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	<title>interview Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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	<description>Incubateur de projets culturels à Bordeaux</description>
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	<title>interview Archives - KLAC Kaléidoscope laboratoire Culturel</title>
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		<title>Immersion haute en couleur avec Organ’Phantom !</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Jul 2021 08:46:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par Emma Callegarin Envoutants, fascinants et intrigants, les mapping et créations de ce collectif ont pu être admirés aux Bassins de Lumières mais également dans divers autres endroits. Organ’Phantom est une association bordelaise qui fête cette année ses 10 ans, l’occasion d’un retour sur leurs réalisations mais aussi d’un avant-goût<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/organphatom/"> Read more</a></p>
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<p>Par Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" fetchpriority="high" width="1024" height="576" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1086" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1024x576.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-300x169.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-768x432.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1536x864.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-500x281.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-800x450.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux-1280x720.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Anitya-creation-originale-immersive-Organ-Phantom-Bassin-des-Lumieres-Bordeaux.jpg 1921w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Envoutants, fascinants et intrigants, les mapping et créations de ce collectif ont pu être admirés aux Bassins de Lumières mais également dans divers autres endroits. Organ’Phantom est une association bordelaise qui fête cette année ses 10 ans, l’occasion d’un retour sur leurs réalisations mais aussi d’un avant-goût des belles choses à venir. Dans cette interview, nous avons eu la chance de rencontrer la directrice artistique de l’association&nbsp;: Marie Laverda.</p>



<p><strong>Marie Laverda, vous êtes la directrice artistique d’Organ’Phantom, pourriez-vous nous présenter brièvement le collectif ? Son histoire et ses ambitions ?</strong><strong></strong></p>



<p>L’association Organ’Phantom créé et diffuse des projets artistiques évoluant dans les champs des musiques à tendance électronique et des pratiques artistiques numériques, c’est ainsi qu’elle a fondé son festival ECHO A VENIR en 2012. Spécialisée dans le video mapping depuis plus de 10 ans, l’association développe en parallèle son pôle «&nbsp;création d&#8217;œuvres numériques&nbsp;» avec son collectif d&#8217;artistes. Nous sommes donc à la fois diffuseurs d&#8217;œuvres mais aussi créateurs et avons un rôle éducatif via des ateliers, cela demande de l’organisation et des réunions. Nous décidons à plusieurs, c&#8217;est un travail d&#8217;équipe avant tout.</p>



<p><strong>Vous êtes tournés vers l’art numérique, par le mélange des musiques électroniques et des arts visuels, pourtant cela reste encore une forme d’art peu institutionnalisée et peu reconnue, pourquoi ce concept ?</strong><strong></strong></p>



<p>L&#8217;association Organ&#8217;Phantom a été créé avec les anciens membres de la salle de concerts le Son&#8217;Art à la Victoire. La salle avait une programmation musicale très éclectique avec une préférence pour la programmation de musiques hybrides. En poursuivant dans le mélange des genres artistiques, l&#8217;association programme des pièces pluridisciplinaires, dans la continuité de ce qu&#8217;elle faisait déjà, en associant des disciplines différentes (danse, vidéo, field recording, musique électronique, live, orgue, harpe etc.).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="607" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-1024x607.jpeg" alt="" class="wp-image-1087" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-1024x607.jpeg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-300x178.jpeg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-768x455.jpeg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-500x296.jpeg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4-800x474.jpeg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/anitya-4.jpeg 1224w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Anitya aux Bassins de Lumières</figcaption></figure>



<p><strong>Vous avez également travaillé avec les Bassins de Lumière autour du projet Anitya, une expérience immersive aux Bassins des Lumières. Comment s’est passée la collaboration ? Et la réalisation de l&#8217;œuvre, tant pour le mapping que le field-recording ?</strong><strong></strong></p>



<p>Nous avons démarché les Bassins de Lumières avec des propositions et avons été retenu sur le projet. Monsieur De Cointet a suivi notre création, de l&#8217;écriture jusqu&#8217;à la diffusion. Il nous a donné quelques conseils techniques, toujours à l&#8217;écoute et très disponible. Nous avons pu avoir accès à la Base sous-marine pour toutes nos captations mais les dernières étapes de travail se sont faites lors du premier confinement, donc en télétravail. Cela n&#8217;a pas été facile, mais nous y sommes arrivés.</p>



<p><strong>Le collectif fête cette année ses 10 ans, pourriez-vous nous faire une petite rétrospective sur ce que vous jugez comme les plus beaux accomplissements menés ?</strong><strong></strong></p>



<p>Nos actions ont été très diverses, nous avons par exemple commencé à organier les 20 ans de Ninja Tune, Warp rec, mais aussi les 20 ans de carrière de DJ Krush et ce, dès le début de la création de l&#8217;association.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1088" width="296" height="443" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-683x1024.jpg 683w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-200x300.jpg 200w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-768x1152.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-1024x1536.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-500x750.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux-800x1200.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/FICH-AND-SHOES-danse-creation-originale-performance-audiovisuelle-bordeaux.jpg 1067w" sizes="(max-width: 296px) 100vw, 296px" /><figcaption><em>Mirage Ô Miroir </em>aux Quai des Queyries à Bordeaux</figcaption></figure></div>



<p>Par la suite nous avons fondé notre premier festival ECHO A VENIR dont les créations originales les plus marquantes sont&nbsp;: <em>Artefact</em> (avec Joanie Lemercier), <em>Gatcos</em> (avec M.SAYYID d&#8217;Antipop Consortium), <em>Mirage Ô Miroir</em> (avec Yosi Horikawa).</p>



<p>Dans le cadre de la Semaine Digitale nous avons produit&nbsp;<em>Mécaniques Discursives</em> (ANTI VJ) puis dans le cadre de collaboration à des expositions nous avons reçu le concert des mythiques Underground Resistance. Nous répondons également à des commandes artistiques, ce qui a permis la naissance d’<em>Anitya</em> (aux Bassins de Lumières), de <em>Dès l&#8217;Aube</em> (lors des Journées Européennes du Patrimoine, <em>Chuchotis et Brouhaha</em> (sur la Cathédrale Saint André en décembre 2020).</p>



<p><strong>Vous avez parlé du festival “Echo à venir” que vous avez créé. Il est tourné vers la musique électronique et les arts visuels, les dernières éditions ont dû être annulées à cause du Covid, comment envisagez-vous le futur ?</strong></p>



<p>Pour l&#8217;instant nous travaillons sur des projets «&nbsp;COVID compatibles&nbsp;». Notre action s’organise donc autour de résidences, de répétitions, de créations numériques et nous préparons une reprogrammation de <em>Dès l&#8217;Aube</em> pour les Journées Européennes du Patrimoine 2021. Elle sera visible le 18 septembre au Palais Gallien. Avec du public cette fois&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-1089" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1024x683.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1536x1024.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-2048x1365.jpg 2048w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-800x533.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1280x853.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-1920x1280.jpg 1920w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/32__des_l_aube__2173-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Dès l’Aube au Palais Gallien de Bordeaux</figcaption></figure>



<p><strong>L’année dernière, la mairie de Bordeaux vous a chargé d’organiser le mapping de Noël sur la Cathédrale. Avant cela vous aviez également utilisé la cour Mably, le Palais Gallien et la Bourse du travail comme support, comment le choix des bâtiments se fait ? Comment procédez-vous pour les mettre en valeur grâce au numérique ?</strong><strong></strong></p>



<p>Nous commençons par des recherches, nous nous documentons avec les aides des services de la ville concernés (patrimoine, architectes etc.) sur la partie création de contenu artistique. Ensuite, pour l&#8217;implantation, nous essayons au maximum de nous intégrer dans les espaces de manière harmonieuse pour une mise en valeur des sites tout en respectant l&#8217;existant&nbsp;: un dôme sur la rosace au sol de la fac de Bordeaux II, un mur d&#8217;eau en arc de cercle encadré dans la lignée des arbres le long de la Garonne, une fresque dans la cour Mably en se servant des arches pour un trompe l&#8217;œil «&nbsp;fenêtre sur l&#8217;extérieur&nbsp;», une harpe sous les voûtes du Palais Gallien, etc.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="755" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1024x755.png" alt="" class="wp-image-1090" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1024x755.png 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-300x221.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-768x566.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1536x1133.png 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-500x369.png 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-800x590.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1-1280x944.png 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/07/Photo-1.png 1790w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Chuchotis et Brouhahas </em>sur la Cathédrale Saint-André de Bordeaux</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles sont les émotions et les ressentis que vous visez à provoquer chez vos spectateurs ?</strong><strong></strong></p>



<p>Tous types d&#8217;émotions&nbsp;! Cela peut être de l&#8217;oppression avec <em>Anitya</em> dans les Bassins de Lumières, de la nostalgie avec <em>Chuchotis et Brouhaha</em>, de l&#8217;émerveillement avec <em>Mirage Ô Miroir</em>. Chaque ressenti est unique à chaque personne.</p>



<p><strong>Nous avons évoqué cette année anniversaire, fêtée par une compilation de vos créations originales, à quoi faut-il s’attendre pour 2021-2022 artistiquement ?</strong><strong></strong></p>



<p>Encore des créations dont une diffusée outre-Atlantique, et toujours des projets engagés&nbsp;: créer et diffuser est une chose, véhiculer un discours pour des causes qui nous semblent de nos jours au cœur de toutes les problématiques actuelles (l’écologie, la culture pour tous, la mixité, la parité) est pour nous important.</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="https://organphantom.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site&nbsp;internet</a> d’Organ’Phantom&nbsp;</p>



<p>Réseaux sociaux : <a href="https://www.facebook.com/association.organphantom/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Facebook</a> / <a href="https://www.instagram.com/organ.phantom/?hl=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a></p>



<p>Crédit photo&nbsp;: Organ&#8217;Phantom, Radio France, Jonas Laclasse et Pablo Gracias</p>
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		<title>En chair et en art: portrait d&#8217;ORLAN</title>
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		<dc:creator><![CDATA[KLAC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 09:15:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&#160;: Studio ORLAN Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/portrait-dorlan/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview : Emma Callegarin / Crédits photos&nbsp;: Studio ORLAN</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="642" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png" alt="" class="wp-image-897" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1024x642.png 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-300x188.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-768x482.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-500x314.png 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-800x502.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1280x803.png 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10-1536x963.png 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Screenshot-2020-12-13-at-14.43.10.png 1566w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Du corps idéalement beau au corps imparfait: l’anatomie humaine est devenue un sujet essentiel dans les pratiques artistiques contemporaines. Certains artistes se servent de leur corps pour devenir objet et sujet de leur art, c’est le cas d’ORLAN, l&#8217;une des plus grandes artistes plasticiennes françaises.</p>



<p>Elle <a href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">utilise la sculpture, la photographie</a>, la performance, la vidéo, la réalité augmentée ainsi que la chirurgie et les biotechnologies, déréglant les conventions, les prêt-à-penser.</p>



<p>Cette artiste engagée corps et art a accepté de répondre à mes questions.</p>



<p><strong>Votre nom d’artiste, ORLAN, est tiré de votre nom, est-ce que vous pourriez me parler de l’origine de ce pseudo&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="640" height="800" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg" alt="" class="wp-image-898" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi.jpg 640w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-240x300.jpg 240w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/ESSAIS272dpi-500x625.jpg 500w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption><em>Self-Hybridizations, Portrait d’ORLAN et&nbsp;Agatha Ruiz de la Prada,2007</em></figcaption></figure>



<p>L’origine de ce pseudo est une séance chez le psychanalyste. Lors de notre troisième séance, il m’a demandé de ne plus le payer par chèque, mais en espèces. Alors que je lui signais son dernier chèque, il a brutalement changé d’avis et m’a demandé de lui re-signer un chèque à notre prochaine séance.</p>



<p>Juste avant la séance suivante, j’ai compensé en m’achetant une paire de chaussures, histoire d’être «&nbsp;bien dans mes pompes&nbsp;» ! Lors de mon passage en caisse, alors que je signais un chèque pour régler les chaussures j’ai vu ce que lui-même avait vu, ce que je n’avais jamais vu, ce que mes parents, mes amant.e.s, mes ami.e.s n’avaient jamais relevé. Je m’étais identifiée à une signature qui n’était pas mon nom de famille, car le P était remplacé par un M, initiale du prénom donné par mes parents, elle disait MORTE au lieu de PORTE. Instantanément, la psychanalyse a commencé à me plaire. J’étais scotchée ! J’y suis donc retournée en lui affirmant avec détermination que je ne serais plus jamais morte en minuscules comme en majuscules. Je lui ai dit que je voulais me renommer, que mon statut d’artiste m’offrait la possibilité de changer de patronyme.</p>



<p>J’ai voulu garder ce qui était positif dans le mot, la syllabe «&nbsp;OR&nbsp;», je me suis donc appelée «&nbsp;ORLAN&nbsp;», à l’écoute il peut s’entendre OR LENT. Mon nom ORLAN fait partie de la réinvention de moi, de la re-fabrication de moi et tout ce que j’ai fait est une rupture avec la filiation, avec le nom du père et le corps de la mère. Mon nom s’écrit chaque lettre en majuscules, car je ne veux pas qu’on me fasse rentrer dans les rangs.&nbsp;J’ai souvent dû lutter pour que les gens écrivent mon nom en majuscules. Wikipédia indique par exemple : «&nbsp;Orlan veut que son nom soit écrit en majuscules&nbsp;» tout en l’écrivant en minuscules. Il y a un refus sociétal unanime d’empêcher mon nom de sortir de la ligne, alors que c’est tellement important pour moi et pour mon œuvre.</p>



<p><strong>Dans un monde où l’on voit de plus en plus d’art fleurir, qu’est-ce qu’une œuvre d’art&nbsp;pour vous ?</strong></p>



<p>J’essaie d’être totalement habitée par l’art.</p>



<p>Je suis dans l’art, je ne fais que de l’art, l’art m’imbibe, l’art me nourrit, l’art m’érotise, l’art m’enthousiasme, l’art me construit, l’art me hante, l’art m’enchante, l’art me transforme, l’art me porte, l’art est le fini au-delà de l’infini.</p>



<p>Sans lui, je ne sais pas vivre&nbsp;!</p>



<p>C’est mon pare-chocs, mon paratonnerre, il me montre un chemin possible parmi tous les chemins, un chemin qui pour moi est une exaltation luxuriante, permanente, une corne d’abondance.</p>



<p>Il dessine, il sculpte, il interroge ma vie.</p>



<p>C’est un ciment, il panse les déchirures, les blessures.</p>



<p>C’est un amant&nbsp;! Je l’ai dans la peau, je ne peux me passer de lui, il ne peut se passer de moi.</p>



