbonnieux, Issan,&#8230;)</p>
<p>The post <a href="https://kaleidoscopelab.fr/interview-jofo/">Interview avec Jofo : un artiste haut en couleurs</a> appeared first on <a href="https://kaleidoscopelab.fr">KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</a>.</p>
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