<p>C’est un soleil.</p>



<p>C’est une passion, c’est un grand AMOUR, et c’est pour la vie !</p>



<p>Je suis artsexuelle. ARTSEXUELLE.</p>



<p><strong>Vous utilisez des médiums très divers allant de la photo, à la sculpture en passant par le collage et la performance, les envisagez-vous de la même façon&nbsp;? Y en a-t-il un qui a votre préférence&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis une artiste qui n’est pas assujettie aux technologies ou aux matériaux, ce qui est essentiel pour moi c’est de dire quelque chose de très important pour mon époque mais avec une distance critique.</p>



<p>Mon œuvre est d’abord un concept, une démarche et ensuite j’essaie de trouver la bonne matérialité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="681" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-899" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1024x681.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-300x199.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-768x511.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-500x332.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-800x532.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-1280x851.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1-360x240.jpg 360w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlanoide1.jpg 1522w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>ORLAN-OÏDE,&nbsp;2018</em></figcaption></figure>



<p>J’ai travaillé en vidéo, beaucoup en photo, en sculpture qu’elle soit en résine, en marbre, en 3D printing mais j’ai travaillé aussi avec les biotechnologies mon microbiotes et mes propres cellules que j’ai cultivé. Je m’intéresse donc à tout ce qui est art et sciences, art et médical. J’ai d’ailleurs également travaillé avec la chirurgie mais aussi avec l’intelligence artificielle et la robotique. </p>



<p><strong>Votre œuvre traite du corps dans toute sa matérialité, quel est votre rapport aux corps d’aujourd’hui&nbsp;? Aux canons de beauté en général&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me suis élaborée une nouvelle image pour remettre en question mon image et bien sûr que ce corps, que je me suis inventée qui est différent des autres et dont je suis fière, me plaît énormément. Je suis pour les identités nomades, mouvantes, mutantes. Pour moi la beauté c’est une « Tentative de sortir du cadre », de toutes les pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne. </p>



<p>J’ai fait placer de chaque côté du front des implants, habituellement mis pour rehausser les pommettes ce qui me sert à remettre en question nos standards de beauté car si l’on me décrit comme une femme qui a deux bosses sur les tempes, on peut me considérer comme un monstre indésirable, si l’on me voit cela peut changer. Mes bosses sont devenues des organes de séduction.</p>



<p><strong>Vous avez choisi de travailler avec votre corps et non celui d’une tierce personne, pourquoi cela&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis tantôt sujet, tantôt objet et je passe de l’un à l’autre.</p>



<p>Toute mon œuvre interroge le statut du corps dans la société via toutes les pressions, qu’elles soient culturelles, traditionnelles, politiques ou religieuses et toutes ces pressions s’inscrivent dans les corps et en particulier dans le corps des femmes.</p>



<p>Plutôt que de vérifier mon image, je la confronte aux pressions qui concernent le corps et les stéréotypes de beauté que l’on nous désigne.</p>



<p>Je dis &#8220;ceci est mon corps… ceci est mon logiciel” car je veux montrer ce que devient un corps qu’en son autoportrait est réalisé à partir d’une réflexion sur les phénomènes de sociétés qui ont à voir avec le corps.</p>



<p><strong>Dans vos différentes séries « Self-hybridation » vous utilisez votre visage selon les critères de beauté de cultures variées (asiatique, africaine, amérindienne, …), quel était le but de ces photos ?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="753" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg" alt="" class="wp-image-900" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb.jpg 753w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-300x239.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/surmasnb-500x398.jpg 500w" sizes="(max-width: 753px) 100vw, 753px" /><figcaption><em>Self-hybridation africaine, Femme Surmas avec Labret et Visage de Femme Euro-Stéphanoise avec bigoudis, 2002</em><br>&nbsp;</figcaption></figure>



<p>« Self-hybridation Africaine » est une série en noir et blanc car je travaille à partir de photos ethnographiques. « Femme Surmas avec labret et visage de femme euro-stéphanoise » est la représentation d’une femme qui a non seulement un très grand labret mais qui parait très sûre et heureuse de sa séduction donc de son effet sur les hommes de sa tribu car c’était les femmes avec les plus grands labrets qui faisaient le plus bander les mecs. Pourtant, si nous nous faisions mettre un très grand labret actuellement, nous serions considérées comme des monstres indésirables. Je voulais dire à travers cette œuvre que la beauté est une question d’idéologie dominante, qui fait qu’en un point géographique et historique on nous désigne ce qui est beau et donc les modèles qu’il nous faut imiter.</p>



<p><strong>Récemment vous avez proposé « Les femmes qui pleurent sont en colère&nbsp;», une série engagée qui met en lumière les modèles, les muses des artistes, en quoi était-il important pour vous de rendre leur place à ces femmes de l’ombre&nbsp;?</strong></p>



<p>Ces œuvres sont des hybridations de mon visage, et de la série de portraits de Dora Maar et un portrait de Jacqueline Roque peints par Picasso. Il était primordial pour moi de mettre en lumière les femmes de l’ombre, les oubliées de l’Histoire de l’Art, qui ont beaucoup donné pour le succès de nos grands maîtres en recevant rarement une quelconque reconnaissance. Cette nouvelle série est une destruction-construction et création de la figure féminine qui kaléidoscopie le monde auquel elle se mêle. Il s’agit de faire passer de femmes objets à femmes sujets des femmes qui à travers leurs larmes se mettent à hurler de colère, à s’émanciper. Mon œuvre, politique et féministe, se fonde sur la recherche visuelle de visages d’horreur, de peur et de grandeur.</p>



<p>Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas eu de grandes femmes artistes ? se demandait ironiquement Linda Nochlin dans son brillant article paru en 1971. C’est pour que la question ne se pose plus que j’ai œuvré toute ma vie à travers mes œuvres et mes actions personnelles pour qu’enfin les femmes artistes existent au-delà de leur genre, au-delà des limitations imposées par la société.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="542" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png" alt="" class="wp-image-901" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446.png 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-300x203.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-768x520.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/Les-Femmes-qui-pleurent-sont-en-colere-n°4-e1576083376446-500x339.png 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>Les Femmes qui pleurent sont en colère n°4, 2019</em></figcaption></figure>



<p><strong>Dans votre travail vous repoussez les limites du corps en le déformant, le modelant, que ce soit physiquement ou par des outils plastiques, vous mettez-vous des limites dans votre pratique artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je veux garder ma sérénité, je ne vais pas au-delà mais il me paraît impossible de créer librement à cause de la censure de la nudité&nbsp;: sur <a href="https://www.facebook.com/orlan.aaka.1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Facebook</a> ou sur <a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> quand je publie des œuvres anciennes, comme mes Corps-Sculptures, sur lesquelles on voit un sein ou un sexe, je suis automatiquement censurée et mon contenu, mes œuvres, sont supprimés.&nbsp;</p>



<p>Les temps changent, et ce que l’on a acquis ne l’est jamais définitivement. Il faut toujours se battre pour que les choses les meilleures ne soient pas interdites, censurées, prohibées.</p>



<p><strong>Beaucoup de vos œuvres ont été l’objet de débat, je pense notamment à celle que vous avez présenté à la<a href="https://www.fiac.com/en-gb.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> FIAC</a> de 1977 intitulée «&nbsp;Le baiser de l’artiste&nbsp;» qui montre les deux stéréotypes auquel se confronte une femme dans la société&nbsp;: la sainte, la madone contrastant avec l’embrasseuse, est-ce que vous pensez que ce qu’elle dénonce est encore d’actualité en 2020&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>En 1975, j’ai créé l’œuvre du Baiser de l’artiste, qui illustrait le texte «&nbsp;Face à une société de mères et de marchands&nbsp;», dans lequel je citais Marie et Marie-Madeleine, deux stéréotypes auxquels on peut difficilement échapper quand on est femme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="761" height="600" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg" alt="" class="wp-image-902" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03.jpg 761w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-300x237.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/baiser03-500x394.jpg 500w" sizes="(max-width: 761px) 100vw, 761px" /><figcaption><em>Le baiser de l’artiste, 1975</em></figcaption></figure>



<p>L’idée était de présenter sur le même piédestal, d’un côté l’image de Sainte-ORLAN grandeur nature devant laquelle il serait possible d’allumer un cierge pour 5 francs, et de l’autre une sorte de distributeur automatique créé avec une photo de mon torse nu, dont j’avais remplacé l’œsophage par un plastique armé de métal avec lequel j’ai construit aussi un pubis triangulaire. Ce dernier arrivait entre mes jambes et pouvait recevoir les pièces de 5 francs et je devenais une sorte de distributeur automatique de French kiss en activant la sculpture.</p>



<p>Plus que jamais, cette œuvre est d’actualité. Plus que jamais on demande aux femmes de choisir, entre Marie et Marie-Madeleine.</p>



<p><strong>On considère la performance comme quelque chose qui advient dans une temporalité donnée, pourtant lors de «&nbsp;surgery performance&nbsp;» vous avez transformé votre corps de manière permanente grâce à la chirurgie esthétique, comment cela vous est-il venu comme idée&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai voulu reprendre les ingrédients de mon travail pour élaborer une performance sans être parjure à moi-même, une performance en continuité de mes démarches précédentes, une performance tournée vers le futur, utilisant des techniques de pointe&nbsp;; suivant une de mes devises préférées&nbsp;: «&nbsp;Souviens-toi du futur.&nbsp;» Une performance radicale pour moi-même et au-delà de «&nbsp;moi-m’aime » &#8230;&nbsp;</p>



<p>C’est à la lecture d’un texte d’Eugénie Lemoine-Luccioni, psychanalyste lacanienne, que l’idée de ce passage à l’acte m’a traversée.</p>



<p>«&nbsp;La peau est décevante (&#8230;) dans la vie on n’a que sa peau (&#8230;), mais il y a maldonne dans les rapports humains parce que l’on n’est jamais ce que l’on a&nbsp;(&#8230;)&nbsp;; j’ai une peau d’ange, mais je suis chacal, une peau de crocodile, mais je suis toutou, une peau de Noir, mais je suis un Blanc, une peau de femme, mais je suis un homme&nbsp;; je n’ai jamais la peau de ce que je suis. Il n’y a pas d’exception à la règle parce que je ne suis jamais ce que j’ai.&nbsp;» En lisant ce texte, j’ai pensé qu’à notre époque nous commencions à avoir les moyens de réduire cet écart ; en particulier à l’aide de la chirurgie&#8230;&nbsp;Il devenait alors possible de ramener l’image interne à l’image externe ou de s’attaquer au masque de l’inné en se re-sculptant.</p>



<p><strong>Cette utilisation de la chirurgie diffère de ses usages traditionnels, était-ce une façon de se poser en opposition de la société moderne et à sa recherche d’uniformité physique&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="800" height="581" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg" alt="" class="wp-image-903" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-300x218.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-768x558.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2021/01/orlan-op3-500x363.jpg 500w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>9éme chirurgie performance, New York, 14 décembre, 1993</em></figcaption></figure>



<p>Je suis la première artiste à utiliser la chirurgie comme médium et à détourner la chirurgie esthétique de son objet&nbsp;: l’amélioration, le rajeunissement. Certaines féministes me reprochent de promouvoir la chirurgie esthétique. Bien évidemment elle ne doit pas devenir obligatoire&nbsp;!</p>



<p>Là encore, la pression sociale ne doit pas prévaloir sur le désir individuel et sur l&#8217;autoportrait.</p>



<p>On m’a souvent rétorqué qu’utiliser la chirurgie n’était pas naturel&nbsp;! Ce n’est effectivement pas naturel qu’elle soit esthétique ou pas et prendre des antibiotiques pour ne pas mourir d’une infection ne l’est pas davantage&nbsp;!&nbsp;C’est une expérience de notre siècle, un des possibles&#8230; au choix… Le maquillage, la teinture des cheveux, la peinture sur corps également ne sont pas naturels, pourtant ils posent bien moins de problèmes et existent dans de nombreuses cultures sous forme de peintures corporelles, de scarifications, de modifications…</p>



<p><strong>En 2020 vous avez sorti un «&nbsp;autoportrait en Clown&nbsp;», quels sont vos projets pour l’année à venir&nbsp;?</strong></p>



<p>Dès le premier jour du confinement, je me suis rappelé ce défi lancé par mon remarquable ami Donatien Grau me suggérant publiquement d’écrire mon autobiographie.</p>



<p>Pour moi c’est semblable à créer une œuvre avec ma vie et / ou à l’organisation d’une rétrospective de mes œuvres : ça permet forcément de faire le point avec distance. Ma biographie sera une œuvre parmi mes œuvres. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’elle sera publiée aux Éditions Gallimard pour le 8 Mars, en l’honneur de la journée de la femme. Elle s’intitulera “ORLAN strip-tease : tout sur ma vie, tout sur mon art”.</p>



<p>J’aime considérer la vie comme un phénomène esthétique récupérable, ce confinement m’a servi aussi à créer de nouvelles séries, des dessins, des peauaimes, des photomontages…</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p><a href="http://orlan.eu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Site </a>d’ORLAN&nbsp; </p>



<p><a href="https://www.instagram.com/orlan.officiel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> d’ORLAN&nbsp;</p>



<p>Lire plus d&#8217;interviews sur le blog de <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">KLAC</a></p>
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		<title>Interview de Lionel Scoccimaro : Les formes du temps</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2020 14:25:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par : Emma Callegarin On peut dire de l’œuvre de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/interview-lionel-scoccimaro/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par : Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="750" height="507" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg" alt="Visuel pour l’article : « Motopoétique », musée d’art contemporain de Lyon, 2014" class="wp-image-859" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4.jpg 750w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-300x203.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/grappe4-500x338.jpg 500w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption>&#8220;Motopoétique&#8221;, Musée d&#8217;art contemporain de Lyon, 2014. Visuel du site &#8220;Documents d’artistes&#8221;</figcaption></figure>



<p>On peut dire de l’<a rel="noreferrer noopener" href="http://www.documentsdartistes.org/cgi-bin/site/affiche_art_web.cgi?&amp;ACT=1&amp;ID=37" target="_blank">œuvre</a> de Lionel Scoccimaro qu’elle se situe à la frontière entre les arts plastiques, les arts appliqués et le design. Cet artiste marseillais qui vit et travaille entre Marseille et Hossegor  puise son inspiration aussi bien dans l’histoire de l’art, les arts décoratifs et le minimalisme américain que des arts traditionnels et l&#8217;art urbain.  Notre rédactrice Emma Callegarin a rencontré l&#8217;<a rel="noreferrer noopener" href="https://kaleidoscopelab.fr/a-propos/" target="_blank">artiste</a> pour une <a href="http://www.kaleidoscopelab.fr/blog">interview</a> où il nous a parlé de son parcours, ses sources d&#8217;inspiration&#8230;. </p>



<p><strong>Pour commencer, est ce que vous pourriez me parler de votre formation&nbsp;et de l’influence des Beaux-Arts sur votre travail&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai fait un bac A3, lettres et arts car je voulais devenir enseignant en arts plastiques. Suite à ça j&#8217;ai suivi un cursus jusqu&#8217;à l&#8217;agrégation à la faculté car c&#8217;était la filière logique pour accéder à l&#8217;enseignement. Ensuite je suis allé aux Beaux-Arts à Aix-en-Provence avant de finir mes études à la <a href="https://www.villa-arson.org/">Villa Arson</a> à Nice qui représentait, à l&#8217;époque, l&#8217;école la plus en pointe niveau enseignement artistique.</p>



<p>Techniquement dans les écoles des Beaux-Arts on apprend énormément de choses avec un accès quasi exhaustif à tous les médias et une fois que j&#8217;ai eu développé une sorte de vocabulaire plastique propre j&#8217;ai cherché à m’approprier des savoir-faire plus précis auprès d&#8217;artistes confirmés en étant leur assistant ou en me rapprochant de certains artisans. C&#8217;est ainsi que j’ai développé les savoir-faire qui sont les miens aujourd’hui.</p>



<p><strong>Vous êtes sculpteur mais avez aussi produit des expositions de photographies, quel est votre rapport à d’autres formes d’expression artistique&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me sens effectivement totalement dans le champ de la sculpture, mais on pourrait élargir ce champ car comme vous le précisez, je ne m&#8217;y conforme pas.</p>



<p>Tous les moyens d&#8217;expressions me semblent intéressants, le seul vers lequel je ne suis jamais allé est celui du film. C’est un des rares médiums que je n’ai pas expérimentés. J’ai bien fait trois vidéos à une époque où j’étais plus proche de l&#8217;image mais cela ne m&#8217;a pas semblé probant.</p>



<p>Je préfère les systèmes visuels qui s’appréhendent spontanément, devant lesquels on ne peut rester qu&#8217;une seconde et qui ne dictent pas de rapport au temps au spectateur.</p>



<p>Ce qui est lié à la vidéo implique souvent un temps minimum pour comprendre l’œuvre. Je n’ai pas envie de ce rapport au temps, j’aime la spontanéité de la sculpture, de la peinture ou du dessin. Je veux rester dans une pratique qui s’appréhende dans une immédiateté.</p>



<p>Il en est de même pour l&#8217;exposition, j’essaye toujours de la concevoir comme une pièce à part entière, qui a son impact visuel dès qu’on y pénètre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="687" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-861" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1024x687.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-300x201.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-768x516.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-500x336.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-800x537.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1280x859.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1-1536x1031.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Go big or go home », Carpenters workshop gallery, Londres, 2010</figcaption></figure>



<p><strong>Votre démarche plastique s’inscrit-elle dans une réflexion ou vous improvisez sur le matériau&nbsp;?</strong></p>



<p>En général mes productions sont programmées et réfléchies très en amont de leur réalisation (aussi bien au niveau du sens que de la technique).</p>



<p>Il est rare que j’attaque une pièce sans savoir exactement comment l&#8217;aborder matériologiquement et donc formellement. En revanche c’est la technique qui génèrera la forme finale exacte, tout mon travail étant basé sur la façon dont le matériau va interagir avec la forme.</p>



<p>Quand je décide de travailler la peinture à l’huile par exemple, je réfléchis d&#8217;abord au sujet de cette peinture, puis je peaufine l’image que je veux produire et enfin le matériau dicte ses règles. Il n’y a donc pas vraiment de hasard.</p>



<p>Quand je vais vers un médium je sais ce que je veux en tirer et même s&#8217;il y a des choses qui se modifient dans la réalisation de la pièce cela reste relativement faible au regard de l&#8217;image mentale première de l&#8217;œuvre.</p>



<p>Je ne suis pas un artiste qui va à l’atelier tous les matins, d’ailleurs j’y vais peu en ce moment, et quand je dois faire quelque chose je le fais le plus efficacement possible.</p>



<p>Pareillement quand je travaille avec des artisans c’est le même rapport au temps qui s&#8217;exerce, on travaille sur la pièce et on la modifie en fonction des techniques que ces artisans maitrisent mais aussi qui parfois leur échappent, car souvent mon travail les oblige à sortir de leur savoir-faire précis pour aller vers des techniques plus empiriques.</p>



<p>Enfin, il peut y avoir des contraintes purement techniques ou chimiques qui nous obligent à repenser une durée d&#8217;exécution, une période de travail ou même une échelle&#8230; les œuvres en résine par exemple sont complexes voire impossible à mettre en œuvre s&#8217;il fait trop froid ou si le temps est trop humide &#8230; cela nous obligeant donc à repenser le processus de travail.</p>



<p><strong>Originaire de Marseille, vous m’avez dit faire des aller-retours entre le Pays Basque, Paris et Marseille, vous voyagez donc beaucoup. Est-ce que l’espace, le lieu où vous vous trouvez, influence votre création&nbsp;?</strong></p>



<p>Il y a assez peu d&#8217;influence du lieu dans lequel je travaille sur le type de pièces que je produis. En revanche les artisans avec lesquels je travaille, en fonction du lieu où je suis et de leurs savoir-faire particuliers, eux, varient. Par exemple quand je suis au Pays Basque, je travaille avec des artisans locaux, spécialisés dans la réalisation de planches de surf ou dans la stratification. A Marseille je développe un travail d&#8217;atelier avec d&#8217;autres corps de métiers &#8230;</p>



<p>J’essaye toujours de chercher des artisans qui sont relativement proches de là où je travaille, à la fois pour pouvoir être présent de façon récurrente dans leurs ateliers, mais aussi pour défendre cet artisanat et faire travailler des gens dans un bassin d&#8217;activité dont je maitrise les codes. Je n&#8217;ai aucun désir d&#8217;aller faire produire mes pièces en Chine ou en Indonésie par exemple comme peuvent le faire certains de mes amis artistes.</p>



<p>Je choisis ces artisans en fonction de leurs compétences bien sûr, mais aussi des affinités que je vais avoir avec eux car souvent nous sommes amenés à développer ensemble des savoir-faire particuliers et que cela se fera sur le long terme.</p>



<p>Ils travaillent tous dans des champs très divers et je m&#8217;enrichis de ces va-et-vient entre tous leurs univers … Je travaille par exemple avec plusieurs fondeurs, un tourneur sur bois, un chromeur, un polisseur, un sculpteur sur bois, mais aussi un néoniste ou un menuisier et dans le sud-ouest comme je vous le disais, avec un « shaper » qui me stratifie les tableaux qui étaient présentés à la galerie la Mauvaise Réputation à Bordeaux l’année dernière.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="792" height="512" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png" alt="" class="wp-image-862" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1.png 792w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-300x194.png 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-768x496.png 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/Picture-1-1-500x323.png 500w" sizes="(max-width: 792px) 100vw, 792px" /><figcaption>&nbsp;«&nbsp;Almost painting&nbsp;»,&nbsp;Galerie La&nbsp;mauvaise réputation,&nbsp;Bordeaux, novembre 2019-janvier 2020</figcaption></figure>



<p><strong>Comment décririez-vous votre rapport au temps dans la création ?</strong></p>



<p>Par le passé, j’avais une pratique d’atelier quotidienne, et j&#8217;avais vraiment besoin d’être chaque jour en train de fabriquer … Aujourd&#8217;hui j’essaye de produire moins, beaucoup moins.</p>



<p>Je trouve qu’il y a de plus en plus d’objets proposés au regard, trop certainement &#8230;</p>



<p>Je veux réfléchir à ce que je propose dans cette nouvelle ère qui s&#8217;est ouverte avec les réseaux sociaux ou nous sommes noyés dans des flux d&#8217;images d&#8217;œuvres…</p>



<p>Me concernant, je veux ressentir aujourd&#8217;hui un désir impérieux de réaliser pour commencer à produire. J’essaye donc d’avoir une production plus rare et de ne produire que ce qui me semble fondamental à faire.</p>



<p>Depuis quelques temps le rapport à la galerie, aux expositions, à la diffusion d’œuvres d’art, a changé me semble-t-il &#8230; Le nombre de centres d’arts, de fondations, de lieux alternatifs qui ont ouvert est vertigineux, le nombre d’artistes aussi et dans cette proposition pléthorique, l’idée de faire un pas de côté, de prendre plus de temps m’intéresse beaucoup.</p>



<p>Quant au temps de création à proprement parler, celui de la réalisation, il peut varier du tout au tout suivant les œuvres.</p>



<p>Je suis quand même sur des temps longs voire très longs, j’ai pu travailler deux ans et demi sur une seule pièce qui est un vase en bronze et les peintures à l’huile qui étaient à la Mauvaise réputation prennent 60 à 80 jours de travail chacune.</p>



<p>Quel que soit le type de pièce que je produis je reste sur des temps assez longs de réalisation, et rien ne sort de mon atelier spontanément quelques jours après avoir décidé de m&#8217;y mettre.</p>



<p><strong>Vous m’avez dit travailler en collaboration avec des artisans, c’est systématique&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, et ce depuis ma sortie de la villa Arson en 1997 … Très rapidement des collaborations se sont mises en place. Aucune pièce n’est produite à 100% par moi, c&#8217;est devenu un principe.</p>



<p>J’aime l’idée de déléguer une partie de la production, parce que c’est nécessaire techniquement et enrichissant intellectuellement.</p>



<p>En pratique, le processus est sans cesse différent, il s&#8217;adapte aux pièces en cours &#8230;Il peut y donc avoir des projets préparatoires ou des notes d’intentions mais beaucoup de choses passent par la parole. Comme je collabore avec des artisans qui sont déjà extrêmement sollicités, et que l’idée n’est pas simplement de leur commander une pièce, c’est souvent un travail qui se construit à quatre mains. Ça passe d&#8217;abord par de longues discussions avec eux pour les amener jusqu’à l&#8217;œuvre.</p>



<p>Le but est d&#8217;aller ensemble dans des endroits de leurs pratiques qu’ils ne maitrisent pas forcément très bien. Je pense par exemple, au fondeur avec lequel je collabore depuis plus de 20 ans à Marseille et qui est spécialiste en mobilier urbain, ce n’est pas un fondeur d’art, et produire certaines de mes œuvres avec lui a une saveur particulière et un rendu spécial. Ces pièces sortent d’un atelier qui fait quotidiennement des contrepoids d’ascenseur, des réverbères ou des bancs publics, elles ont donc une brutalité que je n’obtiendrais pas si je les réalisais chez un fondeur d’art.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="765" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg" alt="« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013 " class="wp-image-863" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1024x765.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-300x224.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-768x574.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-500x374.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-800x598.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1280x956.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30-1536x1148.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/11/2020-10-30.jpg 1716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« Paradigme shift », Galerie Espace à vendre, Nice, 2013</figcaption></figure>



<p><strong>Vous utilisez des matériaux très divers allant du bois, au métal, en passant par le sucre, est-ce qu’il y en a un que vous préférez&nbsp;?</strong></p>



<p>Non, je n&#8217;ai pas de matériaux de prédilection &#8230;ce qui m’intéresse c’est qu’aucune exposition ne ressemble à la précédente. Celle de la Mauvaise réputation par exemple présentait des peintures à l’huile stratifiées en résine époxy teintée&#8230;</p>



<p>Il y a des périodes où je vais travailler plutôt le bois, la résine ou le bronze mais ce sont toutes des techniques qui reviennent régulièrement, qui seront laissées de côté pendant un certain temps pour refaire leur apparition ultérieurement.</p>



<p>Je n&#8217;ai jamais travaillé qu’un seul type de matériau pendant un long lapse de temps.</p>



<p>Comme vous le précisiez dans votre question, j’ai longtemps travaillé avec le sucre (pendant 10 ans exactement) mais cela n&#8217;était pas une pratique exclusive pendant cette période, d&#8217;autres projets se développaient en parallèle avec d’autres matériaux.</p>



<p>En ce moment je fais des dessins au pastel sur du papier, c’est la première fois&#8230; et sans avoir de favori je ne m’interdis aucun matériau, aucune technique.</p>



<p>Crédits photos&nbsp;: Lionel Scoccimaro  et «&nbsp;Documents d’artistes&nbsp;» (photo du visuel)</p>



<p>Liens utiles&nbsp;:</p>



<p>Galerie la Mauvaise réputation&nbsp;: <a href="http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil">http://lamauvaisereputation.free.fr/accueil</a></p>



<p>Instagram de Lionel Scoccimaro &nbsp;: <a href="https://www.instagram.com/lionel_scoccimaro/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cliquez ici</a></p>



<p>Plus d&#8217;info sur l&#8217;artiste  sur <a href="http://www.documentsdartistes.org/artistes/scoccimaro/repro.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">documents d&#8217;artistes</a></p>



<p></p>
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		<title>Interview avec Jofo : un artiste haut en couleurs</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Oct 2020 17:27:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Emma Callegarin Rencontre avec Jofo, de son nom Jean-François Duplantier, l’artiste bordelais nous ouvre les portes de son atelier. Dans cet univers coloré aux odeurs d’acrylique, empli de toiles, de reproductions, de bustes de mannequins recouverts de Toto, son personnage signature, il nous parle de son parcours, de ses<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/interview-jofo/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par Emma Callegarin </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1024x683.jpg" alt="Jofo dans son atelier" class="wp-image-823" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1024x683.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-800x533.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1280x853.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1920x1280.jpg 1920w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-1536x1024.jpg 1536w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-2048x1365.jpg 2048w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-24-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>L&#8217;artista dans son atelier. Photo : Emma Callegarin </figcaption></figure>



<p><a aria-label="undefined (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/" target="_blank">Rencontre </a>avec <strong>Jofo</strong>, de son nom <a aria-label="undefined (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" href="https://www.facebook.com/jofoartiste/" target="_blank">Jean-François Duplantier</a>, l’artiste bordelais nous ouvre les portes de son atelier. Dans cet univers coloré aux odeurs d’acrylique, empli de toiles, de reproductions, de bustes de mannequins recouverts de Toto, son personnage signature, il nous parle de son parcours, de ses œuvres et de ses projets.</p>



<p><br><strong>Pour commencer, j’aimerais savoir ce qui t&#8217;a amené vers la peinture, puisque tu as suivi une formation d’architecte, avant de te consacrer entièrement&nbsp;à tes toiles.</strong></p>



<p><br>Quand je suis arrivé à Bordeaux, il y avait une espèce de richesse en art<br>contemporain avec le CAPC qui était une grosse machine de guerre. Je me<br>souviens d’expositions marquantes, qui m’ont ouvert les yeux. Je venais de Dax, je n’avais pas une grande culture de l’art en général, alors voir des expos de Keith Haring, sur la figuration libre, un courant important des années 80 avec Robert Combas, de Daniel Buren qui a fait une installation hallucinante dans la nef, c’était incroyable. Je commençais à peindre et ces artistes-là m’ont orienté vers quelque chose de plus graphique, de plus spontané, de plus jeté et au fil des années j’ai trouvé mon style. Less is more, j’aime bien le très épuré. Après je peux le contrer par le fond que je traite de manière variée, c’est ça qui fait la variante de mon travail<br>depuis trente ans. Je vais dans des territoires inconnus dans le traitement des fonds. Ça peut être des aplats, des rayures, des coulures, des projections, des tons unis, … J’aime bien aussi me réapproprier des supports existants, des papiers imprimés, des panneaux de chantiers, des affiches, des tapisseries. Je préfère ça à la page blanche. </p>



<p><br><strong>Chacune de tes œuvres s’orne d’un petit personnage, Toto. Reconnaissable à sa tête ronde et à son trait minimaliste, il est ta signature. Est-ce que tu pourrais m’en parler ?</strong></p>



<p><br>Cette année, ça fait 30 ans qu’il existe, que je le dessine sur toutes mes ouvres. Il est né de la découverte d’un dessin d’enfant que j’ai fait à l’âge de 5 ans, dans le grenier de mes parents à Dax. Ce dessin je m’en suis servi pour le reproduire au propre. Ce personnage est très fidèle, je me suis rendu compte que ça m’amenait une grosse identité et qu’avec ce personnage là je pouvais raconter plein d’histoire.<br>Il est universel dans le sens où il peut toucher beaucoup de monde, quelques soient les âges, on a tous une part d’enfance en nous. Grâce à lui je peux véhiculer des messages, les coller à des faits d’actualité. Je peux aussi raconter des choses très légères, l’amour, la guerre, la religion, le sport, …Vivre avec lui depuis 30 ans, c’est vrai défi. C’est pour ça que j’ai des temps de pauses, et j’ai un plaisir fou de le remettre en scène pour lui faire vivre d’autres aventures. Tant que je n’ennuie pas les gens et que je ne m’ennuie pas moi-même, j’y vais. J’admire les gens qui se surprennent tous les jours, c’est d’une force extraordinaire. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="768" height="768" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25.jpg" alt="Les visages de Toto " class="wp-image-821" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-500x500.jpg 500w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Les visages de Toto. Photo : Jofo</figcaption></figure>



<p><strong>Tu abordes des thèmes extrêmement divers, allant de la politique aux surfeurs, est-ce que tu en as des plus chers que d’autres&nbsp;?</strong></p>



<p>J’aime bien peindre les choses de l’amour. A une époque je peignais plus des faits de guerre mais c’était lié aux enfants, aux jeux de guerre et puis il y a forcément un parallèle avec l’actualité et les conflits à travers le monde. Après il y a des évènements marquants comme le 11 septembre, ou la révolution roumaine, tout ça je l’ai traité en peinture. Récemment je me suis attaqué aux gilets jaunes parce que je trouvais que c’était un sujet sociétal d’une telle importance que j’avais envie de m’exprimer dessus. L’art doit délivrer une émotion en passant par quelque chose qui parle aux gens. C’est une nécessité pour moi de mettre des choses sur la toile, après je ne suis pas dessinateur de presse ou chroniqueur. Mais quand je me lance dans quelque chose, j’ai du mal à m’en sortir. Les gilets jaunes j’ai fait beaucoup de toiles parce que le mouvement a duré longtemps et a évolué. Notre Dame brûle, aussitôt je fais une toile parce que ça me touche beaucoup. La Covid, forcément je l’ai traité, ça bouscule le monde, c’est difficile de passer à côté.</p>



<p><strong>En parlant de la Covid, tu as fait une installation assez incroyable sur la Place de la Bourse en mai dernier…</strong></p>



<p>Elle est arrivée comme un don de Dieu. On était tous confinés à Bordeaux, moi j’ai la chance d’avoir un chien, et avec mon atelier de l’autre côté de la ville, je la traversais tous les jours. J’ai été fasciné, attiré par la ville déserte, j’y ai passé des moments très riches. Un jour en venant à l’atelier je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de pub sur la façade de la <a href="https://www.sudouest.fr/2020/08/01/bordeaux-l-oeuvre-monumentale-de-jofo-de-retour-sur-les-murs-place-de-la-bourse-l-artiste-ironise-7711385-2780.php">Place de la Bourse</a>. Pendant le confinement, il n’y avait pas plus insupportable que de se sentir inutile, je faisais des dessins sur les réseaux sociaux et je me suis mis à rêver de voir une de mes œuvres sur cette bâche. En quatre coups de fils ça s’est débloqué, en dix jours c’était fait ! C’était cocasse parce que quand il est apparu la place était déserte, personne ne pouvait le voir. Après il y a eu beaucoup de presse, de télé qui sont venus et qui ont fait que ce merci a pu sortir du cadre de la place. Il est resté un mois et demi, puis en juin une pub est revenue, en juillet aussi, et grâce à l’absence de pub en août ils ont remis mon Toto-soignant. Il a été enlevé il y a quinze jours, la bâche est repartie à Lyon et va être découpée en morceaux pour faire des sacs qui vont être vendus au profit du CHU.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="500" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1.jpg" alt="Murale de Toto pendant le confinement " class="wp-image-822" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-300x150.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-768x384.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-500x250.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/10/2020-09-25-1-800x400.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Toto, place de la Bourse pendant le confinement. Photo : Damien Renoulet</figcaption></figure>



<p><strong>Bordeaux a une place importante dans ton œuvre, tout comme la région aquitaine. D’origine dacquoise c’est pourtant la capitale Girondine qui t’a inspiré des séries, pourquoi ?</strong></p>



<p>Parce que Bordeaux c’est ma ville, ça fait depuis 1981 que j’y vis. Bordeaux c’est mon terrain de jeu, c’est une ville qui m’inspire, que j’éprouve, et son évolution m’intéresse aussi. Le traitement de l’architecture est une passion pour moi. Au tout début de mon parcours, j’ai beaucoup dessiné la ville et vingt-cinq ans après je m’y suis remis parce qu’elle ne cesse de changer. D’où l’idée de faire Chapo Bordo(1) puis Chapi Chato(2), puisque l’architecture viticole évolue aussi rapidement. C’est un peu la concurrence des grandes signatures d’architectes. Je pourrais dessiner vingt autres châteaux facilement, il y en a tellement dans la région, idem pour Chapo Bordo, un deuxième serait envisageable, il y a plein de bâtiments marquants, qu’ils soient classiques, modernes, art déco, art contemporain, il y a de quoi faire. </p>



<p><strong>Est-ce que tu peux nous parler de ton processus créatif&nbsp;? De tes inspirations lorsque tu travailles&nbsp;?</strong></p>



<p>Pour mes toiles, je me lance sans croquis, sans trait d’étude. Avant même de faire le fond, je tends la toile, j’enduis, ça me permet de réfléchir. Une fois que le fond est terminé, je m’attaque à une scène. Je démarre toujours par l’œil, le premier rond et près j’y vais. C’est comme une BD, une histoire courte, sur une seule case. En un seul dessin il doit inspirer quelque chose au niveau de l’émotion. J’aime bien travailler avec de la musique, il y a pas mal de groupes que je suis depuis des années, les Who par exemple, et j’aime bien utiliser des titres ou des paroles pour les rabattre sur ma toile. C’est pour ça qu’il y a assez souvent des petites phrases en anglais dans mes peintures. J’aime bien faire des ponts entre mes passions. Ma peinture est comme la musique que j’écoute, rock’n’roll et urbaine.</p>



<p><strong>Tu es donc peintre, architecte mais aussi vidéaste et musicien, comment est-ce que tu lies toutes ces différentes formes d’expression&nbsp;?</strong></p>



<p>Je le vois comme un complément d’activité qui m’amène ailleurs et me fait du bien. La musique par exemple, c’est un travail collectif avec des copains depuis des années, c’est précieux, c’est une passion. Il y a un pont dans la création, entre les paroles des chansons que j’écris et les thématiques des peintures que je produis, dans le prochain album il y a une chanson sur les slogans des gilets jaunes, chose que j’ai traité en peinture, il y en a une sur le départ d’Alain Juppé de la mairie de Bordeaux, chose que j’ai faite en peinture aussi, il y en a une sur des surfeurs et je l’aborde aussi,…Il y a un pont entre la création picturale et les autres.</p>



<p></p>


<p><iframe loading="lazy" width="560" height="315" style="border: none; overflow: hidden;" src="https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fthesnoc%2Fvideos%2F259848475037266%2F&amp;show_text=0&amp;width=560" scrolling="no" frameborder="0" allowtransparency="true" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>


<p><strong>Dans ce monde un peu incertain, tu as des projets pour l’année à venir&nbsp;?</strong></p>



<p>Il se trouve que l’été dernier, il y a 13 mois donc, on a enregistré notre 3<sup>e</sup> album avec les Snoc et on devait le sortir en mai, ça a été repoussé. On a sorti pendant le confinement un clip, qu’on a tourné comme ça, chez soi, une chanson appropriée puisqu’elle s’appelle « dans ma maison ». Pour la peinture, si la Covid le veut bien, j’exposerai à Paris cette année. Après j’aimerais bien faire une sorte de rétrospective, j’en avait fait une de 96 à 2006, 10 ans de création. Faire un gros bouquin qui retracerait un peu ce que j’ai fait, pas d’exhaustif, l’exhaustif ça sent le sapin (rires). L’idéal serait de l’accompagner d’une expo rétroviseur, à Bordeaux ce serait top !</p>



<p>Site web de l’artiste&nbsp;: <a href="http://www.jofoland.fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://www.jofoland.fr</a></p>



<p>(1) Série de toiles faites par Jofo où Toto porte un chapeau représentant des bâtiments bordelais : Place de la Bourse, Grand Théâtre, stade, etc. (Note de la rédactrice)</p>



<p>(2) &nbsp;Série de toiles faites par Jofo où Toto porte un chapeau représentant des châteaux viticoles bordelais (Cheval Blanc, Carbonnieux, Issan,&#8230;)</p>
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		<title>Bestiaire onirique : Interview avec Victoria Stagni</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2020 13:07:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Interview par Emma Callegarin / Photos site web de l&#8217;artiste Des couleurs vives, des autoportraits oniriques, des femmes au milieu d’une nature luxuriante et sauvage, on sent dans les toiles de Victoria Stagni l&#8217;inspiration de monuments latino-américains: Frida Khalo, Gabriel Garcia Marquez,&#8230; Cette artiste, née à Buenos Aires d’une mère<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/bestiaire-onirique-interview-avec-victoria-stagni/"> Read more</a></p>
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<p>Interview par Emma Callegarin / Photos site web de l&#8217;artiste</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="766" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant.jpg" alt="Le vieil éléphant" class="wp-image-797" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-300x230.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-768x588.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-500x383.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/07/Le-vieil-éléphant-800x613.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Le vieil éléphant</figcaption></figure>



<p>Des couleurs vives, des autoportraits oniriques, des femmes au milieu d’une nature luxuriante et sauvage, on sent dans les toiles de Victoria Stagni l&#8217;inspiration de monuments latino-américains: Frida Khalo, Gabriel Garcia Marquez,&#8230;</p>



<p>Cette artiste, née à Buenos Aires d’une mère argentine et d’un père paraguayen, nous fait plonger dans son univers coloré au cours de cette interview.</p>



<p><strong>Emma Callegarin : Comment et pourquoi vous êtes-vous dirigée vers la peinture?</strong></p>



<p>Fille d’architectes, j’ai vu mes parents dessiner toute mon enfance. Comme eux, je voulais devenir architecte à mon tour et je dessinais beaucoup à l’adolescence avec déjà le goût du portrait. Pourtant, je n’ai pas pris cette voie et il m’a fallu du temps avant de m’autoriser à devenir une artiste…</p>



<p>Ma première expérience artistique, je l’ai vécu devant la caméra: j’ai été comédienne pendant plusieurs années. Mais c’est en quittant Paris pour venir m’installer à Bordeaux, il y a bientôt huit ans, que j’ai eu une révélation: je suis tombée sur un vieux chevalet abandonné et me suis dit qu’il n’était pas trop tard pour m’essayer à la peinture. J’ai stoppé net ma carrière de comédienne et, après quelques mois de formation à l’Atelier des Beaux-arts de Bordeaux, me suis lancée pour devenir professionnelle en 2015.</p>



<p>Dans la peinture, j’ai trouvé le mode d’expression artistique qui me convient le mieux: je suis totalement libre et peux créer sans entrave tout ce qui me traverse l’esprit et que j’espère digne d’être représenté. Peindre me permet d’entretenir un flux créatif continu, d’être en prise directe avec mon imaginaire.</p>



<p> <strong>Vous avez une approche instinctive ou réfléchie lors de votre processus de création? Quelles sont vos sources d’inspirations? </strong></p>



<p><strong>Victoria Stagni :</strong> La composition de mes tableaux est très précise, très nette dans mon esprit avant même de prendre mon crayon pour tout dessiner. J’aime être en contrôle de l’élaboration de mes travaux, même dans les détails. Le point de départ d’une oeuvre germe en général assez spontanément dans mon esprit, puis j’articule l’ensemble autour de cette idée fondatrice. Je fais essentiellement des portraits &#8211; beaucoup d’autoportraits &#8211; tout en convoquant un bestiaire qui partage la toile avec le sujet humain. Parfois, un écrin de nature enveloppe l’ensemble mais il survient souvent secondairement dans mes pensées.</p>



<p>En matière d’inspiration, les animaux constituent une source inépuisable. Ils sont une invitation au rêve qui habite mes toiles. L’actualité est à l’origine de certaines de mes toiles, en particulier lorsqu’elle me révolte, souvent lorsqu’il s’agit de la nature, du vivant martyrisé. Inconsciemment, je dois être profondément féministe car je ne peins presque que des femmes. Et bien sûr, je me sers beaucoup de moi comme matériau de base, inépuisable et toujours accessible. Grâce à la peinture, je peux mettre en couleur mes pensées et sentiments de toutes sortes.</p>



<p><strong>Vous êtes connue pour vos toiles, avez vous déjà eu envie de jouer avec d’autres supports?</strong></p>



<p>Je peins exclusivement à l’huile. J’ai besoin de ce toucher, de cette texture sous mon pinceau pour m’exprimer au mieux sur la toile. Et comme je fais grandement passer mes émotions par la couleur, l’huile me semble mieux correspondre à mes attentes. Par exemple, l’acrylique est moins malléable du fait du séchage rapide et les couleurs plus criardes me plaisent moins. Pour le moment, je n’envisage pas l’emploi d’autres techniques, ni d’autres supports, pour mes réalisations artistiques.</p>



<p><strong>On décrit votre trait comme naïf, on y retrouve des airs du Douanier Rousseau, pourriez-vous nous parler de votre style?</strong></p>



<p>Je ne peux pas nier l’influence du Douanier Rousseau sur mon travail. Je lui voue une grande admiration, en particulier pour son travail sur les couleurs. Si, comme lui, je traite la végétation et l’environnement de manière très stylisée, en revanche mes animaux et personnages sont beaucoup plus réalistes que les siens. Et puis, les peintures emblématiques du Douanier sont des paysages irréels, fantasmagoriques, peuplés d’animaux non moins extraordinaires et où les personnages sont le plus souvent assez anecdotiques: toutes ces représentations se situent sur un même plan stylistique. A contrario, je fais essentiellement des portraits où mes personnages sont immergés dans un univers onirique en quelque sorte attesté par la naïveté du décor.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh4.googleusercontent.com/wvwvN8T83E62ZQyfqgfMnNIPqIAz9AhqeA5AqghToY4hJlz0Y5CD3Usp3UFY_51buKufiFMCy6VidATE3we-8XDMrGbJGLqzu69uWZkHbWoi_ro184opA3GSN9ZX3xba1FJFwx6a" alt="Victoria Stagni art"/></figure>



<p><strong>J’ai personnellement beaucoup aimé votre série “Visages”, on y retrouve la centralité de</strong> <strong>l’Homme mais aussi l’importance des animaux et de la nature. Idem dans la série “Nature et</strong> <strong>poésie” où les Hommes occupent autant d’espace que les animaux. Vous&nbsp;vous interrogez sur la place de l’Homme au sein du monde?</strong></p>



<p>Effectivement, les toiles auxquelles vous faites allusion invitent à la réflexion sur la place de l’Homme au sein de la nature et, en premier lieu, celle qu’il occupe vis-a-vis de ses frères animaux.</p>



<p>Que serait notre monde sans animaux? Sans cette magnifique biodiversité qui met&nbsp; toute cette poésie dans nos existences? Je ne peux pas l’envisager&#8230; Peindre tous ces animaux, en particulier à mes côtés, c’est célébrer leur beauté mais c’est aussi me cacher, m’évader avec eux loin des autres hommes et de l’absurdité de notre besoin de prédation et de destruction massive! Peindre les animaux est une source d’inspiration sans fin. Même s’ils sont souvent mes alliés sur la toile, je n’oublie pas leur dangerosité latente lorsqu’il s’agit d’autres prédateurs. Alliés et rivaux pour la survie dans ce monde magnifique peut-être bientôt anéanti, voilà ce que nous sommes.</p>



<p><strong>La nature est une des sources d’inspirations de, est-ce qu’elle joue un autre rôle?</strong></p>



<p>J’ai une certaine fascination pour la mer que, paradoxalement, je ne peins presque pas. Peut-être ai-je peur des clichés habituels lorsque l’on peint un rivage avec des bateaux, des rochers, etc. Je préfère l’observer, sentir sa présence apaisante, sa puissance près de moi, que de chercher à la représenter. Je ne suis pas vraiment folle de la campagne et, comme le Douanier Rousseau, la végétation exotique qui sert d’écrin à certaines de mes toiles est purement fantasmagorique.</p>



<p>Au delà de ces considérations sensorielles, je suis très inquiète de voir mes enfants être les témoins de la disparition de cette nature qui colorie le monde si magnifiquement. Je pense souvent à la chanson « Respire » de Mickey 3D.</p>



<p><strong>Née en Argentine, de parents paraguayen et argentin, quel rôle ont joués vos racines dans</strong> <strong>votre oeuvre? Rajoutant à cela votre vie en France, comment conciliez vous cette double culture</strong> <strong>franco-argentine?</strong></p>



<p>Mes souvenirs d’un voyage au Paraguay pour rendre visite à ma famille l’année de mes 13 ans ont très certainement nourri mon imaginaire et initié mon goût pour peindre la jungle. Mes origines guaranies du côté de mon père ont une influence sur mon travail: je me sens proche des peuples premiers, j’admire leur pureté et leur sagesse, bien sûr en premier lieu dans leur mode de vie en symbiose avec leur milieu naturel. De l’Argentine, je garde ce sentiment douloureux d’un arrachement brutal à mon terreau originel. Je ne me souviens de rien mais mon corps se souvient&#8230; La peur, la tension qui règnent dans certaines de mes toiles restituent sans doute cette idée que le mal n’est jamais loin, même si on ne l’identifie pas clairement au premier abord.</p>



<p>Bien que je me sente profondément française (je suis arrivée en France à l’âge de 4 ans.), j’ai reçu cet héritage culturel d’Amérique latine avec les romans de Garcia-Marquez, Alejo Carpentier, Luis Sepulveda, la musique de Mercedes Sosa ou encore les œuvres de Frida Kahlo. Je suis une héritière de ce réalisme magique.</p>



<p><strong>Vous avez collaboré avec Oboem, projet dans lequel vous remplacez des publicités par de l’art dans</strong> <strong>l’espace public. Qu’est ce qui vous a donné envie d’y participer?</strong></p>



<p>Oboem était un projet initié par deux jeunes Bordelais, Oliver Moss et Marie Toni, de retour d’un voyage au Chili. A Valparaiso, ils avaient été frappés par la beauté de nombreuses façades de maisons offertes au Street art et cela leur avait donné cette idée de vouloir transformer les villes en musées à ciel ouvert. Pour cela, ils voulaient détourner l’utilisation des panneaux publicitaires au profit de l’exposition d’œuvres d’art. J’ai eu la chance d’être contactée par Oliver et Marie pour faire partie de l’aventure et ai tout de suite trouvé ce projet fantastique! Quelle émotion que de voir un de mes tableaux exposé aux yeux de tous sur des abris-bus au centre de Bordeaux! Après cette réussite grâce au déploiement d’une belle énergie, hélas les deux fondateurs d’Oboem n’ont pas pu poursuivre les choses ailleurs…</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/b-98rBEMMy3HmdJ-DskGgqvhBOhdFAOr4An3S-g8ro6Oq7asZa6sNDozWRanRzD7ttdFBXvHfq015SGFMr_X6T8TG2SDJhe1xz-jHpJ8ppu1EtKpmv9HhnqS_dy1KZgbn42PfLAc" alt="Victoria Stagni Oboem "/></figure>



<p><strong>Vous faites aussi partie d’un collectif &#8220;Human Beings, What Unifies Us?&#8221;. Est ce que vous</strong> <strong>pourriez nous en parler? Comment avez vous eu envie de l’intégrer?</strong></p>



<p>En 2016, une femme franco-américaine&nbsp; passionnée par Cuba et qui aimait beaucoup mon travail m’a contacté pour ce projet « Human beings&#8230; ». Elle a rassemblé une douzaine d’artistes, essentiellement des peintres, afin d’organiser une exposition collective à la Galerie d’art universel Benito Ortiz à Trinidad, Cuba. Nous avons pu exposer nos oeuvres pendant un mois dans le magnifique palais Ortiz de style colonial typiquement cubain: c’était grandiose! La rencontre du public cubain a été également une expérience extraordinaire. J’ai eu la chance de rencontrer et d’exposer aux côtés de grands artistes tels que Jorge Cesar Saenz Gomez, Rosemary Feit Covey, Yudit Vidal Feife, Carlos Bustillos, Carlos manuel Castillo ou encore Lazaro luis Garcia Del campo. Ce collectif franco-américain devait se produire ensuite aux Etats-Unis puis en France mais, faute de moyens, cela a tourné court, pour l’instant&#8230; Je suis restée en contact avec plusieurs de ces artistes que j’admire beaucoup.</p>



<figure class="wp-block-embed-vimeo wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="&amp;quot;Devenir-Animal #1&amp;quot;, Victoria Stagni , Monkey Mood Galerie" src="https://player.vimeo.com/video/333369579?dnt=1&amp;app_id=122963" width="750" height="422" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p><strong>Vos toiles sont engagées pour diverses causes notamment l’écologie et la préservation de</strong> <strong>l’environnement, on peut aussi voir représenté le président américain Donald Trump, est-ce que vous considérez que l&#8217;art a une vocation critique sur la société?</strong></p>



<p>Je ne crois que l’art ait une finalité spécifique. En tout cas, pas chez moi. Pour moi, il y a d’abord l’émergence d’une idée puis d’un besoin de donner une représentation, une forme à cette idée sur la toile. Si une de mes toiles est politique &#8211; ou critique vis-à-vis de la société comme vous dites -, c’est que je me trouve dans un état où je dois exprimer mon indignation, ma colère, ou peut-être plutôt ma tristesse, mon désespoir&#8230; Mais, il n’y a rien de militant. Je suis simplement traversée par mon époque et mes créations s’emparent de cela. Tenez, par exemple, je viens de peindre deux tableaux inspirés de la situation dans laquelle la COVID-19 plonge le monde. Il est probable que, comme moi, la plupart des artistes se soient exprimés sur le sujet d’une manière ou d’une autre.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/ZBZmwmdCrMxzJ_PYFMxpXwZavQHny53G-PzHEN_WkJwpIA2tL-bHs4fpfhstyELixveyafJFz9JO_M1We8WMPrz8KVBtTDfGCq3gjNNh_sMnBQDP5U5mNCU0wsI5H-PKo5F4_C_F" alt="VIctoria Stagni Nature "/></figure>



<p></p>



<p><strong>&nbsp;Enfin, quels sont vos projets en cours ou à venir?</strong></p>



<p>A la rentrée, du 15 septembre au 10 novembre, je vais exposer mon travail dans la prestigieuse agence Christie’s Maxwell Baynes à quelques mètres de l&#8217;Opéra de Bordeaux, au 28 cours du chapeau Rouge. Ensuite l’automne, je vais également participer à deux expositions collectives à Bordeaux. La première aura lieu à l’espace culturel du Marché de Lerme du 5 au 18 octobre avec l’association PUCEART sur le thème de l’eau. La seconde se déroulera lors des journées de l’Amérique latine et des Caraïbes avec le collectif MACLA, du 20 au 26 octobre à l’espace culturel de la Halle des Chartrons. Il est également question d’exposer plusieurs de mes toiles à Paris en novembre. Et j’ai déjà trois autres expositions programmées dans des châteaux bordelais et à Merignac en 2021.</p>



<p>Plus d&#8217;info sur Victoria Stagni sur son site web : <a href="https://www.victoria-stagni.com/fr/">https://www.victoria-stagni.com/fr/</a></p>



<p>Plus d&#8217;interviews d&#8217;artistes en cliquant <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">ici </a> </p>
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		<title>L&#8217;art du Mimil : Interview avec Selor</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Jun 2020 13:35:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par: Emma Callegarin Photos : Alain Pelletier et Carlos Olivera “Appelez-moi quand vous y serez”, un nom de rue, pas plus d’informations, c’est dans ce contexte que nous nous apprêtons à rencontrer Selor. Le streetartiste bordelais, connu pour ses Mimils, personnage reconnaissable par son apparence mi-chien, mi-renard et sa marinière,<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/lart-du-mimil-interview-avec-selor/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par: Emma Callegarin </p>



<p>Photos : Alain Pelletier et Carlos Olivera </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="750" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3312.jpeg" alt="Mural de Selor" class="wp-image-771" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3312.jpeg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3312-300x225.jpeg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3312-768x576.jpeg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3312-500x375.jpeg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3312-800x600.jpeg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Photo : Alain Pelletier</figcaption></figure>



<p>“Appelez-moi quand vous y serez”, un nom de rue, pas plus d’informations, c’est dans ce contexte que nous nous apprêtons à rencontrer <strong>Selor</strong>. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_urbain" target="_blank" rel="noreferrer noopener">streetartiste</a> bordelais, connu pour ses <a href="https://www.selor-art.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Mimils</strong></a>, personnage reconnaissable par son apparence mi-chien, mi-renard et sa marinière, tient à garder le lieu de son atelier secret. Sur le trajet nous tombons sur plusieurs fresques déjà réalisées, s’ornant pour la plupart d’un texte poétique aux couleurs tendres.&nbsp;</p>



<p>Rencontre avec David Selor, l’artiste qui, depuis plus de cinq ans, habille les murs de la ville.</p>



<p><strong>&#8211; Cela fait plusieurs années que vous vous adonnez au street art, mais comment cette envie vous est-elle venue ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>-A la base je faisais du graffiti, du travail de lettres dans la rue et puis je commençais à avoir des problèmes, à avoir peur d’en avoir plus. J’ai arrêté pendant un temps, j’ai quand même voulu trouver un moyen d’expression et je me suis mis à faire un dessin, ce petit personnage que j’ai appelé le Mimil. A partir de là, j’ai gardé le support mural parce qu’il ne posait pas de contraintes de format, pas de contraintes de liberté non plus et c’est du partage en direct. C’est comme un mur Facebook, tu partages et si les gens aiment, ils te le disent, s’ils n’aiment pas ils viennent t’agresser. Ça n’arrive quasiment jamais, mais dans tous les cas il y a un retour direct. </p>



<p><strong>-On entend de plus en plus parler de Selor dans les médias. Vous accordez souvent des interviews ? En quoi cette notoriété a influencé votre façon de faire de l’art ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>-Oui, j’en ai fait quatre ces dernières semaines, donc il y en a quand même pas mal. Ça change forcément des choses, je dois faire deux fois plus attention à ce que je fais, à ce que je dis. Même si ça ne me sert pas de leçon, j’arrive toujours à faire plein de fautes d’orthographe par exemple, dans la logique des choses ça devrait changer. Mais dans le fond non, je crois que je m’en fous.&nbsp;</p>



<p><strong>-Se dédier uniquement à son art est un pari plutôt risqué, est-ce que vous arrivez à en vivre ? </strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Depuis pas si longtemps que ça, ça fait 5 ans que j’ai arrêté de bosser à côté pour faire que de la peinture, et ça ne fait que deux ans que je paie des impôts, donc c’est cool. Je ne pensais pas que c’était possible déjà. La majorité des artistes n’en vivent pas.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="807" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/P1070538-mod.jpg" alt="L'artiste dans son atelier" class="wp-image-772" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/P1070538-mod.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/P1070538-mod-300x242.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/P1070538-mod-768x620.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/P1070538-mod-500x404.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/P1070538-mod-800x646.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>L&#8217;artiste dans son atelier. Photo : Carlos Olivera</figcaption></figure>



<p><strong>-Vous faisiez un parallèle entre le mur et les réseaux sociaux, c’est cet échange qui vous intéresse dans le mural ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>-Oui, pour susciter le dialogue et que les gens puissent se l’approprier, tout le monde peut vivre avec mes trucs, moi ça me fait kiffer. Même s’il y en a qui n’aimeraient pas, mais moi ça me botte de savoir que l’œuvre fait sa vie toute seule. En plus ça m’arrive de temps en temps de discuter avec les gens lorsque je travaille sur un mur. Là y’a une fresque qui dit “Ce n’est pas de l’art”, je l’ai faite parce que j’étais en train de repeindre en bleu et le mec n’avait même pas vu ce que j’allais faire, il m’a juste vu repeindre le béton en bleu, il s’est arrêté et m’a dit “Ce n’est pas de l’art ça”. Il a dû me prendre pour un peintre en bâtiment ou je n’en sais rien.&nbsp;</p>



<p><strong>-Vous avez déjà eu des problèmes lors de la réalisation d’une fresque ?</strong>&nbsp;</p>



<p><strong>Selor</strong>-Plusieurs fois par an, mais pas à Bordeaux. On peut dire ce qu’on veut sur Bordeaux mais les flics sont déjà passés et c’était pour m’encourager plus qu’autre chose. Donc pour l’instant je touche du bois. Après j’ai été arrêté en Angleterre, au Portugal, à Marseille. Jamais à Paris, sinon là j’aurais eu des problèmes je pense. Mais à chaque fois je m’en sors bien grâce au rapport avec le support, avec la pièce que je fais dessus, je fais en sorte de ne pas dégrader mais d’ajouter de la valeur. Donc à partir de là avec un bon discours, ils viennent vers moi en me disant “je peux vous aider ?”, bon bah je fais profil bas, je ferme ma gueule, je sais que je ne suis pas en totale légalité, mais ce n’est pas non plus de la délinquance.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3313-768x1024.jpeg" alt="Fresque Selor" class="wp-image-774" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3313-768x1024.jpeg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3313-225x300.jpeg 225w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3313-375x500.jpeg 375w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3313-600x800.jpeg 600w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-IMG_3313.jpeg 800w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Photo : Alain Pelletier</figcaption></figure>



<p><strong>-Le support est déterminant dans l’oeuvre produite, comment est-ce que vous le choisissez ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>-Moi je prends tout ce qui est portes murées en parpaings ou en bois qui condamnent les maisons qui ne sont pas habitées. Comme ça légalement ce n’est pas un support pour lequel on pourra me mettre en procès. Soit ça va être détruit quand les travaux vont commencer et dans le pire des cas, ça peut devenir un objet politique vu que ça met en valeur des bâtiments qui ne sont pas habités. Ça peut être un problème pour certaines politiques d’avoir des maisons qui ne sont pas habitées dans un centre-ville.&nbsp;</p>



<p><strong>-Quand vous créez une œuvre vous avez l’idée avant de la faire ou c’est le lieu qui vous l’inspire ?</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>-Je n’ai pas de ligne directrice toute tracée, je peux partir avec une idée et au final faire autre chose. C’est pour ça qu’il y a souvent des erreurs, qu’on trouve ce côté naïf dans mes trucs de ville. C’est souvent spontané, même quand j’ai une idée bah en fait je fais autre chose.&nbsp;</p>



<p>Je peins aussi à l’étranger, j’y vais dans l’optique de peindre des murs en industriel, d’arriver dans des villes, de faire un max de murs et repartir. Mais maintenant c’est plus en France qu’à l’étranger pour des questions d’avion.</p>



<p><strong>-Combien de temps vous prend un mural à réaliser ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Les anciens pas plus de 15 minutes. Maintenant que j’ai compris qu’avec les spots que je choisissais je n’aurais pas de problèmes, je reste une, deux heures dessus.&nbsp;</p>



<p><strong>-Votre oeuvre se centre autour d’un petit personnage que vous avez évoqué: le Mimil, est-ce qu’il a une symbolique propre ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; L’objectif c’est que tout le monde puisse s’identifier, se l&#8217;approprier, ou pas d’ailleurs. Mais à la base ça représente un autiste, je voulais avoir un côté humain et un côté super instinctif de l’animal, donc c’est ça qui est sorti en trois traits. Je l’ai modifié quand même avec le temps, mais c’est resté le même concept. C’était à une époque où je voulais faire éducateur spécialisé. En 2013, j’ai fait un service volontaire européen au Portugal, je travaillais dans un centre qui accueillait des autistes avec très peu d’indépendance, la plupart ne pouvait pas parler. S’ils s’exprimaient, c’était par des cris, en tapant ou des gestes. Et les éducs me disaient que pour certains il fallait que j’appréhende leur manière de communiquer comme si c’était une manière animale, il faut imaginer la tête d’un enfant qui vient de naître sur le corps d’un adulte de 30 ans. Ils réagissaient avec des manières super instinctives.</p>



<p><strong>-Et d’où vient ce nom?</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Parce qu’il fallait un nom. J’aurais été obligé de dire “je vous ai fait un machin” et donc de répondre à la question de savoir si c’est un chien ou un renard, du coup j’ai donné un nom. Après, moi je me fiche de savoir ce que c’est, je préfère me baser sur ce qu’on fait plutôt que ce qu’on est. Pour moi ça n’a pas d’importance que ce soit une girafe, ou une grenouille tant qu’on comprend le texte, ce qu’il fait.&nbsp;</p>



<p><strong>-Est ce que vous envisagez de faire une œuvre sans que Mimil y figure ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; J’en ai fait, j’en ai vendu, mais aujourd’hui on m’appelle pour ça, donc s’il n’y a pas une petite référence, moi le premier, ça me ferait bizarre. Mais j’arrive à en sortir sans le quitter non plus, sur des toiles un peu brutes comme celle qu’il y a dans l’entrée là <em>(montre une toile qu’il est en train de réaliser)</em>, il y a un esprit naïf, cette tête de chien de profil.&nbsp;</p>



<p><strong>-Le texte est utilisé pour transmettre un message concret ou c’est pour la poésie ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>-Les deux, des fois j’ai un vrai message à faire passer pour moi me soulager, des fois c’est pour soulager d’autres personnes. Des fois c’est pour parler au nom d’habitants que je viens de croiser et d’autres c’est de la pure connerie. Tous mes écrits sont à discuter, je ne me positionne pas en moraliste, moi je fais mes trucs, après je vois les gens se l’approprier comme ils veulent.&nbsp;</p>



<p><strong>-Les textes vous les avez avant le dessin ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Oui, je les mets sur le portable quand j’ai des idées, des fois je ne la fais jamais, d’autres je me dis “ok je la fais” et je me pointe sur le lieu et il y a autre chose qui va ressortir du quartier. Mais oui j’ai tout un stock de phrases.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1050130-683x1024.jpg" alt="Fresque Selor, Photo Alain Pelletier" class="wp-image-776" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1050130-683x1024.jpg 683w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1050130-200x300.jpg 200w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1050130-333x500.jpg 333w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1050130-533x800.jpg 533w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1050130.jpg 720w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Photo : Alain Pelletier </figcaption></figure>



<p><strong>-Par rapport à cet aspect transgressif du street art, le fait d’en vivre n’est-il pas paradoxal ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Tout est un paradoxe, le fait de la vie en elle-même en est un, on vit, on meurt. C’est assez contradictoire de se dire, on prend un truc on le met dans la rue ça devient populaire, dans le sens où ça touche toutes les classes sociales, mais après les toiles ne sont pas à moins de 1000 balles et là cette couche sociale ne peut pas se les offrir. Après la liberté de peindre dans la rue&#8230; sur une toile ce n’est pas les mêmes problèmes juridiques. Sur toile je ne mets pas trop de message, je vais plus jouer sur du visuel, c’est un travail différent.</p>



<p><strong>-Vous vous considérez comme transgressif ? A l’écart de l’art normé ?</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Je ne suis clairement pas là-dedans, je le ressens. Je ne marche avec aucune galerie d’art contemporain, avec aucun musée. Je ne pense pas un jour rentrer dans un musée, ça m’intéresserait bien sûr. Je suis pour l’institutionnalisation du travail de rue bien sûr, ça permet de le rendre pérenne et aux artistes d’en vivre. Je ne vais pas faire l’artiste pieds nus, bohème, la réalité c’est qu’il faut que je gagne ma vie, acheter de la peinture, continuer à être heureux et continuer d’offrir ce que j’offre. Donc quoi qu’il arrive, s’il y a des musées qui sont chauds bah moi que ce soit dans la rue ou ailleurs, c’est de la création. Après c’est peut-être plus rebelle de peindre sur les murs, bien que sur mes supports à moi pas vraiment. Ce qui est dans l’ère du temps c’est de faire quelque chose qu’on sait fragile, qui peut être détruit. C’est un patrimoine fragile qui disparaîtra très très vite.&nbsp;</p>



<p><strong>-Vos œuvres ont-elles une visée politique ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Je vois les dernières législations, il y a eu trois partis qui m’ont demandé de bosser avec eux, j’ai illustré des trucs promotionnels de partis sans même le savoir. Quand ils me demandent c’est non, peu importe le parti. Dans tous les cas c’est repris.&nbsp;</p>



<p><strong>-Avez-vous envie que votre art soit utile à la société ?</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; J’ai collaboré avec les Restau du cœur, mais après c’est que de la peinture. Ce n’est pas ça qui va nourrir les gens. Moi si, mais pas les autres. Donc utile ça dépend ce que les gens veulent en faire. L’art n’a pas vocation à avoir une réelle utilité pragmatique, c’est de l’ordre du ressenti. Après ça devient de l’artisanat, c’est pratique. Mais en œuvre d’art après le message et le côté émotionnel ça n’a pas vocation à être utile.&nbsp;</p>



<p>&nbsp;<strong>-Vous savez combien de fresques vous avez faites ? Vous en gardez une trace ?</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; Je ne peux pas les compter, plus de 500, peut être 800. Maintenant je les prends en photos, avant je n’avais pas le matos et je m’en foutais, donc c’est des photos que je récupère à droite à gauche, certaines sont inutilisables.&nbsp;</p>



<p><strong>-Vous n’avez pas envie de faire un livre &#8220;Selor&#8221; avec toutes ces fresques ? Ça doit être une énorme base de données.</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; C’est prévu, je bosse dessus depuis deux ans déjà. C’est une rétrospection mais j’ai du mal à me lancer parce que chaque année je prends du niveau en technique et quand je reviens sur mes trucs d’il y a un an ou deux, je me dis que je ne peux pas les présenter. Une fois que c’est peint et écrit ça ne m’intéresse plus, je balance et basta. Donc revenir dessus, faire un bouquin, je trouve ça très compliqué. Je me demandais si je n’allais pas faire un gros bouquin, de 200 pages, un super beau livre et en peindre la couverture à la main. C’est un bouquin que je vendrais 100-200 balles, avec plus de 300 Mimils dedans. Un truc fait pour les collectionneurs quoi. En tirage limité. J’en avais déjà fait un en 2017 mais avec un bouquin on gagne que dalle, après ça pérennise le boulot et ça circule vachement bien…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402-1024x683.jpg" alt="The strongest Law, fresque Selor" class="wp-image-775" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402-1024x683.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402-300x200.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402-768x512.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402-500x333.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402-800x533.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402-360x240.jpg 360w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/©AP-Selor-1040402.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Photo : Alain Pelletier </figcaption></figure>



<p><strong>-Vous avez donc pas mal de projets en tête?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>-Oui. Pour ce qui est des fresques, j’ai repéré un mur vers Mériadeck, il est moche à souhait et dégueulasse. Après il y a beaucoup d’incertitudes, même si la <a rel="noreferrer noopener" href="http://www.bordeaux.fr/" target="_blank">mairie</a> est ok, ils ne vont peut-être pas vouloir financer la nacelle, donc j’en sais rien. Je veux bien faire plein de gros murs mais s’ils ne me rémunèrent pas un minimum…</p>



<p><strong>-Le confinement a été un moment critique pour beaucoup mais aussi une opportunité de création, comment est-ce qu’il a impacté votre art ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Selor</strong>&#8211; J’étais sur un projet avec un hôtel, <a href="https://www.victoriagarden.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Victoria Garden</a> sur le cours de la Marne, avec <a href="http://a-mo-art.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>A-Mo</strong></a>, on a fait des fresques là-bas, plusieurs murs. Donc on a bossé là-bas avec nos dérogations. Sinon j’ai fait des toiles, je devais exposer chez Bernard Magrez le 2, c’est repoussé. Moi je pense que j’aurais toujours une certaine clientèle parce que les gens qui ont les moyens de s’offrir de l’art, en parallèle d’être aussi ceux qui ont parfois le moins de temps pour s’y intéresser, ce sont ceux qui ne sont pas trop affecté par une crise. Ça ne va pas énormément changer de choses, peut-être moins bosser avec les écoles. J’en fais trois-quatre par an, des murs avec elles. En général ce sont des petits projets, des petits murs tranquilles, à part à St Joseph de Tivoli où j’ai fait un mur de 12 mètres de haut quand même à la nacelle. Ça fait plaisir d’avoir des grosses surfaces comme ça, c’est ce que je recherche dans le centre pour pouvoir pérenniser mon travail. Imaginons, je m’en vais, l’année prochaine ou dans deux ans il n’y a plus rien. C’est mon but à Bordeaux.&nbsp;</p>



<p>Plus <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/">d&#8217;interviews en cliquant ici</a></p>
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		<title>Dignidad : Interview à l&#8217;artiste Mono Gonzalez</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2020 08:47:48 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[art urbain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Interview et photos : Carlos Olivera Mono Gonzalez est une référence de l&#8217;art urbain chilien et latino-américain. Il a été co-fondateur des célebres &#8220;Brigadas Ramona Parra&#8221; (BRP) qui ont recouvert les murs des villes et des villages du Chili avec des peintures murales qui illustraient les idées du Programme d&#8217;Unité<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/dignidad-interview-mono-gonzalez/"> Read more</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview et photos : Carlos Olivera </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="990" height="624" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez.jpg" alt="Mono GOnzales art urbain 3" class="wp-image-751" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez.jpg 990w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez-300x189.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez-768x484.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez-500x315.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez-800x504.jpg 800w" sizes="(max-width: 990px) 100vw, 990px" /></figure>



<p>Mono Gonzalez est une référence de l&#8217;art urbain chilien et latino-américain. Il a été co-fondateur des célebres &#8220;Brigadas Ramona Parra&#8221; (BRP) qui ont  recouvert les murs des villes et des villages du Chili avec des peintures murales qui illustraient les idées du Programme d&#8217;Unité Populaire de Salvador Allende, jusqu&#8217;au coup d&#8217;état militaire du 11 septembre 1973. </p>



<p>Depuis le mois de mars (avant le confinement) il expose ses dernières oeuvres en toile et sérigraphie dans la galerie <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.polemagnetic.fr/" target="_blank">Magnetic Artlab</a> de Bordeaux (1 Place Avisseau, 33300 Bordeaux). Une exposition, intitulé &#8220;<strong>Dignité</strong>&#8220;, qui continue jusqu&#8217;à fin juin et qu&#8217;il faut vraiment aller voir pour entrer dans l&#8217;univers de ce magnifique artiste. </p>



<p>Par un après midi ensoleillé, nous l&#8217;avons rencontré dans la galerie et on a  pu parler avec lui (derrière nos masques) et lui poser quelques questions sur cette exposition, sur l&#8217;art urbain ainsi que sur sa vision de l&#8217;art en général. Voici ses réponses : </p>



<p>*<strong>Y a-t-il une unité dans l&#8217;exposition, un thème qui unifie toutes les œuvres que nous voyons dans cette exposition ? ou s&#8217;agit-il plutôt d&#8217;une série d&#8217;œuvres sans lien entre elles ?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, en effet il y a une unité et un sens dans cette exposition. C&#8217;est pourquoi nous lui avons donné un nom, elle s&#8217;appelle « Dignidad » (<strong>Dignité</strong>). Au Chili, nous avons un réveil social très fort et qui est toujours très vivant. Et avec ce mouvement il y a des espaces qui ont été conquis. Un espace central, qui est comme un lieu zéro de ce mouvement, c’est <em>La plaza de la dignidad</em> (La place de la dignité). Un lieu où convergent tous les mouvements sociaux, où ils se réunissent pour une heure de protestation tous les vendredis. C&#8217;est pourquoi l&#8217;exposition s&#8217;appelle &#8220;Dignité&#8221;. Pour moi, dans cette exposition, il y a derrière un concept qui inclut les peuples indigènes, les migrants et la nature, qui sont les trois thèmes principaux de mon travail. Ces thèmes sont la représentation des luttes sociales actuelles : les peuples mapuches, un peuple originaire du Chili qui a été chassé de leur terres par les blancs ; le changement climatique et la nature avec tous les dérèglements qu’on voit partout ; et aussi les migrants, qui est un thème universel : ces gens qui vont et viennent d’un côté à l’autre de la planète. Par exemple moi, je suis un migrant ici, quand je suis en France. Je pense donc que nous sommes toujours des étrangers. Et pire encore, il y a des peuples comme les Mapuches qui maintenant sont des étrangers sur leurs propres terres !</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez5-768x1024.jpg" alt="Mono Gonzalez Art Urbain 2" class="wp-image-752" width="284" height="378" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez5-768x1024.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez5-225x300.jpg 225w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez5-375x500.jpg 375w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez5-600x800.jpg 600w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez5-960x1280.jpg 960w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez5.jpg 1000w" sizes="(max-width: 284px) 100vw, 284px" /></figure></div>



<p><strong>Justement, si l&#8217;on parle de l&#8217;immigration et des étrangers, j&#8217;ai l&#8217;impression que vous avez une relation très forte avec la France ?</strong></p>



<p>Je suis venu ici plusieurs fois en France, surtout pour peindre. À Bordeaux, j&#8217;ai peint une fresque à l&#8217;université. Et c&#8217;était très intéressant parce que ce n&#8217;est pas une peinture murale réalisée en un seul voyage. Je suis venu ici pendant trois ans et cela s&#8217;est fait petit à petit jusqu’au moment que la peinture a été terminée. Et c&#8217;est intéressant car c’est une œuvre, une unité, il y a un concept derrière qui sert à décider comment on va couvrir cet espace, mais le travail a pris du temps, je l&#8217;ai construit petit à petit. Et les thèmes sur ce mural sont les mêmes que ceux que vous trouvez dans cette exposition, la nature, les peuples indigènes, etc.</p>



<p>Toujours à Bordeaux, j&#8217;ai aussi participé à une pièce avec<a href="https://kaleidoscopelab.fr/street-art/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Seth</a> (artiste d&#8217;art urbain français), qui a été réalisée pour une exposition à l&#8217;<a href="https://www.institut-bernard-magrez.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut Bernard Magrez</a>. Ensuite, j&#8217;étais aussi dans d&#8217;autres endroits en France, à Paris l&#8217;année dernière, je peignais et je faisais des ateliers. Maintenant que j&#8217;y pense, il est vrai que je suis beaucoup venu en France. C’est probablement la dernière fois ! Je commence à vieillir.</p>



<p> Et à Bordeaux, eh bien, en dehors du travail, il y a l&#8217;amitié qui m&#8217;unit avec de nombreux Chiliens exilés qui sont venus s&#8217;installer ici pendant la période de la dictature au Chili. Et puis Valérie Joubert, professeur à l&#8217;université <a href="https://www.u-bordeaux-montaigne.fr/fr/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bordeaux Montaigne</a>, je l&#8217;ai rencontrée il y a des années parce qu&#8217;elle a fait des recherches, dans les années 1990, sur l&#8217;art urbain chilien et les brigades avant et après la dictature, et je l&#8217;ai bien aidée comme guide.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="899" height="746" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez4.jpg" alt="Mono Gonzalez Art urbain " class="wp-image-753" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez4.jpg 899w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez4-300x249.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez4-768x637.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez4-500x415.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez4-800x664.jpg 800w" sizes="(max-width: 899px) 100vw, 899px" /></figure>



<p><strong>Et si nous parlons des brigades et du muralisme, avez-vous l&#8217;impression de faire partie de la tradition muraliste latino-américaine ? Il me semble que votre art diffère beaucoup, par exemple, de la tradition mexicaine, qui est l&#8217;un des piliers du muralisme, n&#8217;est-ce pas ?</strong></p>



<p>Il y a un problème que je souligne toujours. Dans le cas du muralisme, il y a trois aspects : le muralisme religieux et idéologique, comme au Vatican, il y a aussi le muralisme associé au pouvoir, dans les palais par exemple. Et il y en a un autre, qui est mexicain, qui a plus à voir avec les luttes sociales et le peuple, il a à voir avec la façon dont ils sont représentés, dont les espaces sont remplis au fur et à mesure qu&#8217;ils sont conquis par le peuple. Mais dans tous ces cas, il s&#8217;agit d&#8217;un muralisme intérieur, d&#8217;un muralisme d&#8217;auteur. Comme il s&#8217;agit d&#8217;un muralisme d&#8217;auteur et d&#8217;intérieur, il n&#8217;est pas anonyme. Celui de la rue l&#8217;est. Celui de la rue, l&#8217;art urbain, est éphémère, il est anonyme et, de plus, très important, le spectateur est en mouvement. Le spectateur n&#8217;a pas besoin d&#8217;aller la voir, mais il rencontre plutôt la fresque. En arrière-plan, l&#8217;art urbain « provoque » la vue du spectateur. Il y a donc une très grande différence entre les lois visuelles de la peinture de rue et de la fresque d&#8217;intérieur.&nbsp; Dans l&#8217;art urbain, la peinture murale de rue est également collective, participative, elle provoque la vue du spectateur, parfois elle est « contingente ». La fresque de rue est une histoire de contingence, une histoire du moment que nous vivons et, comme elle est éphémère, elle remplit un cycle de temps. Elle est toujours éphémère. Dans la rue, la fresque est toujours transformée, avec la lumière, le climat, le mouvement et elle est aussi très spontanée. Et aussi anonyme &#8211; vous voyez, je ne signe pas mes fresques. Mais tout cela, leur caractère éphémère, anonyme et collectif, ne signifie pas qu’elles ne sont pas de qualité.</p>



<p>Mais nous devons également tenir compte du fait que, de nos jours, il y a des choses qui changent à propos des fresques murales dans la rue, de l&#8217;art urbain. Aujourd&#8217;hui, par exemple, il existe de très bons rapports sur ce qui se fait dans la rue. Photo et vidéo. Et ce qui est effacé en arrière-plan est enregistré. Et donc le concept change aussi, il y a une vision différente.</p>



<p>Ainsi, si le muralisme mexicain est une référence, il y a beaucoup plus de choses, une grande variété, en Amérique latine ! Il y a les muralistes du Brésil, par exemple, les muralistes de rue qui peignent dans les favelas. Et bien sûr, leur langage est différent ! En Colombie, il y en a beaucoup aussi d&#8217;art urbain, et même les muralistes mexicains de rue aujourd&#8217;hui sont différents de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Diego_Rivera" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Diego Rivera</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="902" height="1024" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-902x1024.jpg" alt="Mono GOnzalez 7" class="wp-image-759" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-902x1024.jpg 902w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-264x300.jpg 264w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-768x872.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-441x500.jpg 441w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-705x800.jpg 705w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-1128x1280.jpg 1128w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-1692x1920.jpg 1692w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-1353x1536.jpg 1353w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez7-1804x2048.jpg 1804w" sizes="(max-width: 902px) 100vw, 902px" /></figure>



<p><strong>Et en parlant de l&#8217;évolution d<em>e l&#8217;art</em> urbain, aujourd&#8217;hui les artistes de rue exposent dans des salles d&#8217;exposition, des musées et des galeries. Il y a beaucoup de critiques car beaucoup de gens disent que cela perd le caractère rebelle de cet art&#8230;</strong></p>



<p>Oui, ça c&#8217;est possible. La spontanéité est perdue, le public change et l&#8217;œuvre est fermée. On voit qu&#8217;aujourd&#8217;hui ceux qui alimentent les grandes galeries du monde entier sont les artistes urbains. Parce que c&#8217;est aussi un segment important et qu&#8217;il se vend bien. C&#8217;est quelque chose qui a changé dans l&#8217;art. Auparavant, les peintres avaient un galeriste qui boostait leurs œuvres et qui investissait même dans celles-ci. Aujourd&#8217;hui, cela n&#8217;existe plus. Mais les peintres de rue s&#8217;en fichent de tout ça parce qu&#8217;ils peignent dans la rue, les gens les voient et les reconnaissent souvent. Ils n’ont pas besoin de publicité car la rue c’est leur publicité. Le marché de l&#8217;art a changé et l&#8217;art urbain est entré sur le marché.</p>



<p>Ensuite, dans mon cas, je pense que c&#8217;est différent, parce que mon travail concerne les luttes sociales et que mon truc c&#8217;est de questionner et de dialoguer sur les problèmes sociaux. La galerie devient donc une continuité, un nouvel espace pour générer cette discussion. Et dans ce cas, je me sens un peu comme un &#8220;provocateur&#8221; social. Ici, par exemple. Le fruit de cette exposition, dans cette galerie, c’est aussi que nous parlons aujourd’hui. Probablement vous allez publier un article sur cet art et le traduire en français. Et vous allez donc parler des Mapuches et de leur place dans mon art. Et plus de gens vont découvrir ce qui se passe. Ils vont chercher à savoir qui sont les mapuches et ce qui s’est passé avec eux. Vous voyez, mon truc, au-delà du visuel, c&#8217;est aussi le mot. C&#8217;est de ça qu&#8217;il s&#8217;agit, de ce que nous communiquons. L’important c’est que les problèmes chiliens ou latino-américains deviennent universels et mon art est un outil pour le faire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="949" height="730" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez2.jpg" alt="Mono Gonzalez art urbain 5" class="wp-image-754" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez2.jpg 949w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez2-300x231.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez2-768x591.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez2-500x385.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez2-800x615.jpg 800w" sizes="(max-width: 949px) 100vw, 949px" /></figure>



<p><strong>Alors, l&#8217;art n&#8217;a-t-il pas perdu sa capacité critique face au monde ?</strong></p>



<p>Le marché a absorbé une grande partie de la force critique de l&#8217;art. Il est vrai que lorsque l&#8217;on est dans la rue, il existe un langage plus efficace politiquement, plus de lutte, plus d&#8217;éducation et de mobilisation.&nbsp; Mais il finit, ou il peut finir, par être absorbé par les discours hégémoniques et est neutralisé. La contre-culture est neutralisée par le pouvoir. Il existe de nombreuses façons de le faire. Pendant la dictature au Chili, la première chose qui a été faite a été d&#8217;effacer les peintures murales afin d&#8217;effacer le message. La violence est un moyen de neutraliser l&#8217;art. Une autre voie est celle de la répression. Aujourd&#8217;hui au Chili il y a de la répression. Par exemple, à Santiago, il y a un bâtiment très haut à partir duquel des interventions artistiques avec des lumières ont été faites. Ils ont projeté des mots comme &#8220;faim&#8221;. Hier soir, au Chili, des camions de l&#8217;État sont venus, avec des lumières géantes, pour éclairer le bâtiment afin que ce mot ne puisse pas être projeté. En d&#8217;autres termes, il y a toujours une lutte pour censurer et contrôler ce qui est dit, le questionnement que l&#8217;art produit.</p>



<p>Et il y a aussi une dernière façon de neutraliser qui est d&#8217;absorber et de neutraliser. Au fond, l&#8217;art est une lutte idéologique. Et c&#8217;est une chose pour laquelle l&#8217;artiste doit aussi se battre, pour maintenir, pour garder son discours, pour le partager, pour le rendre évident.</p>



<p>Par exemple, dans cette exposition, nous voyons les masques que j&#8217;ai peint, qui représentent les peuples autochtones, avec leurs masques colorés et leurs plumes. Nous, les artistes, devons faire partie d&#8217;un processus de création et d&#8217;amélioration de l&#8217;estime de soi du peuple. Il est donc important que l&#8217;art gagne autant d&#8217;espace que possible. C&#8217;est une lutte constante avec la culture hégémonique, un &#8220;tir à la corde&#8221;. Et dans l&#8217;art, je représente le peuple, ces autochtones, et peut-être qu&#8217;ils se diront « il y a des gens, des artistes, qui nous représentent », et cela leur donne de l&#8217;espoir.</p>



<p>Enfin, pour moi, l&#8217;important c’est le dialogue, que les gens dialoguent avec mon travail. Ce n&#8217;est pas important pour moi que l’œuvre soit innovante. Les installations et les choses de ce genre ne sont pas tellement mon style. J’appartiens au vieux monde.&nbsp; Je parle beaucoup avec d&#8217;autres personnes quand je peins, avec des jeunes, et c&#8217;est pourquoi j&#8217;aime peindre dans la rue. Le dialogue social est ce qui m&#8217;intéresse, et le travail est un moyen. L&#8217;art a de la force, et c&#8217;est pourquoi je continue à peindre, à voyager, et à parler avec les gens.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1000" height="750" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez6.jpg" alt="" class="wp-image-761" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez6.jpg 1000w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez6-300x225.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez6-768x576.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez6-500x375.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/06/Mono-Gonzalez6-800x600.jpg 800w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p><strong>Magnetic Artlab</strong></p>



<p>Berceau de contre-culture et incubateur de concepts, la galerie <strong>Magnetic ArtLab</strong> a pour ambition de décloisonner les pratiques polymorphes et de cristalliser les énergies autour d’une ligne contemporaine, figurative ou abstraite, lyrique ou subversive.</p>



<p> La galerie est ouverte du <strong>mercredi au samedi de 14h00 à 19h00</strong></p>



<p>Plus d&#8217;information sur l&#8217;exposition,  sur le site web <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.polemagnetic.fr/" target="_blank">www.polemagnetic.fr</a>, ou sur <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.facebook.com/MagneticArtLab/" target="_blank">facebook</a>.  </p>



<p></p>



<p>*Traduit de l&#8217;espagnol par notre rédacteur. </p>



<p>Plus d&#8217;interviews sur notre <a href="https://kaleidoscopelab.fr/blog/"><strong>blog en cliquant ici</strong></a></p>
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		<title>Capillotractée : Interview à Patricia Houéfa Grange</title>
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		<pubDate>Mon, 04 May 2020 07:59:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par Carlos Olivera Pour cette deuxième interview confinée nous avons parlé avec la poétesse performer et artiste visuelle Patricia Houéfa Grange sur son projet Capillotractée, un projet hybride avec plusieurs formes artistiques&#160;: performance, poésie, peinture, installations&#8230;. Capillotractée est un projet artistique que nous avons découvert en novembre dernier lors de<a class="moretag" href="https://kaleidoscopelab.fr/capillotractee-interview-a-patricia-houefa-grange/"> Read more</a></p>
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<p>Par Carlos Olivera </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-1024x1024.jpg" alt="Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-666" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-1024x1024.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-768x768.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-500x500.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-800x800.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o-1280x1280.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/70699368_2439233652793071_545880190018912256_o.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Pour cette deuxième interview confinée nous avons parlé avec la poétesse performer et artiste visuelle Patricia Houéfa Grange sur son projet Capillotractée, un projet hybride avec plusieurs formes artistiques&nbsp;: performance, poésie, peinture, installations&#8230;. </p>



<p>Capillotractée est un projet artistique que nous avons découvert en novembre dernier lors de la Quinzaine de l&#8217;égalité, organisée par la Mairie de Bordeaux. Voici les réponses de Patricia à nos questions : </p>



<p><strong>Pourrais-tu te présenter en quelques mots&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est un exercice auquel j’ai de plus en plus de mal à me prêter, tant se présenter revient à se mettre une étiquette. Je préfère souvent laisser les autres me définir (j’ai parfois des surprises amusantes d’ailleurs&nbsp;!) à travers ce qu’ils perçoivent de moi. Mais pour donner malgré tout une réponse, mon état est, il me semble, celui de poète. Cette poésie s’exprime (habituellement) principalement par les mots, mais emprunte de plus en plus souvent d’autres canaux&nbsp;qui se mêlent ou pas aux mots : dit, traduit, voix, sons, chant, mouvement, céramique, expressions plastiques…</p>



<p><strong>Tu es une poétesse, mais aussi artiste visuelle et performer, comment s’articulent toutes ces voix dans ton art ?</strong></p>



<p>Ce sont des voix qui se répondent les unes aux autres et se complètent les unes les autres. Lorsque le mot ne parvient pas à parler ou à dire exactement ce qui me traverse, c’est parfois la voix qui va prendre le relais en prononçant ce mot, en le déformant, en le triturant, en le chantant dans une forme sonore. Je vais alors accompagner les mots en créant un paysage sonore mêlant voix, sons, chant. Parfois ce sont le dessin, la céramique, les créations en papier (origami), toutes sortes d’assemblages et de formes d’expression plastique, qui vont prendre le relais. D’autres fois encore, ce sera la mise en chair des sensations et ressentis lors de performances. Et de plus en plus souvent, c’est tout cela à la fois, dans des projets multiformes comme <em>réVULVotion</em> et <em>Capillotractée</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="774" height="1024" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-774x1024.jpg" alt="Poupées, de Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-668" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-774x1024.jpg 774w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-227x300.jpg 227w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-768x1016.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-378x500.jpg 378w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-605x800.jpg 605w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-968x1280.jpg 968w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-1452x1920.jpg 1452w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro-1161x1536.jpg 1161w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-In-afro-comb-we-trust-Jamais-sans-mon-peigne-afro.jpg 1494w" sizes="(max-width: 774px) 100vw, 774px" /><figcaption>&#8220;Jamais sans mon peigne afro/In afro comb we trust&#8221;, installation pour l&#8217;exposition &#8220;Ni muses ni soumises : artistes&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>L&#8217;écrivain</strong> <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sony_Labou_Tansi" target="_blank">Sony Labou Tansi</a> disait qu’il aimait Césaire car il avait « humanisé » le conflit racial et culturel. Je t’ai écouté parler plusieurs fois sur le métissage comme un élément important pour toi. Ce conflit (s’il y a un conflit) est-il important dans ta conception de l’art ?</strong></p>



<p>Je suis née métisse et depuis ma naissance, je vis et je m’équilibre en permanence entre différentes cultures que l’Histoire a mises en conflit. Je suis à la fois le maître et l’esclave, le colon et le colonisé. Ce qui fut et est toujours violent à l’échelle des nations et du monde, l’est aussi à l’échelle de la construction identitaire, dont le point d’équilibre évolue en permanence.<br>Pour ma part, je ne parlerais donc pas, ou plutôt je ne parlerais donc plus de conflit, mais de tension permanente, une tension au sens mécanique du terme. Le point d’équilibre mouvant de cette tension est le métronome de mon existence à tous les niveaux.<br>En effet, comme tout.e créateur.trice, comme tout.e artiste, les forces qui sont à l’œuvre en moi rejaillissent forcément sur ce que je crée et décide de partager. Ma poésie est une poésie de l’entre-deux et des traits d’union. Entre soi et l’autre, certes, mais aussi entre soi et la nature&nbsp;; entre corps, âme et esprit&nbsp;; entre infiniment grand et infiniment petit&nbsp;; entre visible et invisible&nbsp;; entre rêve et (r)éveil&nbsp;; entre vivants et morts. Et consciemment ou inconsciemment, l’expression même de ma poésie s’est progressivement métissée, en se mêlant aux formes d’expression citées plus haut.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="1021" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-1024x1021.jpg" alt="Capillotractée" class="wp-image-671" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-1024x1021.jpg 1024w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-300x300.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-150x150.jpg 150w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-768x766.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-500x500.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-800x798.jpg 800w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o-1280x1276.jpg 1280w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/79085102_2482248575158245_3845228892340092928_o.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Performance &#8220;Capillotractée&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>Ton <a href="http://www.papillonsdemots.fr/2019/11/13/capillotractee-ni-muses-ni-soumises/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet</a> « Capillotractée » est un projet hybride avec plusieurs formes artistiques&nbsp;: performance, poésie, peinture, tes poupées&#8230;. Pourrais-tu nous en dire un peu sur ce projet ? Est-ce que cette diversité a une relation directe avec la complexité du sujet&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Tout d’abord, je dois préciser que <em>Capillotractée</em> est un projet qui en est encore à ses prémices, qui s’explore encore. J’en ai présenté les premiers éléments, à l’invitation de la <a href="https://kaleidoscopelab.fr/projets/macla/">Macla</a>, lors de l’exposition «&nbsp;Ni muses ni soumises&nbsp;: artistes&nbsp;», présentée lors de la <a href="http://www.bordeaux.fr/p81908/lutte-contre-les-discriminations" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Quinzaine de l’Égalité à Bordeaux</a>, en novembre dernier. Mais je ne sais pas encore à quoi il ressemblera exactement le jour où je déciderai qu’il est achevé.<br>Ce projet est parti de mon expérience personnelle du retour au cheveu naturel et de la redécouverte de ce dernier, après avoir eu les cheveux défrisés pendant près d’un quart de siècle&nbsp;! Un peu plus de six ans après, je peux dire que ce fut une vraie révélation et une expérience jouissive&nbsp;! J’ai découvert, non seulement à quel point le cheveu afro, dans toutes ses expressions, plus ou moins crépu, plus ou moins bouclé, est beau, mais encore toutes les possibilités esthétiques et d’expression artistique qu’il nous offre.<br>En m’y intéressant un peu plus, je me suis rendu compte de tout le poids que l’Histoire a fait peser sur ces cheveux et à quel point l’utilisation du fer puis de la brûlure des produits chimiques pour les défriser sont à mettre en relation avec les fers de l’esclavage (fers aux pieds, fer du marquage sur la peau). J’ai pris conscience de la force de la symbolique de ces cheveux dans le mouvement afro-américain des droits civiques et celui de l’afro-féminisme.<br>Ce fut une prise de conscience tardive, je m’en rends compte, mais il vaut mieux tard que jamais. Finalement, je suis la même vague que la génération qui redécouvre comme moi et traverse la même prise de conscience que moi actuellement, avec plus ou moins de bonheur. Car cette prise de conscience donne parfois lieu à des débordements extrémistes, en stigmatisant celleux qui continuent à utiliser produits défrisants et/ou tissages/extensions.<br>Le cheveu est tout de même, d’abord et avant tout, une partie de soi, et chacun.e en fait ce qu’iel veut. L’objectif de <em>Capillotractée</em> est en fait de conduire en douceur celleux qui n’ont pas encore fait cette redécouverte à la faire et, à partir de là, à faire en conscience le choix ou pas du retour au cheveu naturel.<br>Quant à la diversité des formes d’expression du projet, elle n’est pas directement liée à la complexité de la question, mais au fait que je m’exprime de plus en plus en mélangeant les différents médias qui m’appellent.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="960" height="502" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas.jpg" alt="Triptyque de Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-669" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas.jpg 960w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-300x157.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-768x402.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-500x261.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-800x418.jpg 800w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>Triptyque &#8220;Afrolatinas&#8221; (recto) Installation pour l&#8217;exposition &#8220;Ni muses ni soumises : artistes&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>Dans ton projet Capillotractée il existe une dualité entre une vision très personnelle et en même temps très universelle, où on mélange des références et hommages à des femmes de nationalités diverses. Est-ce que cette dualité a été voulue ?</strong></p>



<p>Oui. Au Bénin, on dit «&nbsp;C’est au bout de l’ancienne corde qu’il faut tresser la nouvelle&nbsp;». Alors la tresse de mes cheveux nouveaux, je la tisse au bout de la tresse laissée par les anciennes. Toutes ces femmes auxquelles je vais rendre hommage à travers ce projet sont notre matrimoine. Elles nous ont laissé un bout de leur expérience, de leurs connaissances, de leur art pour ce qui est du soin, de la mise en valeur et de l’exploration artistique du cheveu naturel. Ce que disent leurs œuvres et leurs représentations, c’est aussi que ces femmes, qui pour certaines auraient pu être ma mère, ma grand-mère, c’est que tous les clichés et les polémiques autour du cheveu crépu auxquels nous sommes confronté.e.s à l’heure actuelle, dans le monde entier, existaient déjà, sous des formes plus ou moins similaires, à leur époque, dans le monde entier. Il y a donc encore bien du chemin à faire et des tresses à tisser.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="960" height="451" src="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2.jpg" alt="Triptyque 2 de Patricia Houéfa Grange" class="wp-image-670" srcset="https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2.jpg 960w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-300x141.jpg 300w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-768x361.jpg 768w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-500x235.jpg 500w, https://kaleidoscopelab.fr/wp-content/uploads/2020/05/Capillotractée-Triptyque-Afrolatinas-2-800x376.jpg 800w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>Triptyque &#8220;Afrolatinas&#8221; (verso) Installation pour l&#8217;exposition &#8220;Ni muses ni soumises : artistes&#8221;, novembre 2019</figcaption></figure>



<p><strong>La situation qu’on vit est totalement inédite de par son caractère mondial. Est-ce que le confinement a changé ta façon d’appréhender ton art ?</strong></p>



<p>Je disais plus haut que ma poésie s’exprime principalement à travers les mots, qui constituent mon tout premier média. Et j’ai mis «&nbsp;habituellement&nbsp;» entre parenthèses. Car en ce temps de confinement qui était, au premier abord, une situation bien familière pour moi (même si je ne mettais pas d’étiquette sur ce comportement, je m’auto-confinais déjà régulièrement pour écrire et créer, comme si j’étais en résidence en quelque sorte. Et je travaille chez moi depuis plusieurs années), dans les premières semaines notamment, je ne suis parvenue ni à lire, ni à écrire. Même si c’est une situation physique que je connais, au niveau psychologique et mental, les circonstances sont bien différentes. J’ai été traversée de toutes les émotions possibles et j’ai connu bien des yo-yo avant de petit à petit apprivoiser ce confinement et retrouver une forme d’équilibre. Et cela s’est fait à travers la création plastique. Quand mes pensées papillotaient trop vite, j’ai d’abord commencé à faire du coloriage, puis à dessiner et enfin à plier des origami. Et au fur et à mesure, mes préoccupations se sont assoupies, j’ai retrouvé la sérénité nécessaire pour de nouveau traduire puis écrire.<br>Avant ce confinement, je pensais être, de façon immuable, profondément enracinée dans l’écrit et qu’ensuite ma poésie s’épanouissait en différentes branches qui sont les différentes voix dont nous avons déjà parlées. Mais j’ai appris qu’en certaines circonstances, quand la sidération fait taire toute forme de voix en moi, ce sont mes mains qui prennent la parole en premier.<br>Et, comme par «&nbsp;hasard&nbsp;», pendant ce confinement, j’ai commencé à mettre en œuvre un projet qui me titillait depuis plusieurs années, et de façon plus insistante depuis plusieurs mois, à savoir les «&nbsp;Rêves confits&nbsp;». C’est un projet qui mêle origami et récupération, en créant des paysages imaginaires tenant dans une petite boîte ou un bocal, de petits paysages à emporter. À la fois nomades et…clos.</p>
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